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AccorInvest

AccorInvest à la fois propriétaire et exploitant d’un parc immobilier de plus de 850 hôtels, en propriété et en location, situés dans 25 pays au sein de l’Europe, l’Amérique Latine et l’Asie.Le Groupe investit pour consolider son portefeuille immobilier par le biais d’acquisitions d’hôtels, de rénovations et de développements de nouveaux hôtels en Europe sur les segments économique et milieu de gamme.

AccorInvest s’appuie sur une équipe internationale constituée de plus de 30 000 collaborateurs. AccorInvest a conclu avec Accor des contrats de management long-terme, propriétaire de marques de renommée mondiale telles que ibis, Novotel, Mercure, etc., afin de garantir l’excellence opérationnelle de ses hôtels. Ce partenariat privilégié offre l’assurance d’une amélioration continue de l’attractivité de son parc hôtelier et de la satisfaction client.

Les risques qui pèsent sur la dette gouvernementale après le virus

Fixed Income Monthly

La crise sanitaire a jeté une lumière crue sur la capacité des pays à gérer le fardeau lié au sauvetage de leur économie.

Les investisseurs en obligations doivent à présent chercher à savoir quels pays résisteront à l’orage et si des crises de la dette souveraine suivront. Les déficits publics explosent partout en raison de deux facteurs.

En quoi la position des gouvernements à la veille de la pandémie de coronavirus jouera-t-elle un rôle significatif dans leur sortie de crise?

La crise sanitaire mondiale déclenchée par la pandémie de coronavirus a jeté une lumière crue sur la capacité des pays à bien gérer le fardeau lié au sauvetage de leur économie en raison d’un décrochage sans précédent. Les investisseurs en obligations doivent à présent chercher à savoir quels pays résisteront à l’orage et si des crises de la dette souveraine suivront.

Les déficits publics explosent partout en raison de deux facteurs. Tout d’abord, des programmes budgétaires colossaux ont été lancés pour soutenir les ménages et les entreprises alors que nombre d’entre eux ont vu leurs revenus et leur chiffre d’affaires chuter en raison des confinements déclarés à travers le monde. Par ailleurs, les recettes fiscales des gouvernements ont été durement touchées par le plongeon de l’activité économique, tant intérieure que transfrontalière.

Jusqu’à présent, en réponse à la crise du coronavirus, les pays ont annoncé des programmes de relance budgétaire représentant 4,1% du PIB mondial potentiel. Près de la moitié de cette relance devrait d’ailleurs provenir des États-Unis. À travers la zone euro, la valeur des mesures de relance s’élève à 3% du PIB, tandis qu’elle atteint 10% au Japon. Ces dépenses impliquent des émissions phénoménales de dette publique. Les banques centrales des pays les mieux positionnés, comme les États-Unis, qui bénéficient du statut de monnaie de réserve du dollar, peuvent absorber la plupart, sinon la totalité, de cette nouvelle dette au travers de programmes d’achats d’actifs. Le bilan de la Réserve fédérale américaine a ainsi augmenté de 4 000 à 6 500 milliards de dollars US au cours des seuls deux derniers mois. Nous prévoyons en outre qu’il grimpera jusqu’à 8 000 milliards de dollars US d’ici à la fin de l’année. Au Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre mène une forme encore plus agressive d’achat d’actifs, puisqu’elle achète des obligations directement au Trésor et applique ainsi une forme de monétisation de la dette, une politique qui a longtemps constitué un tabou.

Néanmoins, si les confinements durent pendant plus de deux trimestres, un nouvel ensemble de mesures budgétaires devra être adopté, ce qui pourrait entraîner des problèmes de solvabilité pour certains pays déjà lourdement endettés. Nous estimons que la dette américaine, actuellement à 108% du PIB, s’étalera, en fonction de l’ampleur du rebond de l’économie, de 133% à 145% en raison de ses programmes de relance massifs,  qui représentent quelque 7% du PIB. Dans le pire des cas, elle pourrait atteindre 165% du PIB d’ici à la fin de 2022. Dans d’autres pays, les niveaux d’endettement élevés risquent de tirer la sonnette d’alarme. Il ne faut pas oublier que lors de la crise des dettes souveraines de la zone euro, la Grèce s’était trouvée au bord de l’exclusion de la monnaie unique avec une dette qui avait franchi la barre des 150% du PIB.

Qui est le plus exposé?

Le score de risque pour la dette souveraine de Pictet Asset Management montre les pays qui étaient les plus vulnérables face à une dynamique de dette non soutenable au début de la crise du coronavirus. Cette mesure s’appuie sur la position des pays les uns par rapport aux autres et sur leurs tendances historiques selon trois dimensions: le coût de leur dette existante, leur capacité à la financer et le niveau auquel la dette tombera naturellement lors des périodes de croissance de leur économie.
Fig. 1 Dynamique des dettes souveraines des pays développés
Mesure du risque pour la dette souveraine à court terme de Pictet Asset Management et score de soutenabilité de la dette (2019)

