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Investissements : trois leçons à retenir de 2020

Investissements : trois leçons à retenir de 2020

Par BlackRock Investment Institute (BII)

2020 a été une année en tout point inhabituelle pour les marchés financiers. Si le choc provoqué par la pandémie de Covid-19 a d’abord entraîné un « sell-off » massif, ce dernier a été suivi d’un rebond de l’appétit pour le risque qui a duré jusqu’à la fin de l’année. Trois grands enseignements peuvent être tirés du comportement tenu par les marchés l’année passée. Au premier chef, c’est la nature même du choc pandémique et la révolution monétaire et budgétaire qu’il a enclenchée qui ont été au fondement de la performance des actifs risqués et de nos perspectives globales sur les actifs.

Le choc pandémique a d’abord fait plonger les marchés début mars. Alors que la crise n’en était qu’à ses commencements, nous pronostiquions déjà que les pertes économiques cumulées qu’elle générerait – l’aspect auquel les marchés financiers attachent le plus d’importance – seraient probablement très inférieures à celles entraînées par la crise financière mondiale de 2008. Les répercussions de la Covid-19 nous ont paru s’apparenter davantage à celles d’une catastrophe naturelle de grande ampleur, à laquelle succède un redémarrage économique rapide – à condition, toutefois, que les autorités apportent le soutien nécessaire pour tenir jusqu’à la reprise effective. Cela a été le cas : la riposte budgétaire et monétaire qui a été enclenchée s’est avérée exceptionnelle ; il nous a ainsi paru opportun d’augmenter notre allocation stratégique aux actions. Sur le plan tactique, nous avons revu les obligations à la hausse et accru notre préférence pour les actifs de qualité ; nous avons également maintenu une position modérément pro-risque pour le restant de l’année 2020. La révolution macroéconomique qui a été initiée se poursuit, et elle joue un rôle essentiel au sein de nos Perspectives globales pour 2021. Le maintien du soutien budgétaire et monétaire en 2021 permettra d’éviter des dommages économiques durables, alors que le déploiement des vaccins contre la Covid-19 devrait bientôt nous faire entrer dans une économie post-pandémique (cf. le graphique ci-dessus).

  • Un des principaux effets de la révolution qui a été initiée, c’est la probable diminution de la sensibilité des rendements nominaux aux hausses de l’inflation – comme le reflète le thème du nouveau régime nominal que nous développons dans nos perspectives pour 2021. Les rendements nominaux devraient être plafonnés par les banques centrales, qui ont fait savoir qu’elles seraient plus enclines à laisser l’inflation dépasser leurs objectifs et, de fait, les économies entrer en surchauffe. Logiquement, il devrait en résulter une croissance plus forte et des rendements réels plus faibles. Si cette combinaison d’effets nous paraît sous-estimée par les marchés, elle pourrait toutefois stimuler les actifs risqués alors que la perspective d’une vaste campagne de vaccination contre la Covid-19 a déjà revigoré les marchés ces derniers mois.
  • La deuxième leçon à retenir de 2020, c’est le rôle majeur que jouent maintenant les tendances structurelles à long terme dans la performance des actifs. La pandémie a ainsi accru l’intérêt porté à la durabilité, et assis la prédominance du commerce en ligne sur le commerce de détail traditionnel. Les expositions technologiques soutenues par des évolutions structurelles à long terme ont pour leur part continué de surperformer. L’approche de type « barbell » que nous adoptons vis-à-vis des actifs risqués sur les six à douze prochains mois s’en trouve affinée : d’une part, des actifs de qualité tels que des titres des secteurs des technologies et de la santé, d’autre part, des expositions cycliques particulières. Les actifs de qualité dotés de bilans et de flux de trésorerie solides devraient également offrir une bonne résistance face aux obstacles qui pourraient parsemer la route jusqu’au redémarrage complet de l’activité. Nous continuons de surpondérer le facteur « qualité », un principe qui a bien fonctionné tout au long de l’année 2020. Les secteurs traditionnels « Value » vont probablement être confrontés à des défis structurels que la pandémie a aggravés, ce qui pourrait limiter leur capacité de hausse même en cas de redémarrage économique rapide.
  • Enfin, le troisième enseignement que l’on peut tirer, c’est qu’il est essentiel de bien sélectionner les expositions cycliques. Dans nos Perspectives de mi-année pour 2020, nous avions souligné l’importance de revenir à la cyclicité : nous avions ainsi mis fin à notre surpondération des actions américaines et asiatiques hors Japon, et avions décidé de surpondérer les actions européennes. Ces décisions se sont avérées moins fructueuses que d’autres que nous avions prises, telles que les surpondérations des obligations à haut rendement, ou « High Yield », et du facteur « qualité ». En conséquence, nous sommes depuis devenus neutres sur la dette des marchés émergents et positifs sur les actions du même univers.

En conclusion, nos opinions macro sur les risques – que sous-tendent la nature même du choc pandémique et la révolution budgétaire et monétaire qui s’est ensuivie – ont été essentielles pour faire face aux turbulences qui ont agité les marchés l’année dernière. Un point qu’il faut absolument retenir, c’est la rapidité avec laquelle les politiques macroéconomiques peuvent évoluer et l’incidence durable que cela peut avoir sur la dynamique du marché. La révolution qui a été initiée en 2020 demeure un élément central de notre vision des investissements pour cette nouvelle année : si vous souhaitez en savoir plus, veuillez consulter nos Perspectives globales pour 2021.

Se préparer au nouveau régime nominal

Par BlackRock Investment Institute (BII) 

  • Nous privilégions les obligations indexées sur l’inflation et anticipons une bonne tenue des actions au sein des portefeuilles stratégiques, dans un contexte d’inflation plus haute et de taux réels plus bas dans les années à venir.
  • Les actions mondiales ont atteint des sommets alors que les nouvelles positives sur les vaccins se sont multipliées, et ce malgré les difficultés qui s’annoncent à court terme. Les négociations autour d’un nouveau plan de relance budgétaire américain se sont poursuivies.
  • La Réserve Fédérale Américaine pourrait revoir les orientations relatives à ses achats d’actifs lors de sa réunion de politique monétaire de cette semaine.

La révolution macroéconomique enclenchée cette année pourrait notamment se traduire par une réaction plus faible des rendements nominaux aux hausses de l’inflation. De fait, les investisseurs doivent penser dès maintenant à positionner leurs portefeuilles à long terme en fonction de cette (probable) nouvelle dynamique. Nous recommandons ainsi de renforcer la détention des obligations indexées sur l’inflation, et prévoyons que les actions seront soutenues par la baisse des taux réels au sein des portefeuilles stratégiques.

Graphique de la semaine

La révolution budgétaire et monétaire conjointe qui a été enclenchée cette année devrait entraîner un plafonnement des rendements des obligations nominales par les banques centrales – et ce, même si l’inflation augmente. Les implications sur les performances globales des classes d’actifs en seront probablement considérables, ainsi que sur les performances des différents secteurs du marché actions. La sensibilité de ces derniers à une hausse des taux d’intérêt est variable. Les secteurs « Value », qui présentent des primes de risque sur actions plus élevées, comme l’énergie, ont un historique général de surperformance en période de hausse des taux nominaux. Le graphique ci-dessus montre notre estimation de l’incidence, sur la performance attendue de chaque secteur, d’une hausse hypothétique de 0,5 % des taux nominaux américains : les secteurs de la finance et de l’énergie en souffriraient le moins, et celui des technologies le plus. Les secteurs de croissance (Growth) à plus forte valeur ajoutée, et à plus faible prime de risque sur actions, comme justement les technologie, sont plus sensibles aux taux d’intérêt en raison de leurs flux de trésorerie de long terme. Toutefois, avec des taux nominaux se maintenant dans une fourchette et des taux réels plus faibles, tels que les envisage notre scénario de base, il paraît peu probable qu’un catalyseur significatif se matérialise, qui provoquerait une transition durable de la Growth vers la Value – à la différence de ce qui a pu être observé durant les épisodes précédents de hausse de l’inflation.

