Le marché de la protéine s’est réveillé depuis le début du mois d’avril. Le mouvement est brutal et les explications données laissent de côté un paramètre essentiel. En effet, les analyses délaissent le volet demande pour se tourner principalement vers la diminution du potentiel d’offre, notamment en Argentine. Des chiffres de production inférieurs à 55 MT sont certes fréquemment évoqués, mais une réduction de l’ordre de 5 à 10 MT à l’échelle de la planète ne peut à elle seule expliquer une hausse de plus de 50% du marché de la protéine en l’espace de quelques mois. Notamment lorsque l’on prend en considération l’importance des stocks de soja annoncés il y a encore quelques semaines.

Non seulement le marché a monté mais encore il est rapidement passé en inverse, d’abord sur les tourteaux, puis maintenant sur les fèves, entraînant un effondrement du oil share.

Nous avons cherché des explications et notre regard a été attiré par la forte hausse des exportations européennes de viandes de porc à destination de la Chine depuis le début de l’année.

Pris à contre-pied

Le contexte chinois est particulier. Il y a quelques années, la Chine a mis en place des prix garantis élevés pour le blé et le maïs afin de limiter les flux migratoires des campagnes vers les villes. Cette politique visait à sauver de précieux points de croissance, mais elle a eu pour effet de faire gonfler

rapidement les stocks de céréales du pays. Quasiment au même prix que les tourteaux de soja importés, la tonne de maïs avait des difficultés à trouver pre- neur chez les consommateurs, notamment chez les producteurs de viandes. Prix élevés du maïs et faible consommation ont ainsi généré l’accumulation de stocks de céréales (actuellement la Chine détient 50 % des stocks mon- diaux de blé et de maïs).

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