Les scores de dynamique de la dette sont générés par Pictet Asset Management à partir de plusieurs indicateurs officiels, en comparant les pays les uns par rapport aux autres ainsi qu’à leurs propres tendances. Source: Pictet Asset Management, CEIC, Refinitiv. Les données portent sur l’année 2019 pour les scores de dette souveraine structurelle et pour le T4 2019 pour le score des dettes à court terme.
Notre analyse montre que, parmi les pays développés, c’est la Grèce qui présentait de loin le plus mauvais résultat en matière de soutenabilité de sa dette à la fin de l’année 2019. Elle était suivie de l’Italie, du Japon, de la Belgique et du Royaume-Uni. De l’autre côté de l’échiquier, la Suisse, les Pays-Bas et l’Irlande affichaient les positions les plus enviables.
La cartographie de la situation des dettes à court terme des pays par rapport à leurs scores structurels confirme que la Grèce, l’Italie et le Japon montrent la plus mauvaise dynamique pour leur dette, bien que la France puisse aussi être une source de préoccupation. À l’inverse, les autres pays du nord de l’Europe et de Scandinavie sont plutôt bien positionnés.
Fig. 2 Dynamique des dettes souveraines des pays émergents
Mesure du risque pour la dette souveraine à court terme de Pictet Asset Management et score de soutenabilité de la dette (2019).

Source: Pictet Asset Management, CEIC, Refinitiv. Les données portent sur l’année 2019 pour les scores de dette souveraine structurelle et pour le T4 2019 pour le score des dettes à court terme, à l’exception de la Chine, pour laquelle le score de la dette structurelle porte sur l’année 2018 et le score de la dette à court terme porte sur le T4 2018, de la Bulgarie, pour laquelle le score de la dette à court terme porte sur le T4 2018, et de l’Égypte, pour laquelle le score de la dette à court terme porte sur le T3 2019.
Parmi les économies émergentes, les pays qui étaient exposés aux risques les plus élevés pour leur dette souveraine au moment où la crise s’est déclenchée étaient le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Argentine. En matière de dynamique de la dette par rapport à la situation des dettes à court terme, l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Ukraine représentent les principales sources d’inquiétude. Les pays qui devraient le mieux résister sont la Russie et la Corée.

La poudrière

L’Italie était à l’épicentre de la crise de la zone euro et le pays pourrait à nouveau y retomber. La dette du gouvernement italien pourrait potentiellement atteindre 150% du PIB d’ici à la fin de cette année. La Banque centrale européenne détient déjà des obligations italiennes pour un montant qui représente quelque 22% du PIB et joue à ce titre un rôle prépondérant dans la soutenabilité de la dette du pays. La BCE a déjà affirmé qu’elle adopterait une approche flexible des achats d’obligations émises par les États membres et qu’elle absorberait environ 90% des nouvelles émissions nettes des gouvernements de la zone euro cette année.

Ces achats réalisés par la BCE surviennent alors que l’Europe du Nord s’inquiète des pressions pour mutualiser la dette. Néanmoins, au bout du compte, pour garantir la survie de la zone euro, une certaine forme de regroupement des dettes sera nécessaire. Les prolongations et les jeux de dupes ne pourront durer qu’un temps avant que les marchés testent la détermination politique de la région. Nous tablons sur des décisions en direction de la mutualisation, qui garantissent que les rendements sur les obligations italiennes resteront contenus.

Néanmoins, la BCE est sur une ligne de crête étroite pour son action au cours des mois à venir et elle devra faire preuve d’habileté dans son application de la théorie des jeux. Son objectif est d’éviter une nouvelle crise des dettes souveraines. Elle ne souhaite cependant pas non plus retirer toute pression sur les responsables politiques de la zone euro afin qu’ils parviennent à un accord au sujet d’une certaine forme de mutualisation des dettes. Si la banque centrale est trop accommodante et permet un trop grand resserrement des spreads sur la dette des pays du sud de l’Europe, cela réduit la nécessité pour les gouvernements de la zone euro de s’entendre pour l’avenir.

Il est encore plus préoccupant de constater que certaines économies des marchés émergents arrivent déjà à court de marge de manœuvre monétaire. L’inflation ne sera pas un problème pendant quelque temps dans les économies développées étant donné que l’atonie de la demande et la faiblesse des cours du pétrole font chuter les prix dans leur ensemble, en dépit des mesures prises par les banques centrales. Cela dit, dans certaines économies émergentes, les politiques menées par les banques centrales commencent déjà à faire reculer les monnaies et ces pays pourraient entamer un nouveau cycle de dévaluation/inflation. Il est particulièrement préoccupant de constater que plusieurs grands pays en développement, comme la Turquie, le Brésil et l’Afrique du Sud, s’engagent dans cette direction.

La pandémie qui frappe la planète devrait mettre au jour des difficultés qui étaient déjà présentes dans l’économie mondiale, mais aussi déclencher de nouveaux problèmes. La situation des gouvernements au déclenchement de la crise jouera un rôle important dans la façon dont ils en sortiront.

Nouvelle guerre froide

Danger

Le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, a accusé Washington d’entraîner les deux pays dans une « nouvelle guerre froide« . « La Chine n’a pas l’intention de changer, encore moins de prendre la place les États-Unis« , a-t-il déclaré.

ndlr : la première partie de sa phrase est vraie, mais la seconde est un mensonge et doit laisser place à la réflexion sur la tactique chine sont aboutir à son hégémonie mondiale.

LA DEFI – la finance décentralisé (Decentralized Finance)

Par Croissance investissement

Des secteurs d’activités comme la cybersécurité ou la DEFI sont en plein boom.

Action Future et Croissance Investissement s’intéressent à ces sujets essentiels à la fois en terme d’investissement et pour les entreprises dans le cadre de l’évolution de leur activité et vous propose différents articles (certains articles sont proposés gratuitement) sur ces thèmes (voir la boutique infobrantrade.com).