La nouvelle relation qu’entretiennent l’inflation et les taux d’intérêt constitue l’un de nos thèmes d’investissement clés, que nous avons appelé le nouveau régime nominal et que nous présentons dans nos Perspectives globales pour 2021. Nos perspectives en matière d’inflation sont de nature structurelle, en raison des conséquences de la révolution conjointe des politiques fiscale et monétaire enclenchée en 2020, et de l’augmentation des coûts de production qui devrait procéder de la réorganisation attendue des chaînes d’approvisionnement mondiales – nous ne voyons donc pas ici simplement un choc d’offre externe, facteur traditionnel de pressions inflationnistes.

Il y a peu de chances que les anticipations d’inflation deviennent extrêmes comme dans les années 1970, et nous estimons plutôt que l’inflation de l’indice des prix à la consommation (IPC) américain devrait se situer dans une moyenne légèrement inférieure à 3 % entre 2025 et 2030. Ceci étant, il se pourrait bien que les investisseurs sous-estiment le potentiel de hausse de l’inflation. Si les points morts d’inflation – un indicateur des anticipations d’inflation basé sur le marché – ont crû depuis mars, ils sont cependant encore sensiblement inférieurs à nos attentes. Même si l’augmentation des pressions sur les prix que nous prévoyons s’avérait modeste, elle n’en constituerait pas moins un changement significatif par rapport à ce qui a été observé pendant les dernières décennies, au cours desquelles l’inflation s’était constamment située en dessous des objectifs des banques centrales. Cet écart, notable, entre nos attentes et le comportement du marché offre une opportunité d’investissement stratégique potentielle : les investisseurs pourraient ainsi commencer à positionner leurs portefeuilles stratégiques afin de se prémunir contre les risques – tout en tirant profit des opportunités – que présente le nouveau régime nominal.

Selon notre nouvelle analyse de l’inflation, les rendements nominaux vont être moins sensibles à la hausse de cette dernière ; en outre, ils sont aujourd’hui plus proches de leurs limites inférieures effectives. Pour ces raisons, la fourchette de rendement estimée devrait être plus étroite et, conséquemment, les corrélations négatives avec les actifs risqués devraient être moindres et le rôle protecteur des emprunts d’État nominaux au sein des portefeuilles remis pour sa part en question. L’association de la baisse des rendements réels et de la hausse de l’inflation accroît les anticipations de performance des obligations indexées sur l’inflation par rapport à celles des emprunts d’État nominaux ; elle conforte par là même notre choix de réduire nos détentions d’obligations nominales et de renforcer nos expositions aux titres indexés sur l’inflation.

En conclusion, le nouveau régime d’inflation devrait avoir des implications majeures pour les décisions d’allocation stratégique d’actifs : notamment, le coût sera élevé pour qui se trompera sur le niveau réel d’inflation et, également, pour qui fera une interprétation erronée de l’incidence de cette dernière sur les rendements nominaux et réels. Notre scénario de base nous incite à détenir davantage d’obligations indexées sur l’inflation et moins d’emprunts d’État nominaux. Le plafonnement des rendements obligataires nominaux nécessite que nous maintenions une allocation d’actions privilégiée plus élevée qu’elle ne le serait normalement dans un environnement inflationniste. Les investisseurs professionnels pourront obtenir plus d’informations sur les implications stratégiques du nouveau régime nominal en consultant les Perspectives de portefeuille que nous venons de publier.

Environnement de marché

Les actions mondiales ont atteint des sommets à la suite du lancement d’une campagne de vaccination contre la Covid-19 au Royaume- Uni et de la possible adoption d’un nouveau plan de relance budgétaire aux États-Unis. L’actualité positive relative aux vaccins a changé la donne au niveau des marchés : la sortie de crise est maintenant certaine, ce qui donne de fait une visibilité aux responsables politiques, aux ménages et aux entreprises pour préparer l’étape post-pandémique. Ceci étant, les chiffres décevants de l’emploi de ces dernières semaines ont mis en évidence l’existence de risques à court terme, dans un contexte de propagation du coronavirus aux États-Unis qui pourrait affecter la reprise économique en cours.

Thèmes d’investissement

1 Un nouveau régime nominal

  • La croissance devrait être plus forte et les rendements réels plus faibles à mesure que le redémarrage soutenu par l’arrivée des vaccins s’accélèrera et que les banques centrales limiteront la hausse des rendements nominaux – et ce même si les anticipations d’inflation augmentent. L’inflation aura des implications différentes de celles qui étaient les siennes auparavant.
  • La révolution macroéconomique engagée pour riposter au choc pandémique a pour effet que les rendements nominaux sont moins sensibles au risque d’une hausse de l’inflation que lors d’épisodes similaires précédents. Les actifs risqués devraient ainsi s’avérer plus performants que durant les périodes inflationnistes passées.
  • Les risques d’inflation à moyen terme semblent sous-estimés. D’une part, les coûts de production devraient augmenter en raison de la réorganisation des chaînes d’approvisionnement mondiales ; d’autre part, les banques centrales paraissent plus disposées à laisser les économies nationales s’emballer, avec une inflation supérieure aux objectifs qu’elles se sont fixés, afin de compenser une inflation chroniquement inférieure à la cible de par le passé. Ces institutions pourraient également être confrontées à des contraintes politiques plus importantes faisant obstacle à la lutte contre l’inflation.
  • Conséquences pour les marchés : D’un point de vue stratégique, nous sous-pondérons les emprunts d’État, privilégions les obligations indexées sur l’inflation et considérons que les actions sont soutenues par la baisse des taux réels. Sur une base tactique, nous adoptons une posture pro-risque, et marquons une préférence à l’égard des actions américaines et du crédit à haut rendement, ou « High Yield ».

2 Une mondialisation repensée

  • La pandémie a accéléré les transformations géopolitiques, et, notamment, l’apparition d’un ordre mondial bipolaire orchestré par les États-Unis et la Chine, et la réorganisation des chaînes d’approvisionnement mondiales vers une plus grande résilience mais aussi un accent moindre placé sur l’efficacité.
  • La rivalité stratégique entre les États-Unis et la Chine devrait perdurer, que sous-tendent principalement la concurrence et une dichotomie au sein du secteur des technologies. Les investisseurs doivent être exposés à ces deux pôles de la croissance mondiale.
  • Les actifs exposés à la croissance chinoise représentent aujourd’hui des détentions stratégiques de base, distinctes des expositions aux titres émergents. Une exposition accrue aux actifs exposés à la Chine est une nécessité pour qui veut obtenir des performances et une bonne diversification.
  • Les flux d’investissement vers les actifs asiatiques devraient être durables car de nombreux investisseurs mondiaux y sont encore sous-investis et le poids de la Chine dans les indices mondiaux va croissant. Les risques liés aux actifs exposés à la Chine comprennent des niveaux d’endettement chinois élevés, une éventuelle dépréciation du yuan et de possibles conflits entre les États-Unis et la Chine. Nous estimons néanmoins que les investisseurs devraient être largement récompensés de ces risques.
  • Conséquences pour les marchés : Sur le plan stratégique, nous privilégions une diversification sur la base des pays, ainsi qu’une exposition à la Chine supérieure à celle de l’indice de référence. Sur une base tactique, nous donnons la préférence aux actions émergentes, en particulier aux titres asiatiques hors Japon, et sommes sous-pondérés sur leurs homologues européennes et japonaises.

3 Des transformations exacerbées

  • La pandémie a accéléré des tendances structurelles préexistantes, telles que l’attention accrue portée à la durabilité, l’inégalité croissante au sein des pays et entre eux-mêmes, et la domination du commerce en ligne au détriment du commerce de détail traditionnel.
  • La pandémie a également attiré l’attention sur des facteurs liés à la durabilité qui étaient sous-estimés, et sur la résilience des chaînes d’approvisionnement.
  • Elle a aussi accéléré la dynamique des « grands gagnants », qui a conduit à la surperformance d’une poignée de géants technologiques ces dernières années. Cependant, les titres technologiques devraient faire face à des difficultés structurelles à long terme, et ce malgré la hausse de leurs valorisations.
  • La Covid-19 a accentué les inégalités au sein des pays, et également entre eux, en raison de la qualité variable de leurs infrastructures de santé publique – c’est particulièrement vrai pour les marchés émergents – et de leur accès hétérogène aux soins de santé.
  • Conséquences pour les marchés : Sur le plan stratégique, nous privilégions les actifs durables dans un contexte de préférence sociétale croissante pour la durabilité. D’un point de vue tactique, nous adoptons une approche dite « barbell », qui associe des actions de qualité à des expositions cycliques sélectionnées.