La finance décentralisée ou DeFi propose au travers de la technologie blockchain, des services financiers traditionnels (prêts, placements à rendement, assurances) ou de nouveaux services, sans avoir besoin d’un compte auprès d’un établissement bancaire. Avec les blockchains et les cryptomonnaies il est devenu possible d’échanger de la valeur sans un tiers de confiance centralisateur.

Alors que la crise du Covid a affecté l’économie et nécessité l’intervention massive des banques centrales qui utilisent la planche à billet, on commence à percevoir les effets secondaires: début de tensions inflationnistes sur matières premières (notamment les commodities – matières premières agricoles) et un intérêt croissant pour les cryptomonnaies.

L’ascension de la finance décentralisée (DeFi) : opportunités et risques pour les institutions financières par Crypto.com publiée dans la lettre FUTUReSAVE (Action Future). En ligne prochainement.

A propos de Crypto.com

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Le DIEM (ex Libra) par Veracash publiée dans la lettre FUTUReSAVE (Action Future)
Voir la lettre

A propos de Veracash

Veracash propose une carte de paiement basée sur les métaux précieux (or et argent métal).
Sa stratégie l’amène aujourd’hui a vouloir se transformer en neobanque (la première Neobanque basée sur les métaux précieux) pour proposer de nouveaux services s’inscrivant dans le cadre de la DEFI et réalise une opération de financement d’un caractère entièrement nouveau en utilisant le Carnet d’annonces mis en place par la fintech CIIB offrant une liquidité aux titres non cotés.

C’est une opportunité pour les investisseurs sur les entreprises non cotées qui peuvent investir en direct au capital d’une entreprise non cotée et pour les investisseurs en Bourse de découvrir l’investissement sur les entreprises non cotées sur des valeurs comme Veracash qui ne sont pas accessibles sur les marchés boursiers. CIIB est à l’origine dans les années 80 de la création du Second Marché (devenu Euronext Growth) et du hors cote (devenu Euronext Access) afin d’aider au financement des PME. Le Carnet d’annonces a été réfléchit et mis en place avec ce même objectif…..

Cyberattaque Microsoft

Les réactions de Jacques de La Rivière, CEO de Gatewatcher
Gatewatcher est le premier éditeur de logiciels de sécurité spécialisés dans la détection des intrusions avancées basé sur l’intelligence artificielle, développés en France et qualifiés par l’ANSSI. Gatewatcher édite des sondes de détection des cyberattaques à destination des entreprises.

« c’est un séisme pour la confidentialité de toutes les entreprises qui utilisent Microsoft Exchange, d’autant plus qu’il n’y a aucune alternative européenne à Office 365 ou Gsuite. »

« Les russes et les chinois ont institutionnalisé le piratage comme un outil économique. Il est surprenant d’observer que des vulnérabilités qui ont pu être identifiées dans le cadre de la cyberattaque Solarwinds attribuée aux russes sont maintenant utilisées dans une cyberattaque attribuée aux Chinois. Cela laisse supposer qu’il y a des échanges de connaissance entre ces deux nations. »

Les réactions de Guillaume Vassault-Houlière, CEO de YesWeHack.
YesWeHack est une plateforme française de bug bounty. Ses hackers éthiques détectent les failles sur les réseaux des entreprises.

« les éditeurs comme Microsoft ont une responsabilité vis-à-vis des utilisateurs du monde entier. Ces grands éditeurs doivent désormais s’engager à mettre les moyens techniques pour améliorer leur cybersécurité, en augmentant leur coopération avec les communauté de hackers éthiques par exemple. Il y a une véritable notion de bien commun derrière l’utilisation de ce logiciel. »

Retrouvez nos lettres sur la cybersécurité

Le Diem (Ex Libra)

Lettre FUTUReSAVE – Interview de Ignacio Sainz Iglesias – Coo de VeraCash

LETTRE DIEM

A propos de Veracash

Veracash propose une carte de paiement basée sur les métaux précieux (or et argent métal).

Sa stratégie l’amène aujourd’hui a vouloir se transformer en neobanque (la première Neobanque basée sur les métaux précieux) pour proposer de nouveaux services s’inscrivant dans le cadre de la DEFI et réalise une opération de financement d’un caractère entièrement nouveau en utilisant le Carnet d’annonces mis en place par la fintech CIIB offrant une liquidité aux titres non cotés.

C’est une opportunité pour les investisseurs en Bourse de découvrir l’investissement sur les entreprises non cotées sur des valeurs comme Veracash qui ne sont pas accessibles sur les marchés boursiers.

CIIB est à l’origine dans les années 80 de la création du Second Marché (devenu Euronext Growth) et du hors cote (devenu Euronext Access) afin d’aider au financement des PME. Le Carnet d’annonces a été réfléchit et mis en place avec ce même objectif…..

Stratégie française en cybersécurité

Entretien avec de Jacques de La Rivière, CEO de Gatewatcher et Vice-Président d’Hexatrust, Fédération de la cybersécurité française.

Les cyberattaques contre les organisations ont quadruplé en 2020, une tendance qui touche « tous les acteurs et tous les pays », souligne l’Elysée. En témoignent l’attaque de grande ampleur contre des géants du numérique et des agences nationales aux Etats-Unis ainsi que celle contre l’Agence européenne du médicament.