Point marché « Entre banques centrales, Brexit, Covid-19 et élection américaine »

Par Alexandre Baradez, Responsable Analyses Marchés d’IG France

 

Alors que la seconde vague de Covid-19 frappe de plein fouet la zone euro, les marchés tentent de résister aux craintes économiques, toujours largement soutenus par les banques centrales.

 

Entre les risques sanitaires, l’incertitude liée aux négociations sur le Brexit et l’ultimatum des démocrates aux républicains sur le plan de soutien économiques, la BCE a compris qu’il était nécessaire de rassurer les marchés financiers sur ses intentions. Sans oublier la dégradation des anticipations d’inflation moyen-terme en zone euro qui sont tombées ces derniers jours à leur plus bas niveau en 3 mois (proches de 1.10%), signe de l’inquiétude des investisseurs concernant la trajectoire de l’inflation et plus généralement de l’économie au moment où une large partie des pays européens adopte de nouvelles mesures de confinement partiel.

 

Plusieurs membres de la BCE se sont exprimés ces derniers jours et notamment Christine Lagarde qui a rappelé que la BCE n’avait « pas épuisé toutes les possibilités » de sa « boite à outils ». Elle fait écho aux propos de Gabriel Makhlouf la semaine dernière qui indiquait qu’aucune piste n’était écartée et que la BCE disposait d’une « importante boite à outils », ajoutant qu’il avait le sentiment que le Conseil des Gouverneurs allait devoir prendre de nouvelles décisions. Ce dernier précisant également qu’une baisse des taux ne serait pas l’instrument le plus approprié dans cette situation…laissant donc supposer que c’est le levier des achats d’actifs qui pourrait donc être intensifié.

 

Les marchés financiers sont donc tiraillés entre deux sentiments : celui de céder à la nervosité face au mur d’enjeux qui se dresse devant eux dans les jours qui viennent (négociations Brexit, deuxième vague Covid-19, résultats d’entreprises, négociations américaines sur le plan de relance économique, élection américaine) et celui d’épouser une nouvelle fois la communication des banques centrales qui ne semblent pas disposer à laisser se former le moindre épisode d’instabilité financière, aussi court soit-il.

 

Le CAC40 a réintégré le biseau de consolidation dans lequel il évolue depuis juin et duquel il est sorti par le bas en septembre mais également la semaine dernière. L’enjeu actuel consiste à déterminer si cette réintégration va se solder par un retour sur le haut de cette zone de consolidation vers 5100 points, ou plutôt si l’indice est en train de former progressivement un sommet depuis quelques mois, après le puissant rallye de mars à juin, avant une nouvelle phase de volatilité et donc une rechute temporaire avant la « vraie » phase de reprise haussière.

 

Cette question se pose sur la plupart des indices européens et américains : simple phase de consolidation après un gros rallye et précédant une sortie par le haut, ou sommet de moyen-terme en formation avant une nouvelle phase de stress ? (si l’hypothèse nouvelle vague de stress se matérialisait elle serait obligatoirement moins forte que celle de mars, traduisant surtout un mouvement de réplique après l’épicentre du stress au premier trimestre, sur fond de risque d’une rechute de la croissance au 4ème trimestre sous l’effet des mesures de confinement partiel).

 

Les mouvements des indices américains ces derniers jours sont assez liés à l’évolution des anticipations concernant le plan de soutien économique mais il est nécessaire de continuer à surveiller l’évolution des sondages nationaux. Même si Joe Biden devance toujours largement Donald Trump, on note un petit resserrement des pourcentages la semaine dernière et ce week-end. Ce n’est pas l’hypothèse la plus probable, mais si ce mouvement devait se renforcer dans les jours qui viennent, les marchés pourraient à nouveau « pricer » le scénario d’un scrutin serré avec risque de contestation du résultat et donc plus de volatilité à la clé.

 

L’indice de volatilité du SP500, le VIX, continue d’évoluer entre 25 et 30 depuis plusieurs semaines, la sortie de cette « zone » devrait donner le sens de la prochaine tendance pour les indices américains…et donc probablement aussi pour les indices européens.

« Cour Suprême, Covid au Royaume-Uni et stimulus aux US »

Par Vincent Boy, analyste marchés chez IG France – Point marché IG

Depuis début septembre, les indices mondiaux observent leur pire mois suite au rebond initié au mois de mars. Le sell off débuté le 3 septembre semble se poursuivre, après l’intervention de Jerome Powell qui a déçue les marchés, ainsi que dans l’attente de nouvelles mesures de soutien aux Etats-Unis.

 

En effet, les investisseurs se tournent maintenant davantage vers les élections présidentielles aux Etats-Unis, prévues dans 6 semaines et le risque grandissant face à la hausse des restrictions en Europe, du fait d’une nouvelle hausse du nombre de cas et d’hospitalisations liées aux coronavirus en Europe.

 

Ainsi, l’Europe et le Royaume-Uni tout particulièrement, seront surveillés avec attention. Certains pays de la zone économique ont en effet décidé d’augmenter les restrictions face au coronavirus. En Espagne, au Danemark et en France, une limitation du nombre de personnes pouvant se regrouper et la fermeture plus tôt de certains établissements, a été décidé dans certaines régions.

 

L’Irlande interdit les évènements ainsi que les diners en intérieur et le gouvernement des Pays-Bas a annoncé qu’il préparerait des mesures de restrictions plus importantes au niveau régional.

 

Au-delà de ces restrictions ciblées, le Royaume-Uni reste le plus surveillé avec le risque grandissant de voir un second confinement décidé à court terme. La semaine dernière le gouvernement annonçait que le nombre d’hospitalisations doublait tous les huit jours et il n’a pas su répondre aux questions des journalistes quant à la possible mise en place d’un second confinement.

 

Le Royaume-Uni devrait être surveillé encore d’avantage cette semaine avec la poursuite des discussions pour trouver un accord commercial avec l’Union Européenne, avant la fin de période de transitions, fin décembre prochain. L’Union Européenne et le Royaume-Uni ont encore trois semaines afin de trouver un accord et avoir le temps de le mettre en place avant la fin de l’année.

 

Bien que certaines avancées aient été réalisées sur le sujet de la pêche, la décision de Boris Johnson de voter une loi sur la frontière Irlandaise la semaine dernière, a fait ressurgir le risque d’un « No deal ». Cette idée, qui ne semble toujours pas déplaire au premier ministre Anglais, pourrait laisser le Royaume-Uni sans partenaire commercial privilégié, alors que l’épidémie de coronavirus devrait fortement impacter la croissance économique.

 

D’autant plus que la décision de Boris Johnson de violer le droit international, ne semble pas plaire aux deux candidats à l’élection présidentielle américaine et cela pourrait remettre en cause tout accord commercial avec la première puissance mondiale.

 

Du côté des Etats-Unis, nous serons attentifs à la poursuite des négociations au congrès, dans le but de trouver un accord sur le budget et ainsi éviter un nouveau « shutdown » au 1er octobre. Ce risque d’arrêt du financement de l’Etat pourrait permettre en revanche aux républicains et aux démocrates de trouver également un consensus sur la nouvelle enveloppe de soutien à l’économie et au peuple américain.

 

Le peu de soutien que le discours de Jerome Powell a apporté aux marchés financiers nous laissent également penser que le congrès pourrait trouver rapidement un accord en ce sens.

 

Aux Etats-Unis toujours, le décès d’une des juges de la cour suprême aux Etats-Unis devrait donner lieu à une certaine tension politique. Donald Trump souhaite nominer son successeur dès cette semaine alors que de nombreux membres du congrès, démocrates comme républicains, souhaitent attendre le résultat des élections présidentielles pour se décider.

Banques centrales et Brexit sous surveillance cette semaine

Vincent Boy, analyste marchés chez IG France

Les marchés financiers pourraient être une nouvelle fois sous pression cette semaine, après la forte volatilité constatée depuis le début du mois de septembre. En effet, de nombreux sujets pourraient conduire les investisseurs à la prudence avec notamment les banques centrales du Royaume-Uni, du Japon et des Etats-Unis, attendues sur leur politique monétaire cette semaine.

 

Par ailleurs les investisseurs seront attentifs aux discussions concernant le Brexit et les débats sur la loi controversée proposée par Boris Johnson la semaine dernière, qui doivent démarrer ce lundi. Si cette loi passait, cela pourrait remettre en cause l’accord signé l’an dernier, qui a permis aux deux blocs économiques d’officialiser la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne en janvier.

 

Pour revenir sur les banques centrales, la Fed mercredi sera surveillée avec attention concernant l’évolution de sa politique monétaire, alors que la dernière intervention de Jerome Powell lors du symposium de Jackson Hole faisait ressortir une modification de ses objectifs moyen terme.

 

Le président de la réserve fédérale suggérait lors de son discours, que la banque pourrait se concentrer davantage sur l’objectif de plein emploi plutôt que sur celui d’atteindre une inflation autour des 2%. Cette idée a été annoncée, alors que la politique monétaire ultra accommodante fait renaître le spectre d’une accélération de l’inflation dans les années à venir.

 

Cette modification d’objectif nous laisse également penser que la Fed devrait conserver une politique de taux très bas et poursuivre ses achats massifs d’actifs pendant plusieurs trimestres, voire plusieurs années. Nous serons ainsi attentifs aux précisions concernant ce changement d’objectifs qu’elle poursuit depuis maintenant plusieurs années. Le marché, qui a corrigé début septembre, semble toutefois rester solide et cela ne devrait pas encourager la Fed à suggérer une politique encore plus accommodante durant cette intervention.

 

D’autres informations pourraient en revanche soutenir le marché dans la semaine avec notamment la reprise des études sur le vaccin du groupe Astra Zeneca. La société avait annoncé une pause dans les recherches le 6 septembre dernier, après qu’un des patients ait contracté une maladie suite à l’injection de son vaccin. La reprise de l’étude devrait permettre aux marchés de se maintenir en ce début de semaine.

 

Du côté des entreprises, nous serons attentifs à l’évolution des discussions concernant les activités de TikTok aux Etats-Unis. Selon les dernières informations, la maison mère de la société pourrait favoriser un partenariat avec l’américain Oracle, plutôt qu’une vente de son activité sur le territoire. Le groupe espère ainsi éviter une interdiction d’exercer aux Etats-Unis.

 

La société de véhicule à hydrogène, Nikola devrait également être surveillée suite à la publication d’un rapport par Hindenbourg research sur une fraude complexe au sein de la société. Cette information semble être confirmée par Citron research et la direction de Nikola n’a pas convaincu les investisseurs lors de sa réponse à cette attaque, ce qui pourrait mener à une nouvelle semaine de baisse pour le cours de l’action.

 

Enfin, nous surveillerons la situation en Europe face au coronavirus, alors que le nombre de cas journalier progresse de façon inquiétante dans plusieurs pays de la zone économique, à l’image de l’Espagne ou de la France. Le premier ministre Français précisait d’ailleurs la semaine dernière que le pays aurait des décisions difficiles à prendre d’ici 8 à 10 jours, bien que celui-ci réfute tout nouveau confinement comme celui que nous avons connu en mars.

Rentrée nerveuse sur les marchés mondiaux à deux mois de l’élection américaine

Alexandre Baradez, Responsable Analyses Marchés chez IG France

Situation sanitaire, campagne électorale américaine, négociations Brexit, ralentissement de la reprise économique mondiale, multiples de valorisation, les sujets d’inquiétude sont nombreux pour les investisseurs en cette rentrée.

Dès la mi-août, des signaux contradictoires ont commencé à apparaître sur les marchés américains : la volatilité du SP500 et du Nasdaq 100 progressait en parallèle de la hausse des indices, ce qui est une situation assez inhabituelle. On a déjà vu par le passé des phase temporaires, de quelques jours, de hausse simultanée des indices actions et de leurs indices de volatilité ne débouchant pas forcément sur une correction, mais cette dernière phase a duré plus de deux semaines, alors même que les hausses du SP500 et du Nasdaq100 étaient très marquées.

La nervosité est clairement arrivée par le compartiment technologique, celui qui a le plus progressé depuis le creux de mars. La volatilité du Nasdaq100 vient d’atteindre son plus haut niveau depuis avril, le VIX (indice de volatilité du SP500) a quant à lui atteint 38, son plus haut niveau depuis mi-juin.

D’autres indicateurs sur le marché des obligations d’entreprises traduisaient déjà une baisse de l’appétit pour le risque de la part des investisseurs en août : la trajectoire des obligations à haut rendement, qui était très bien orientée en juillet, s’est tassée en août avant de corriger la semaine dernière. Et même les obligations en catégorie « investissement » ont commencé à baisser dès le début du mois d’août, sur fond de hausse des taux souverains.

Ce redressement des taux ces dernières semaines, certes modeste, peut traduire une forme de prudence de la part des investisseurs sur les prochaines interventions des banques centrales qui ont déjà déployé un arsenal très important de mesures pour assouplir les conditions financières et soutenir l’économie. Même si les discours monétaires restent accommodants, le timing des prochaines mesures est incertain, sachant que la Fed souhaite également voir de nouvelles mesures de soutien économiques aux Etats-Unis, qui n’arrivent pas pour l’instant en raison de négociations difficiles entre Républicains et Démocrates à deux mois des élections.

En Europe, la BCE reste vigilante comme l’a rappelé Philip Lane : l’institution ne cible pas un cours particulier pour la devise européenne…mais le cours de l’euro par rapport au dollar « importe ». Mais ce message, même s’il a un peu éloigné l’euro des 1.20$, a été parasité par celui d’Isabel Schnabel qui a indiqué qu’il n’était pas nécessaire d’ajuster la politique monétaire tant que la reprise économique évoluait selon le scénario de la BCE.

La prochaine réunion de la BCE sera donc à suivre avec attention pour voir quel consensus se dégage au sein du Conseil des Gouverneurs, notamment après le plus fort repli des prix en zone euro depuis 2016.

Il semble peu probable que les banques centrales fassent l’économie de nouvelles mesures d’ici la fin de l’année étant donné le ralentissement de la reprise économique observée en Europe et aux Etats-Unis. Comme en témoignent par exemple les derniers indices PMI en zone euro. Du côté des Etats-Unis, ce sont surtout les indices de confiance des consommateurs qui soulèvent les inquiétudes : aucun rebond d’ampleur n’est observé depuis des mois. Et la baisse des indemnités chômage vient alimenter cette inquiétude alors que l’économie américaine n’a récupéré que les moitiés des emplois détruits dans cette crise. Il manque encore 12 millions d’emplois pour revenir aux niveaux pré-Covid19…

La « bonne nouvelle » par rapport à cette dernière vague de volatilité sur les marchés actions, c’est que les indices européens résistent un peu mieux que les indices américains qui ont largement été tirés cet été par les valeurs de croissance de la « tech US ». A défaut d’une rotation nette entre les valeurs « growth » et « value », on peut se demander si une forme de rééquilibrage n’est pas en train de se produire au bénéfice des indices européens, moins exposés aux valeurs de croissance.

Difficile comme toujours de connaître la profondeur exacte de cette dernière vague de stress sur le CAC40 ou le DAX par exemple, mais cette vague de correction pourrait bien être la dernière avant qu’un rallye haussier plus solide ne se mette en place sur fond de reprise de l’activité au niveau mondial. Toute avancée significative sur le front sanitaire amputerait d’autant la volatilité. Il ne manquera plus qu’un signal technique, comme le franchissement des 5200 points sur le CAC40, pour que le momentum haussier ne s’installe à nouveau.