Même si leurs auteurs restent souvent inconnus et difficiles à arrêter, une action policière coordonnée des Etats-Unis, de la France, d’autres pays de l’UE et de l’Ukraine ont réussi en janvier à démanteler le réseau du logiciel malveillant Emotet. Autre succès, l’arrestation de membres du groupe de rançongiciel Egregor qui a frappé ces derniers mois le groupe Ouest-France, entre autres.

Comme l’ont montré les exemples de Dax et Villefranche-sur-Saône ces derniers jours, les hôpitaux français sont particulièrement vulnérables. Ils ont fait l’objet de 27 cyber-attaques majeures en 2020, a indiqué mercredi le secrétaire d’Etat à la Transition numérique Cédric O.Selon le secrétaire d’Etat, 110 hôpitaux français ont été « accompagnés dans des audits de sécurité » grâce au soutien de l’Anssi et « 11 d’entre eux sont accompagnés au jour le jour ».

Face à la multiplication des cyberattaques, Emmanuel Macron présente la stratégie française en matière de cybersécurité pour renforcer la filière.

L’exécutif veut créer un « écosystème de la cybersécurité » en renforçant les liens entre recherche publique et privée, afin de réduire la part des acteurs étrangers qui représentent 30 à 40% du marché français.

Au cœur de cette ambition, le futur « Campus Cyber » qui réunira sur 20.000 m2 à La Défense une soixantaine d’acteurs-clés du secteur – grands groupes, start-up, acteurs publics, organismes de formation, acteurs de la recherche et associations.

L’objectif est de doubler les effectifs de la filière, à 40.000 emplois, et de faire émerger au moins trois « licornes » (start-up dont la capitalisation dépasse un milliard de dollars).

>SPECIAL CYBERSECURITE (Magazine ACTION FUTURE)

LETTRE (FUTUReSAVE)
Les banques à l’épreuve de nouvelles cybermenaces par Jacques de la Riviere – CEO de Gatewatcher

Les actus sur la cybersécurité

Le secteur de la Cybersécurité

Entreprises du secteur de la cybersécurité

La relance budgétaire ne constitue – pour l’instant – pas un risque pour le marché

Par BlackRock Investment Institute

  • Nous voyons les banques centrales limiter les hausses de rendement pour l’instant, mais il y a un risque que l’augmentation des niveaux d’endettement et de l’inflation finisse par menacer le régime de taux bas.
  • La hausse des attentes en matière d’inflation a fait augmenter les rendements du Trésor américain à 10 ans, mais dans une moindre mesure que par le passé, conformément au nouveau régime nominal.
  • Les données relevées aux États-Unis et en Europe pourraient éclairer sur l’état d’avancement de la reprise de l’activité dans un contexte de renforcement des restrictions sanitaires.

La perspective d’un autre grand dispositif budgétaire américain a alimenté les débats sur une éventuelle surchauffe économique. Nous pensons que les banques centrales sont pour l’instant fortement incitées à s’appuyer sur toute hausse rapide des rendements nominaux, même en cas d’augmentation de l’inflation, ce qui soutient notre position stratégique favorable au risque. Cependant, l’augmentation des niveaux d’endettement pourrait à terme faire peser des risques sur le régime de taux bas. C’est en partie pour cette raison que nous sous-pondérons stratégiquement la dette publique.

Voir l’article en version anglaise (Stocks Future): Fiscal boost is not a market risk – yet

Enquête exclusive sur la cybersécurité des grandes entreprises françaises

6ème édition du baromètre annuel du CESIN

Le Club des Experts de la Sécurité de l’Information et du Numérique
dévoile les résultats de sa sixième grande enquête OpinionWay pour le CESIN.

Afin de mieux cerner l’état de l’art et la perception de la cybersécurité et de ses enjeux au sein des grandes entreprises françaises, le CESIN publie chaque année depuis 2015, son baromètre annuel avec OpinionWay. L’association dévoile aujourd’hui les résultats de cette enquête indépendante et exclusive menée auprès de ses membres, Directeurs Cybersécurité et Responsables Sécurité des Systèmes d’Information (RSSI) des grandes entreprises françaises.

Le sondage OpinionWay pour le CESIN a ciblé 704 membres de l’association, les résultats de l’étude portent sur un échantillon de 228 répondants. Cette enquête permet d’obtenir la perception et la réalité concrète de la cybersécurité des grandes entreprises, dans un contexte de transformation numérique pendant une crise sanitaire avec des répercussions économiques et sociales sans précédent.

En 2020 une entreprise sur cinq déclare avoir subi au moins une attaque par Ransomware au cours de l’année, provoquant un chiffrement et/ou un vol de données, assortis d’une demande de rançon pour délivrer une clé de déchiffrement et/ou un chantage à la divulgation de données.

Le Phishing reste le vecteur d’attaque le plus fréquent, 80% des entreprises déclarent que le phishing a été un vecteur d’entrée pour les attaques subies.

Le Shadow IT déjà largement répandu est toujours en forte augmentation. Avec le télétravail généralisé, l’usage d’applications et de services cloud non sécurisés et inconnus de la DSI constituent l’une des causes principales de risques cyber pour 44% des entreprises.

La menace en matière de cyber-espionnage est elle aussi en augmentation. Plus de 56% considèrent que ce niveau de menace est élevé. Un score inquiétant qui corrobore les observations de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) quant aux acteurs des secteurs stratégiques.

58% des cyber-attaques ont eu des conséquences avérées sur le business, avec des perturbations sur la production dans 27% des cas.