Stock picking : l’illusion du talent ?

Par Hugo Bompard, cofondateur et Directeur Scientifique de Nalo

Les meilleurs gérants du moment ne seraient-ils que quelques “chanceux” favorisés par les aléas des marchés financiers, et l’art du stock picking ne serait-il qu’un effet d’optique passager ? Tel est le point de vue défendu par de multiples Prix Nobel, et illustré par plusieurs décennies de surperformance de la gestion passive sur la gestion active.

Un pavé dans la mare

En 1973, l’économiste Burton Malkiel provoquait dans A random walk down Wall Street les professionnels du monde de la finance en affirmant qu’un “singe aux yeux bandés lançant des fléchettes sur les pages financières d’un journal pourrait constituer un portefeuille d’actions tout aussi performant que celui choisi par un expert”…

A priori comique, cette expérience de stock picking aléatoire était organisée quelques années plus tard par les collaborateurs du Wall Street Journal. Contre toute attente, le résultat donna raison à l’économiste américain. Comment est-ce possible ?

 

L’efficience des marchés

Par définition, le stock picking est un mode de gestion active dans lequel l’investisseur privilégie certaines actions d’entreprise par rapport à d’autres dans l’espoir de parvenir à battre le marché. Le stock picker achète alors les entreprises qu’il juge sous-valorisées afin de miser sur leur hausse, mais il peut également vendre à découvert les actions qu’il juge survalorisées afin de miser sur leur baisse.

A priori séduisante, cette stratégie d’investissement se heurte néanmoins à un obstacle de taille : l’efficience des marchés financiers.

En effet, selon cette théorie développée par le Prix Nobel Eugène Fama au début des années 70, toute l’information disponible à un instant est d’ores et déjà prise en compte dans les cours de bourse, et il est donc impossible de battre le marché autrement que par chance.

Et malheureusement, pour les adeptes du stock picking, cette théorie se confirme en pratique.

Sur le long terme, les portefeuilles gérés de manière active obtiennent en moyenne des résultats inférieurs à ceux obtenus par la gestion passive comme le démontrent les études SPIVA depuis 2002[1].

 

Primes de risque et frais élevés

Mais si le stock picking est inefficace, comment expliquer l’illusion entretenue par quelques gérants actifs ? La réponse nous est ici donnée par un biais statistique célèbre : le biais de survie.

En bourse, toujours selon les études SPIVA, plus de 90% des gérants actifs ne parviennent pas à battre le marché ; mais attention, cela ne revient pas forcément à dire que 10% y parviennent !

En effet, les 10% restant sont très vraisemblablement des “survivants statistiques”, autrement dit, des gérants ayant tout simplement eu de la chance à court terme, mais que le temps finira tôt ou tard par faire disparaître.

Pensant investir avec talent en exploitant des anomalies de marché méconnues, la plupart des stock pickers se contentent en fait tout simplement de se positionner sur des primes de risque, potentiellement rentables sur le court terme par chance, mais totalement inutiles en moyenne.

Et pour cause, sur les marchés financiers, une pratique spéculative telle que le stock picking est un jeu à somme nulle (où les gains de l’un sont mécaniquement les pertes de l’autre) ; un système stable que les frais prélevés transforment carrément en jeu à somme négative…

En effet, les efforts de recherche pour tenter de battre le marché ayant un coût important, les frais de gestion d’un portefeuille géré grâce au stock picking sont généralement bien plus élevés que ceux d’un portefeuille géré passivement. In fine, ces frais viennent donc sceller définitivement la sous-performance des gestionnaires actifs.

 

L’avènement de la gestion passive

Portée par ce constat d’inutilité des gérants actifs, la gestion passive connaît depuis quelques années un véritable boom avec la popularisation de produits financiers à faibles coûts tels que les fonds indiciels ou ETF.

Là où le stock picking s’échine à tenter en vain de détecter les meilleures opportunités de marché, la gestion passive cherche quant à elle à diversifier intelligemment ses investissements afin d’optimiser le couple rendement/risque tout en réduisant les frais de gestion au strict minimum.

Une approche quantitative permet alors de trouver la meilleure pondération possible pour chacun des titres composant le portefeuille afin de supprimer le risque spécifique (propre à chaque titre), et de n’avoir à supporter que le risque systématique (propre à l’ensemble du marché).

SUCCÈS DE L’INTRODUCTION EN BOURSE DE MUNIC SUR LE MARCHÉ EURONEXT GROWTH®PARIS

Augmentation de capital d’un montant de18,4M€1

Opération pouvant être portée à un montant maximum de 21,2M€2, en cas d’exercice en totalité de l’Option de Surallocation par cession d’actions existantes par les actionnaires actuels de la Société (les « Actions Cédées »)

Opération sursouscrite 1,4x

Prix de l’action fixé à 7,95€par action

Capitalisation boursière: 60,6M€

Début des négociations sur Euronext Growth® Paris le 10 février 2020

 

MUNIC (la «Société» ou «MUNIC»), spécialiste des technologies embarquées et de l’intelligence artificielle pour la valorisation des données automobile, annonce le succès de son introduction en Bourse et l’inscription prochaine aux négociations de ses actions sur le marché Euronext Growth®Paris (CodeISIN : FR0013462231 –Mnémonique : ALMUN).

La demande globale s’est élevée à 2744665 titres, dont 2470772 titres pour le placement global (le « Placement Global») et 273893 titres pour l’offre à prix ouvert (l’« Offre à Prix Ouvert»ou « OPO»), soit un taux de sursouscription global d’environ 1,4 fois3.

La demande enregistrée dans le cadre du Placement Global provient à la fois d’investisseurs français et internationaux.

Le Conseil d’administration de MUNIC a fixé le prix d’introduction à 7,95 € par action.

Constatant une demande supérieure à l’offre, le Conseil d’administration de MUNIC, a également décidé d’exercer la Clause d’Extension à hauteur de 100%.

Le nombre de titres émis dans le cadre de cette opération s’élève donc à 2314 465actions nouvelles (les « Actions Nouvelles») dont : •1282 939Actions Nouvelles souscrites en numéraire et ;

•1031 526Actions Nouvelles souscrites par compensation de créances issues i) du remboursement anticipé d’une partie d’un emprunt obligataire convertible émisen décembre 2019(nominal, intérêts courus et prime de non-conversionde 25% inclus)et ii) d’une avance en compte courant d’actionnaire consentie en septembre 2019.Au total, l’augmentation de capital représente un montant brut d’environ 18,4M€à laquelle vient s’ajouter la cession d’actions dans le cadre de l’Option de Surallocation pour un montant de 2,8 M€ portantl’opération à 21,2 M€.

Le nombre de titres alloués dans le cadre du Placement Global s’élève à 2387 741Actions, correspondant à un montant de 19M€. Sur l’Offre à PrixOuvert, 273 893Actions ont été allouées au public, soit un montant de 2,2 M€. Les ordres A1 (de 1 action jusqu’à 250 actions incluses) seront servis de l’ordre de 100% et les ordres A2 (au-delà de 250 actions) de l’ordre de 100%.1D

Dans le cadre de l’Option de Surallocation exerçable jusqu’au 6 mars2020 (inclus), les actionnaires actuels de la Société ont consenti à la société de Bourse Gilbert Dupont un engagement de prêt et un mandat de vente portant sur un nombre maximum de 347 169 actions existantes de la Société,soit un montant maximum d’environ 2,8M€4.

À l’issue de cette opération, le capital social de MUNICest désormais composé de 7620 653actions, ce qui représente une capitalisation boursière de 60,6M€ sur la base du prix d’introduction en Bourse. Le flottant représente 16,8% du capital de la société. L’exercice éventuel de l’option de surallocationsera sans incidence sur la capitalisation boursière dans la mesure où elle ne porte que la cession d’actions existantes.

Aaron SOLOMON, Président-Directeur général et cofondateur de MUNIC, déclare :« Nous tenons à remercier vivement les investisseurs institutionnels et individuels qui nous ont fait confiance en participant à notre introduction en Bourse. Nous remercions également notre actionnaire historique Grandis-Lux pour son soutien renouvelé à cette occasion. Avec cette levée de fonds, nous dotons MUNIC des moyens financiers nécessaires à la mise en œuvre de sa stratégie de croissance avec l’objectif de réaliser 100 M€ de chiffre d’affaires à l’horizon 2023. MUNIC souhaite s’appuyer sur ses technologies pour conquérir de nouveaux clients, servir de nouveaux usages et ainsi s’imposer comme l’un des acteurs de référence en matière de données automobile en Europe et aux États-Unis.»

Le règlement-livraison de l’OPO et du Placement Global est prévu le 7 février 2020et les actions seront admises à la négociation sur le marché d’Euronext Growth® Parisà compter du 10 février 2020, en cotation continue, sous le code ISIN : FR0013462231et le mnémonique : ALMUN.

Les actions MUNIC peuvent être incluses au sein d’un PEA-PME. Il est rappelé que le PEA-PME bénéficie des mêmes avantages fiscaux que le PEA classique et est soumis aux mêmes règles de fonctionnement.Il est envisagé qu’un contrat de liquidité soit mis en place à l’issue de la période de stabilisation. Sa mise en place fera l’objet d’une information du marché le moment venu, conformément aux exigences légales et réglementaires applicables.

 

 

1-Dont 8,2 M€ par compensation de créances

2-Incluant 2,8 M€ de produit de cession d’actions existantes par les actionnaires actuels de la Société

3-Sur la base de l’offre initiale : placement global et offre à prix ouvert, hors clause d’extension et option de surallocation

 

Une cigale, une fourmi, si l’Europe de l’Est m’était contée ?

Par Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement et Nikolay Markov, économiste sénior chez Pictet Asset Management

Après une année plutôt solide, les pays d’Europe centrale et de l’Est devraient voir leur économie fortement marquer le pas. La croissance hongroise devrait notamment reculer de presque 2% *. L’essoufflement allemand pèse, mais des facteurs purement locaux sont à l’œuvre. Faisons un tour à l’Est.

Hongrie : Le policy mix de l’extrême

La banque centrale hongroise mène une politique extraordinairement accommodante. Alors que l’inflation sous-jacente est restée proche de 4%, l’institution a maintenu son taux directeur à 1% tout au long de l’année 2019. Soit 3% de taux réels négatifs !!!2

Ce n’est pas tout. La banque centrale procède à un assouplissement quantitatif massif. Lancé en début d’année, le programme «Funding for Growth Scheme Fix» a été complété par le «Bond Funding for Growth», programme de plus de 300 milliards de forints de prêts aux petites et moyennes entreprises hongroises1. A cette occasion, les taux des prêts sont passés de 11% à 6%2 . Cette politique non conventionnelle a largement favorisé le crédit.

Hongrie : inflation sous-jacente et taux directeur

 

 

Source: Pictet Asset Management, CEIC, Refinitiv

 

Cette politique soutient la croissance et assainit les finances publiques. En effet, le déficit budgétaire s’est nettement résorbé, pour s’approcher de 2% en 20192. En conséquence, le ratio de dette sur PIB s’est effondré, de 80% en 2011 à 65% en 20192.

 

Hongrie : ratio de dette sur PIB

Source: Pictet Asset Management, CEIC, Refinitiv

 

La croissance hongroise devrait pourtant tomber de 4,7% à 2,9% en 2020, et ce pour deux raisons1. D’abord, l’activité économique ayant commencé à s’affaiblir au deuxième semestre, l’effet de base sera pénalisant. D’autre part, le repli économique mondial continuera de peser sur les exportations. L’impact direct du ralentissement allemand sur les exportations devrait notamment représenter 0,3% du PIB hongrois1

 

Hongrie : part des exportations vers les principaux partenaires

 

Source: Pictet Asset Management, CEIC, Refinitiv , décembre 2019

 

Pologne : La consommation dopée par la politique familiale

La Pologne affiche l’un des taux de fertilité les plus bas d’Europe. La réforme «Famille 500+», votée en 2016, vise à remédier à ce problème. Les ménages polonais reçoivent une prime de 120 euros par mois dès le deuxième enfant, même si celui-ci est né avant la réforme. Le programme couvre aujourd’hui 55% des mineurs et représente une hausse du salaire brut de 12%3.
Conjugué à un chômage très faible et à une politique monétaire, ce programme largement soutenu la consommation.

Pologne : taux de chômage

Source: Pictet Asset Management, CEIC, Refinitiv

 

Il convient par ailleurs de noter que la Pologne a volontiers accepté l’immigration ukrainienne. On compterait environ 400 000 ukrainiens sous contrat officiel4. Selon la Banque mondiale, l’Ukraine reçoit de ses compatriotes exilés des versements équivalents à 11% du PIB ! 4 Ces nouveaux arrivants ont probablement permis de contenir l’inflation salariale. Ainsi, malgré une consommation très solide, l’inflation sous-jacente s’est stabilisée. Et la banque centrale a maintenu une politique très accommodante. Ceci n’est peut-être pas durable. Selon des observateurs, l’immigration ukrainienne vers la Pologne a ralenti au cours des derniers trimestres, au profit de l’Allemagne.

 

A l’instar de la Hongrie, la Pologne devrait voir sa croissance se tasser en 2020, sous l’effet du ralentissement économique mondial et en particulier du recul de l’activité allemande. La guerre commerciale continuera en outre de peser sur les investissements. Et enfin, si l’inflation repartait à la hausse, la banque centrale pourrait adopter une politique moins accommodante.

 

Roumanie et République Tchèque : La Cigale et la Fourmi

Parmi les quatre pays de l’Europe centrale et orientale (PECO), la Roumanie est le plus vulnérable. Sa croissance économique relativement élevée est essentiellement attribuable à une politique monétaire ultra-accommodante et à une hausse significative du salaire minimum en 2018.

 

La dette publique croît en outre de façon inquiétante. Entre 2006 et 2019, le ratio dette publique/PIB a doublé pour atteindre 45%. Depuis 2015, le compte courant se dégrade, le déficit s’étant établi à -4% du PIB au dernier trimestre.

Nous tablons sur une forte baisse de la croissance roumaine, qui devrait passer de 3,9% à 2,4%, et maintenons un biais négatif en cas de dégradation de la situation économique mondiale1.

 

Hausse des salaires nominaux des quatre principaux PECO

Source: Pictet Asset Management, CEIC, Refinitiv

 

La République tchèque est quant à elle la fourmi de la fable. Elle mène des politiques monétaire et budgétaire restrictives. Pour faire face à la hausse de l’inflation, la banque centrale a fortement augmenté ses taux, de presque 3% depuis 20172.

Le ralentissement de la croissance du pays a mis à mal ses finances publiques, sans toutefois empêcher l’amélioration continue du ratio dette/PIB, lequel avoisine désormais 30%1. Après une nette détérioration des échanges à l’échelle mondiale, la balance commerciale du pays s’est redressée pour atteindre 3% du PIB2.

La République tchèque devrait voir sa croissance ralentir parallèlement à celle de l’économie mondiale, quoique dans une moindre mesure que ses voisins.

 

République Tchèque : balance commerciale en pourcentage du PIB

Source: Pictet Asset Management, CEIC, Refinitiv

 

Le point de vue des gérants du fonds Pictet-Emerging Europe

Nous privilégions la sélection de valeurs et de secteurs.

Pour exemple, la croissance polonaise a essentiellement été tirée par le secteur de la consommation, et nous l’avons privilégié. Le secteur affiche une performance très supérieure à celle de l’indice comme le montre le graphique ci-dessous.

En revanche, les banques polonaises ont été alourdies par les litiges concernant les prêts hypothécaires en francs suisse. Les décisions des tribunaux européens et polonais risquent fort d’avantager les clients, ce qui aurait un impact négatif significatif sur les profits du secteur bancaire. Le fonds est resté sous-pondéré sur le secteur financier tout au long de l’année. L’ensemble des stratégies mises en place sur le fonds lui permettent d’afficher une surperformance très importante depuis le début de l’année 2019.