–(nb : définition de Cyber-attaque pour l’enquête CESIN-OpinionWay1)

Seulement 1 entreprise sur 2 est confiante en sa capacité à faire face à une cyberattaque

24% des entreprises ont fait appel à leur cyber assurance après une cyber-attaque. Nous avions observé un engouement notable pour la souscription de couverture aux cyber-risques ces dernières années, or sur ces 24%, 10% déclarent se heurter à des difficultés assurantielles.

47% ont porté plainte auprès des autorités compétentes, mais cela n’a abouti que dans 15% des cas. L’exercice de l’attribution des attaques reste un sujet complexe.

La crise sanitaire apporte de nouveaux risques, 35% d’augmentation des crises lui sont liées, et notamment 37% sont attribués la généralisation du télétravail. En conséquence 43% des entreprises se disent prêtes à augmenter leurs budgets pour affronter ces aléas.

Alors que l’adoption du Cloud est massive, les risques induits restent pourtant bien présents. 51% déclarent un risque fort de non maîtrise de la chaîne de sous-traitance de l’hébergeur, 45% déplorent des difficultés de contrôle d’accès et 44% de non maîtrise de l’utilisation par les salariés. En outre, 86% estiment que la sécurisation des données stockées dans le Cloud requiert une adaptation avec des outils ou dispositifs spécifiques. Tandis que 23% signalent le risque d’attaque par rebond depuis l’hébergeur.

Pour contrer la menace du ransomware, le premier dispositif renforcé est la sensibilisation des salariés pour 83%. A noter le développement du SOC (Security Operation Center) 56%, le durcissement de l’AD (Active Directory) 53%, et le déploiement en hausse des EDR (Endpoint Detection & Response) 48%.

Par ailleurs une dizaine de solutions est mise en place en moyenne par entreprise. Sans surprise le télétravail nécessite le recours massif à l’utilisation de VPN (90%). Avec toujours une forte adoption des solutions d’authentification multi-facteurs (73%). En revanche les solutions de CASB semblent avoir encore du mal à s’imposer (15%).

Le concept Zero Trust, qui a fait son entrée dans le baromètre précédent avec une certaine défiance, progresse avec 29% des entreprises réellement engagées ou en passe de mettre en œuvre ce concept, contre 16% l’année dernière.

L’augmentation des budgets alloués à la cybersécurité a continué et 57% des entreprises prévoient encore de poursuivre cette tendance. Elles sont 52% à vouloir allouer plus de ressources à la cybersécurité. 85% souhaitent acquérir de nouvelles solutions techniques en 2021. Côté innovation, les responsables de la cybersécurité sont désormais plus de la moitié à avoir recours aux offres issues de start-up (55%).

Les enjeux pour l’avenir restent essentiellement humains

La gouvernance est le premier enjeu de demain (60%), suivi par celui de la formation et de la sensibilisation des utilisateurs (56%). Les ressources humaines sont un défi de taille pour les entreprises, la moitié souhaitant augmenter ses effectifs de cybersécurité. La prise en compte des enjeux de cybersécurité par le COMEX s’améliore, en hausse de 8 points par rapport à l’année passée, 72% des répondants sont confiants sur l’engagement de leur comité exécutif sur la cybersécurité.

A propos du CESIN

Special CYBERSECURITE ACTION FUTURE

Les lettres CYBERSECURITE (FUTUReSAVE)

Les actus sur la cybersécurité

Le secteur de la Cybersécurité

Entreprises du secteur de la cybersécurité


VeraCash: devenir une néo-banque basée sur de l’or et de l’argent.

Par Finance Trade/Croissance Investissement

Veracash, filiale de AuCoffre * est une société française spécialisée dans les paiements basés sur les métaux précieux.

Veracash propose un moyen de paiement (carte de paiement) hors du système bancaire et financier basée sur les métaux précieux. Les fonds des clients sont conservés en or et argent stockés dans des coffres sécurisés.

Devenir la première néo-banque dont les services reposent sur des métaux précieux (or et argent métal)

Lancée en 2015, VeraCash ** réalise actuellement une opération ayant pour objectif de transformer l’entreprise en néobanque.

Après avoir réalisé une levée de Fonds par le biais du Crowdfunding avec Happy Capital, Veracash a lancé à la fin de l’année 2020 une levée de fonds de 2,5 millions d’euros auprès de ses utilisateurs/clients et a ouvert cette souscription à l’ensemble des investisseurs depuis fin janvier 2021.

Investir dans Veracash

L’opération qui a pour objectif de lever 2,5 millions d’euros est réalisée avec l’émission de nouvelles actions.

Veracash a choisit de réaliser cette opération en utilisant le carnet d’Annonces *** de CIIB **** (fintech labellisée en 2016 par Finance Innovation ). Le Carnet d’Annonces s’apparente à une bourse privée pour les sociétés non cotées, qui offre également au souscripteur une liquidité sur le titre, car il sera en mesure ensuite de les revendre.

Au début de l’opération, les utilisateurs et clients de Veracash ont été les seuls à pouvoir souscrire. Par ce biais, Veracash a eu plus de 700 000 euros de souscription. Depuis fin janvier 2021, la souscription est ouverte aux autres investisseurs.

Cette formule devrait intéresser à la fois les investisseurs sur les sociétés non cotées, car la formule permet d’offrir une liquidité sur les titres d’une société non cotée et les investisseurs sur les marchés boursiers, ce fonctionnement s’apparentant à la Bourse.

Il faut préciser que CIIB a participé à la création du Hors cote et du second marché dans les années 80, marchés créés pour aider les  petites entreprises à se financer en entrant en Bourse .

CIIB avait alors réalisé de nombreuses introductions sur les bourses régionales. Après la disparition des bourses régionales, CIIB s’est recentré sur le financement des entreprises non cotées par le biais de l’Association Love Money.

Le Carnet d’annonces mis en place par CIIB a pour objectif de faciliter  le financement des petites entreprises  en touchant  une  diversité d’ investisseurs  et notamment des particuliers en rendant plus accessible la souscription au capital  d’entreprises non cotées , tout en assurant une meilleure liquidité des titres non cotées de ces entreprises.

C’est ainsi une solution pour des PME notamment régionales pour se financer et intéresser de nouveaux investisseurs à souscrire au capital d’entreprises non cotées, et soutenir ainsi l’économie réelle.

Une liquidité des titres sur le Carnet d’annonces. Les investisseurs sont actionnaires en direct (en nominatif pur) de la société ou par le biais de leur PEA ou PEA PME.

Pour s’informer sur l’opération

Accéder aux notes d’informations, bilans sur le site de Veracash.

L’investissement est possible via un PEA ou un PEA PME.
La fin de la souscription est programmée pour le 31 mars 2021.

En savoir plus sur les métaux précieux

Articles et interviews réalisées avec Jean-François Faure
(PDG de AUCOFFRE et de VERACASH) sur le sujet de
l’investissement sur l’or dans ACTION FUTURE.

A propos de Veracash

Flambée des prix alimentaires : quelles conséquences ?

Par Laetitia Baldeschi, Responsable des Etudes et de la Stratégie, Juliette Cohen, Stratégiste,Bastien Drut, Responsable de la Macro Stratégie ThématiqueCPR AM

Depuis quelques mois, le prix de certaines denrées alimentaires, et en particulier des céréales, s’inscrit en forte hausse. Cette séquence n’est évidemment pas sans rappeler celle de 2010. Les causes et les conséquences de cette hausse des prix des matières premières agricoles sont multiples. Cela s’annonce comme l’un des dossiers à suivre en 2021. 

Suite de l’article...

La différence entre monnaie et moyen de paiement

Par CPR AM

Il convient de distinguer la monnaie des instruments qui servent à l’échanger. La confusion entre « monnaie » et « moyen de paiement » est faite fréquemment, car la monnaie fiduciaire présente la particularité d’être à la fois de la monnaie (réserve de valeur, unité de compte et support de transactions commerciales) et un moyen de paiement (supports
permettant d’échanger de la valeur). Plus généralement, on définit les moyens de paiement comme les instruments qui permettent de transférer des fonds, quel que soit le support ou le procédé technique utilisé. On distingue deux types de moyens de paiement : la monnaie
fiduciaire, donc, et les moyens de paiement scripturaux. Ces derniers permettent de réaliser « un transfert d’unités monétaires entre le compte du payeur et le compte du bénéficiaire, ces comptes étant ouverts sur les livres de prestataires de services de paiement ». Lorsque
les comptes du payeur et du bénéficiaire sont ouverts sur les livres de deux établissements différents, le moyen de paiement donne lieu à un règlement interbancaire.

Parmi les moyens de paiement scripturaux, on compte : les cartes de paiement, les virements, les prélèvements, le chèque, le paiement en monnaie électronique, les effets de commerce. Dans l’Union européenne, les paiements en carte représentent 49% des moyens de paiement scripturaux, les prélèvements 20%, les virements 25% et les chèques 3%.

La Banque de France12 précise que les crypto-actifs, tels que le bitcoin ou l’ether, ne sont reconnus ni comme monnaie ayant cours légal, ni comme moyen de paiement. Elle souligne que les crypto-actifs ne remplissent pas ou quasiment pas trois fonctions dévolues à la monnaie :
 Unité de compte : leur valeur incertaine et volatile fait que très peu de prix de biens et services sont exprimés dans ces crypto-actifs,
 Intermédiaire des échanges : leur utilisation comme intermédiaire d’échanges est beaucoup moins efficace que la monnaie ayant cours légal car elle induit des frais de transaction démesurés pour de simples opérations de détail,
 Réserve de valeur : l’absence de sous-jacent réel ne permet pas d’en faire des réserves de valeur crédibles.
Juridiquement, ils ne sont pas non plus considérés comme un moyen de paiement car dans l’Union européenne, ils ne sont pas assortis d’une garantie légale de remboursement à tout moment et à la valeur nominale en cas de problème de paiement.

La monnaie aussi se digitalise

Par Bastien Drut, Responsable de la Macro Stratégie Thématique – CPR AM

Les formes de monnaie tendent à changer : les moyens de paiement
électroniques sont de plus en plus utilisés, au détriment des paiements en
espèces. Certains pays se dirigent ainsi vers des sociétés sans « cash ». Par
ailleurs, il est de plus en probable que des monnaies « digitales », émises
par les banques centrales, voient le jour sur les années à venir.

La baisse de la présence ou de l’utilisation du cash dans les pays développés

Dans plusieurs pays, l’utilisation de la monnaie fiduciaire (billets de banque et pièces) s’est progressivement raréfiée, au profit de moyens de paiement électroniques. On peut évaluer cette tendance en mesurant les quantités d’espèces en circulation ou la fréquence d’utilisation de la monnaie fiduciaire.