 

Marché des actions polonaises : performances en 2019

 

Source: Bloomberg, du 01/01/2019 au 29/11/2019

Actions américaines : L’ombre de la récession en passe de se dissiper

Par Nadia Grant, responsable marché actions américaines de Columbia Threadneedle Investments

Quelles perspectives en 2020 alors que les Etats-Unis et la Chine ont signé un nouvel accord commercial.

 

Actions américaines : L’ombre de la récession en passe de se dissiper

Après trois mois de vif repli sur les marchés mondiaux, le risque de récession dominait les premières semaines de 2019. Mais pour nous, cette menace n’était pas une évidence. Les marchés tablaient sur un ralentissement que nous ne percevions pas dans les chiffres ; c’était donc le bon moment pour investir dans les actions américaines : la volatilité était à nos yeux trop élevée et les actifs trop bon marché.

La trajectoire de cours nous a donné raison, même si son ampleur nous a pris de court. En mars, l’indice S&P 500 avait gagné environ 21% par rapport à son plus bas, tandis que deux motifs de crainte pesant sur le sentiment commençaient à se dissiper. Tout d’abord, en décembre les Etats-Unis et la Chine ont mis leurs hostilités commerciales en veilleuse, puis en janvier, le président de la Fed Jerome Powell annonçait un revirement dans sa politique monétaire : après avoir relevé les taux en décembre, il se déclarait le mois suivant prêt à les abaisser.

Le rebond s’essouffle

Mais le vif rebond des actions américaines observé au premier trimestre s’est peu à peu étiolé et la menace récessionniste a fini par reprendre le dessus. En juillet, peu après la première baisse des taux de la Fed, la crainte d’un ralentissement s’est intensifiée et certains segments de la courbe des taux américaine se sont inversés, ce qui est traditionnellement considéré comme un signe de récession. Mais encore une fois, nous pensons que cette crainte était exagérée. Elle n’était de fait pas corroborée par les autres indicateurs, notamment l’emploi, le marché du logement et les spreads de crédit. Nous estimions que cette inversion reflétait surtout le resserrement monétaire de la Fed en 2018 sur la partie courte de la courbe et que le pouvoir prédictif de la partie longue était moins évident que ce que beaucoup ne pensaient.

Les autres faits marquants de l’année, que nous n’avions pas anticipés – et qui ont nourri le thème de la récession au second semestre – ont été l’apparition d’une récession industrielle concomitante à un retournement du cycle de stocks, aggravée par la guerre commerciale et la vigueur du dollar en découlant, la grève chez GM et la crise affectant les Boeing 737 Max.

Ralentissement du cycle manufacturier

La contraction de la production manufacturière et industrielle survenue en 2019 est la troisième à laquelle nous assistons au cours du cycle économique actuel, après les replis de 2011-2012 et de 2016. Le dernier recul était clairement dû à la vigueur du dollar, à la guerre commerciale sino-américaine et au double impact de la grève chez GM et de l’immobilisation des Boeing 737 Max. Bien que le conflit commercial ne soit toujours pas résolu, nous pensons que le creux du cycle des stocks est proche.

Les entreprises du S&P 500 ont revu à la baisse leurs prévisions de bénéfices ; certaines d’entre elles ont même manqué des objectifs pourtant rabotés. Le secteur de l’énergie, par exemple, accuse pour l’heure une baisse de 27% de ses bénéfices 2019. Naturellement, la crainte que le marché américain puisse entrer dans une phase de contraction des bénéfices – ce qui, historiquement, a toujours coïncidé avec une récession de l’économie – ne pouvait que s’amplifier. Ce tableau se voyait toutefois déformé par des questions affectant spécifiquement certaines sociétés pesant lourdement dans les indices, notamment Facebook et Google, qui ont toutes deux connu une augmentation de coûts exceptionnelle plombant temporairement leurs bénéfices.

Une image plus rose qu’il n’y paraît

A bien y regarder, la croissance médiane des bénéfices était nettement meilleure que ne le suggère l’indice et la croissance des revenus se maintenait à un bon niveau, les entreprises tournées vers le marché intérieur affichant des performances très satisfaisantes. Ce contexte de pessimisme excessif n’a pas entamé notre optimisme et nous avons conservé nos positions.

En ce qui concerne 2020, nous voyons la croissance bénéficiaire renouer avec un rythme tendanciel à long terme de 5-7%, voire plus si un accord commercial de fond est conclu avec la Chine. La croissance du PIB devrait selon nous ralentir pour passer de quelque 2,2% cette année à environ 1,8%, en ligne avec sa tendance historique. Bien que le S&P 500 ait gagné environ 23% au cours des 12 derniers mois, le PER prévisionnel se situe à un écart-type de sa moyenne historique à long terme, en demeurant toutefois dans la limite supérieure.

Chine : détente probable sur fond de tensions commerciales persistantes

Quoi qu’il en soit, les élections présidentielles de novembre restent l’une des principales sources d’incertitude. Dès lors que le président sortant tient à ce que sa campagne se déroule dans un contexte économique positif, un apaisement de la guerre commerciale avec la Chine est très probable ; toutefois, nous pensons qu’il ne faut pas trop compter sur un accord de fond à long terme. Les tensions commerciales devraient persister, vu les considérations géopolitiques qui, à Washington, en font une question bipartite.

La course à l’investiture démocrate pourrait réserver quelques surprises. Si la candidate radicale Elizabeth Warren était choisie et élue, elle pourrait être confrontée à un Congrès divisé et ne serait pas en mesure de mettre en œuvre certaines politiques très controversées comme le régime Medicare pour tous. En revanche, une réglementation plus stricte de la finance et des grandes entreprises technologiques resterait possible.

Sur le plan sectoriel, nous prévoyons un rebond du secteur manufacturier qui fera oublier le creux du cycle des stocks de cette année, le troisième depuis la crise financière. Par ailleurs, comme il devient évident que le régime Medicare pour tous n’est pas à l’ordre du jour, il existe un potentiel de revalorisation dans les soins de santé. Nous identifions en outre un potentiel de gains important du côté des grandes valeurs technologiques au vu des investissements considérables réalisés par Facebook et Google.

Les entreprises « zombies », le retour !

Par Christophe Morel, chef économiste – Groupama Asset Management

Le terme d’entreprise « zombie » est apparu dans les années 80 lors de la crise immobilière et financière du Japon : des compagnies pu se maintenir en activité grâce à l’octroi par des banques elles-mêmes en difficulté, de prêts à des taux d’intérêt trop faibles.

Aujourd’hui, les politiques monétaires post-Grande Récession contribuent sensiblement à la zombification des entreprises.

Selon sa définition usuelle, une entreprise « zombie » est une société d’au moins 10 ans d’âge, dont le revenu opérationnel est insuffisant pour couvrir les charges d’intérêt pendant au moins 3 années consécutives. Pourquoi convoquer ce concept, aujourd’hui ? L’évolution de la santé des sociétés au cours des dernières décennies impose tout simplement les constats suivants : dans les pays développés, la proportion des entreprises insuffisamment profitables a augmenté de 2% à la fin des années 80, à 16% aujourd’hui, selon la mesure pondérée par les PIB. Cette « zombification » accrue concerne davantage les grandes entreprises, les plus anciennes et celles opérant dans des pays anglo-saxons.

Un symptôme souligne particulièrement la zombification de l’économie : le processus schumpetérien de « destruction créatrice » est dévoyé. La Grande Récession de 2008 a été violente par la baisse des marchés actions et l’ampleur de l’ajustement cyclique. Pour autant, le nombre de faillites n’a pas été exceptionnel au regard de l’« exceptionnalité » de la crise. Le processus de destruction créatrice a donc peu opéré. La tendance baissière du taux de destructions d’entreprises se poursuit d’ailleurs aux États-Unis. La tolérance collective nulle à la perte et aux restructurations a favorisé l’endettement des entreprises.