Si on se concentre sur les quantités d’espèces en circulation, c’est en Suède que l’évolution est la plus spectaculaire : les billets et pièces en circulation ne représentaient plus que 1% du PIB en 2020, contre 3% en 2010. En 2018, le vice-gouverneur de la banque centrale suédoise (Riksbank) Cecilia
Kingsley indiquait que la Suède allait cesser d’utiliser ce type de moyens de paiement dans les 3 à 5 ans qui suivraient. La quantité de billets et pièces en circulation calculée en % du PIB a également baissé tendanciellement ces 20 dernières années en Chine. Elle est restée stable à des niveaux bas (4%
du PIB) au Royaume-Uni et au Canada. En revanche, les quantités de billets de banque en circulation en % du PIB ont plutôt augmenté aux Etats-Unis, en zone euro et au Japon. Dans le cas de la zone euro
et encore plus des Etats-Unis, les chiffres sont plus élevés qu’ailleurs, notamment car l’euro et le dollar sont utilisés dans d’autres zones1. Récemment, la BCE a estimé que 30 à 50% des billets de banque
libellés en euros circulaient en dehors de la zone euro2.

Toutefois, le fait que la quantité de monnaie fiduciaire en circulation soit élevée ne dit pas grandchose de la fréquence de son utilisation. Les moyens de paiement électroniques (cartes bancaires, virements, prélèvements, monnaie électronique) se sont nettement développés lors des dernières
décennies. Ainsi, en zone euro, la part du volume des transactions de personne à personne réalisée en monnaie fiduciaire est passée de 79 % en 2016 à 73% en 2019 mais sa part en valeur est passée de
54% à 48% sur la même période3. Cette baisse est plus marquée dans certains pays, comme les Pays Bas. Les paiements en espèces vont probablement continuer à se raréfier car les ménages et les
entreprises ont de plus en plus recours aux moyens de paiement électroniques et cela pourrait être accéléré par le développement d’applications de paiement mobile (Apple Pay, Google Pay, etc.).

L’effet de la crise du covid sur les moyens de paiement est ambigu. D’un côté, il a été recommandé pour des raisons sanitaires de procéder préférentiellement à des paiements digitaux (par exemple, le
plafond des paiements sans contact a été relevé à 50 euros en France et dans quasiment tous les pays européens). D’un autre côté, la demande de billets de banque a nettement accéléré en Europe et aux
Etats-Unis mais il apparaît que le moteur principal de la demande de monnaie fiduciaire ait été le motif
de précaution4. D’ailleurs, le fait que les taux directeurs des banques centrales soient désormais proches de zéro rend désormais le coût d’opportunité à détenir des billets de banque bien moins
important et il est intéressant de constater que c’est surtout la circulation des billets de 50 et 100 euros qui a augmenté ces dernières années.

Une société sans cash ?

Au tournant des années 2020, l’une des questions les plus débattues en économie financière est de savoir si les pays développés vont abandonner les paiements en espèces et devenir des sociétés sans
cash (cashless societies). Comme le fait remarquer l’ancien économiste en chef du FMI Kenneth Rogoff dans son livre The Curse of Cash 5 , de très nombreuses questions économiques, financières, philosophiques et même morales se cachent derrière cette interrogation.

L’un des avantages d’un abandon de la monnaie fiduciaire est de rendre plus difficiles les activités criminelles. Rogoff, partisan de cette idée, explique qu’« il ne fait pas de doute que les billets de banque
en grosses coupures jouent un rôle important dans les activités criminelles, qu’il s’agisse du trafic de drogue, du racket, de l’extorsion, de la corruption, dans le trafic d’êtres humains et, évidemment, dans le blanchiment d’argent. » En novembre 2016, les autorités indiennes ont annoncé la fin de la circulation des billets de 500 et 1000 roupies, afin de décourager l’économie informelle et de porter un coup aux activités illégales, et en particulier au financement du terrorisme. Le même type d’opérations avait déjà été mené dans ce pays en 1946 et 1978. Par ailleurs, la suppression des billets de banque, du moins des grosses coupures, pourrait permettre aux banques centrales de mettre en place des taux directeurs bien plus négatifs qu’aujourd’hui et de regagner ainsi des marges de manœuvre pour stimuler l’économie. En effet, l’un des éléments empêchant actuellement les banques centrales d’aller plus loin en territoire négatif est qu’au-delà d’un certain seuil (c’est ce qui est souvent appelé le « physical lower bound »), il deviendrait plus intéressant pour les banques commerciales de troquer leur monnaie « banque centrale » contre des billets de banque, qu’elles stockeraient dans des coffres-forts par exemple. En l’absence de grosses coupures, cet arbitrage serait clairement beaucoup plus compliqué.

Toutefois, la disparition des billets de banque et des pièces est associée à un certain nombre de désavantages. L’utilisation de moyens de paiement digitaux pour toutes les transactions peut poser des questions sur la préservation de la vie privée6 et une partie de la population pourrait vouloir continuer à utiliser des espèces pour s’assurer l’anonymat de certaines transactions. Par ailleurs, il est possible que les populations de zones isolées ne puissent pas se passer de cash car elles ne disposent pas de moyens de communication suffisamment efficaces pour utiliser des moyens de paiement digitaux. Il en va de même pour les personnes ne disposant pas de compte bancaire. Enfin, le maintien de petites quantités de monnaie physique permettrait par exemple de faire face à une panne des infrastructures de paiement digital.

La disparition des billets de banque impliquerait une diminution du bilan des banques centrales7 car les billets ont historiquement représenté la majeure partie du passif de leur bilan : les revenus de
seigneuriage des banques centrales (revenus des titres que la banque centrale achète avec les billets qu’elle émet) baisseraient en cas de disparition de la monnaie fiduciaire. En revanche, cela ne poserait
probablement pas de problème pour la conduite de la politique monétaire car le cash ne joue pratiquement aucun rôle dans celle-ci.

Les Central Bank Digital Currencies (CBDC) en réponse aux « cryptomonnaies »

L’utilisation de la monnaie est de plus en plus digitale donc et nous avons, de plus, assisté depuis le début des années 2010 à la naissance des « cryptomonnaies », souvent désignées par abus de langage sous le terme « monnaies virtuelles8». Celles-ci, initialement conçues comme des instruments d’échange dans le monde numérique, recourent à des techniques de cryptographie. Elles ont progressivement pris pied dans l’économie réelle, au travers de services permettant leur achat ou vente contre des monnaies légales, leur conservation, leur utilisation comme instrument d’échange ou encore plus récemment instrument de placement et de financement avec l’apparition des Initial Coin Offering. Comme l’explique le Prix Nobel d’économie Robert Shiller 9 , un narratif présentant les cryptomonnaies comme le futur de la monnaie s’est progressivement installé mais pour Benoît Coeuré10, ancien membre du Directoire de la BCE, « les cryptomonnaies sont de pâles imitations de la monnaie. Presque personne n’établit le prix des biens en bitcoins, très peu en utilisent pour les paiements et, en ce qui concerne la réserve de valeur, elles ne valent pas mieux que jouer de l’argent au casino. » (voir l’encadré sur la différence entre monnaie et moyen de paiement).

C’est notamment en raison des inquiétudes des responsables politiques aux sujets des abus multiples associés aux cryptomonnaies et de leur utilisation pour des activités illicites que les grandes banques centrales travaillent actuellement à l’élaboration de leurs propres monnaies digitales (les Central Bank Digital Currency, CBDC11), un « euro digital » pour la BCE, un « dollar digital » pour la Réserve Fédérale et un « yuan digital » pour la PBoC. Cela s’annonce comme l’un des grands chantiers auxquels vont s’atteler les banques centrales dans les années à venir.
Pour la zone euro, Christine Lagarde vient de confirmer qu’elle pensait qu’il y aurait un euro digital d’ici 2025, ce sujet faisant partie intégrante de la revue stratégique de la BCE. S’il n’existe pas nécessairement un besoin urgent d’un « euro digital », Christine Lagarde explique que « la BCE veut
s’assurer que l’euro puisse s’adapter à l’ère digitale. » Parmi les scénarios évoqués qui requerraient l’émission d’une monnaie digitale, la BCE évoque:

 l’intensification de la demande pour des moyens de paiements digitaux qui requerrait la création d’un moyen de paiement digital européen gratuit et sans risque,
 la baisse de l’utilisation de la monnaie fiduciaire,
 le besoin d’une monnaie digitale pouvant être utilisée lors d’évènements extrêmes (catastrophes naturelles, pandémies) au cas où les moyens de paiement électroniques existants ne fonctionneraient plus,
 le développement de moyens de paiement globaux soulevant des inquiétudes en termes de régulation et de stabilité financière,
 le fait que la BCE souhaiterait éviter que la population européenne ne se tourne vers des monnaies digitales émises par des banques centrales étrangères (à ce sujet, Jerome Powell a bien insisté sur le fait que les membres du FOMC travaillaient sur le sujet mais ne voulaient pas se précipiter).

Cet « euro digital » pourrait correspondre à la mise à disposition des citoyens et des entreprises de monnaie « banque centrale », jusque-là réservée aux seules banques commerciales : « un euro digital
serait introduit à côté du cash, il ne le remplacerait pas. » Il ne s’agirait donc pas d’une monnaie parallèle et cet euro digital serait convertible à la parité avec de la monnaie physique : par exemple,

10 euros digitaux détenus sur un compte par un particulier à la banque centrale pourraient être convertis en un billet de 10 euros.
Un certain nombre de travaux préparatoires restent encore à réaliser. Comme le souligne le rapport de la BCE sur l’euro digital, ce dernier pourrait poser un certain nombre de problèmes pour les banques
dans l’hypothèse où les épargnants transformeraient massivement leurs dépôts dans les banques en monnaie banque centrale (par exemple en cas de crise économique et/ou financière) : cela pourrait augmenter le coût de financement des banques, et par ricochet les taux d’intérêt des prêts bancaires.
Sur le sujet, la banque centrale chinoise (PBoC) apparait en pointe parmi les grandes banques centrales avec le lancement de plusieurs expérimentations. Lors de l’une d’entre elles, en 2020, 2
milliards de yuans (équivalent de 300 millions de dollars) ont été dépensés, pour 4 millions de transactions. Le gouverneur de la PBoC Yi Gang a expliqué qu’il envisageait une coexistence de la
monnaie physique et de la monnaie digitale mais qu’il restait à créer un cadre pour cela. La PBoC envisage un déploiement nettement plus massif du « yuan digital » lors des Jeux olympiques de Pékin en 2022.

La monnaie et son utilisation ont évolué sans cesse au fil du temps. Comme l’économie, elle se digitalise et cette tendance devrait se poursuivre avec la popularisation des applications de paiement et l’avènement des monnaies digitales émises par les grandes banques centrales. Les développements du yuan digital seront à suivre avec une attention particulière, la PBoC ayant pris de l’avance par rapport à la Fed et la BCE.

La différence entre monnaie et moyen de paiement