Déstructuration du « prix » du risque

 

Le débat reste vif sur les conséquences des politiques monétaires ultra-accommodantes des banques centrales, entre d’une part, les effets à court terme positifs sur la conjoncture et d’autre part, les impacts négatifs à long terme sur l’allocation du capital et la productivité. En ce qui concerne la santé des entreprises, il faut bien admettre que ces mesures ont contribué à la baisse de la discrimination financière et in fine au fameux processus de zombification. De façon globale, la forte disponibilité du crédit assurée par les banques centrales provoque des booms financiers, avec une reflation des actifs et une hausse de la prise de risque.

Dans le cas des politiques monétaires non conventionnelles, les banques centrales acquièrent des dettes d’entreprises de façon « passive », avec une moindre discrimination : cela s’exprime au travers de modèles de valorisation des spreads de crédit, très en-deçà de leur valeur « d’équilibre ». Dit autrement, les fondamentaux (endettement, conjoncture) ne permettent pas de justifier les niveaux actuels de spreads, ce qui témoigne de l’influence des interventions des banques centrales sur le prix du risque.

En théorie, la baisse des taux d’intérêt devrait réduire le poids des entreprises zombie en comprimant les services de la dette, et ce faisant soutenir l’ICR*. Pour autant, nous observons le phénomène inverse, la zombification s’est amplifiée – et cela est vérifiable statistiquement – au fur et à mesure de la baisse des taux d’intérêt ces dernières années. La Banque des Règlements Internationaux a d’ailleurs démontré en 2018, que la baisse des taux contribuait fortement à la zombification de l’économie, pour un facteur d’un cinquième !

Les « zombies » tuent la création d’entreprises, l’innovation et la productivité

 

Quelles conséquences produit la zombification ? Celle-ci pèse sur la productivité et l’investissement    En 2017, l’OCDE estimait qu’une hausse de la part des entreprises zombie de 3% provoquait une baisse de la productivité du travail dans l’industrie de 1%. Dans la mesure où une entreprise zombie est moins productive que les autres, la hausse du nombre d’entreprises zombies contribue mécaniquement à la baisse de la productivité globale. De plus, en « accaparant » des ressources, la survie des entreprises zombies freine l’émergence de nouvelles sociétés plus productives : les faillites permettaient la régénération du bassin d’entreprises en laissant place à de nouvelles créations entrepreneuriales et à davantage d’innovation.

Le véritable enjeu du maintien en vie de telles entreprises est l’arbitrage entre le coût social à court terme et le gain de productivité, d’emplois à long terme. Évidemment, les politiques monétaires de la dernière décennie ont soutenu la conjoncture et évité un coût social sans doute très important. Andrew G.Haldane, Chef-économiste de la Banque d’Angleterre a démontré que, si la banque centrale britannique n’avait pas abaissé son taux directeur de 4,25% à 0,25% durant la crise, cela aurait provoqué 10% de faillites supplémentaires, un gain sur la productivité de 1 à 2% mais un coût d’environ 1,5 million d’emplois. Cependant, avec la baisse de l’efficacité des politiques monétaires dont la marge de manœuvre s’est réduite et des taux d’intérêt durablement bas, les effets positifs à court terme peuvent devenir marginaux tandis que les coûts à long terme, prennent davantage d’importance, impactant des secteurs clés pour l’économie.

En conclusion, par ce phénomène de zombification, la fragilité et l’endettement accrus des entreprises appelleront sans doute un réflexe d’amplification de l’ajustement conjoncturel, en cas de retournement de cycle à la baisse. Mais surtout, la zombification est un argument convaincant en faveur du recours à moins de politique monétaire et à davantage de mesures budgétaires, pour qu’enfin les politiques économiques puissent réanimer l’investissement productif et la productivité.

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*Interest Coverage Ratio : ratio de couverture des frais financiers par le résultat d’exploitation

LES INVESTISSEMENTS ALTERNATIFS SONT-ILS LA SOLUTION ADÉQUATE POUR LA PROCHAINE PHASE DU CYCLE ?

Par Michael Ho, Responsable mondial de la gestion Multi-Asset et alternative – Janus Henderson

De nombreux investisseurs se demandent si le moment est venu de renforcer leur allocation aux investissements alternatifs. Il est selon nous prudent de vraiment chercher la diversification, mais pour Michael Ho, choisir la bonne option nécessite une grande rigueur.

Ces 15 dernières années, les investissements alternatifs ont vu leur popularité
croître auprès des investisseurs. Selon une enquête récente de BCG
Consulting Group, les actifs sous gestion des investissements alternatifs
enregistrent une croissance plus soutenue que les autres catégories
d’investissement, à l’exception des gestions passives. Cette enquête montre
également que ce seront probablement les investissements alternatifs liquides,
les infrastructures, la dette privée et le capital-investissement qui profiteront le
plus de la croissance anticipée des investissements alternatifs. Les
investisseurs semblent de plus en plus nombreux à associer une allocation
stratégique aux gestions passives et une allocation secondaire aux sources
d’alpha, via essentiellement les investissements alternatifs.
Compte tenu de l’hétérogénéité de ces derniers, les questions des clients
portent souvent sur leur potentiel de diversification par rapport aux classes
d’actifs traditionnelles. Ils s’intéressent également aux stratégies de
performance absolue, aux bienfaits des investissements alternatifs en fin de
cycle économique et les instruments les mieux adaptés aux conditions à venir.
Nous allons essayer de répondre à certaines de ces questions.

 

La sélectivité, une nécessité
Lorsqu’on analyse les avantages des
investissements alternatifs, il faut avoir
conscience de son manque
d’homogénéité. Aucune approche globale
ne fonctionne et il faut s’abstenir de faire
des généralisations. Actuellement, dans
son ensemble, la catégorie des
investissements alternatifs n’est pas
attractive. Ce constat s’appuie sur plus de
25 années de performances du secteur
des hedge funds, synonyme de gestion
alternative pour de nombreux
investisseurs. Selon les données
statistiques, les performances ont diminué
sur la période, avec un alpha estimé
actuellement à -2 % par an. Tendance
encore plus négative, plus de 90 % des
variations des performances (leur principal
catalyseur) s’explique par une exposition à
l’indice S&P 500®.
1
Ce qui montre que les
hedge funds, pris dans leur globalité, ne
delivrent pas actuellement les sources de
diversification pour lesquelles ils étaient
utilisés auparavant.
Selon nous, les investisseurs peuvent
profiter des stratégies alternatives
exposées à diverses primes de risque
alternatives et stratégies de hedge fund,
plutôt que de s’appuyer uniquement sur
le bêta des actions. Sur le long terme, les
investissements alternatifs devraient
afficher une exposition nette aux marchés
actions et obligataires proche de zéro.
Le capital-investissement
est-il mal compris ?
Le capital-investissement peut-il être la
solution ? Là-encore, nous pensons que
cette classe d’actifs n’offre pas la
diversification et l’alpha auxquels elle est
généralement associée. L’un des

principaux obstacles est le lissage des VL
lié à la fréquence limitée des évaluations
au prix du marché des participations des
portefeuilles. Dans une enquête récente,
l’université Brigham Young2

s’est penchée
sur les transactions du marché
secondaire pour mieux cerner les sources
de performance. Elle a montré que le
capital-investissement générait un bêta
actions élevé (supérieur à 1) et un alpha
faible (non statistiquement différent de 0).
Les performances totales élevées
généralement associées aux
investissements dans le private equity et
les fonds de LBO s’expliquent par un
levier d’endettement très important, d’où
le niveau élevé du bêta action.
Connaissez vos sources de
performance
Toutes ces caractéristiques ne sont pas
nécessairement négatives. L’intérêt des
investissements alternatifs tient surtout à
leur diversité et à l’existence de gérants
ayant démontré leur capacité à générer de
l’alpha. Les indices HFRI (Hedge Funds
Research®) montrent qu’une approche
reposant sur un bêta action plus faible
(moins de 25 %) peut porter ses fruits.

De nombreuses stratégies à faible bêta
action adoptent un style de gestion
« relative value » ou macro. Il est
rassurant de constater que les gestions
reposant sur des expertises spécifiques
existent encore et, si la volatilité
augmente comme prévu en 2020, les
investisseurs pourraient largement
bénéficier de ce type d’approche.
Un marché baissier est-il
possible en 2020 ?
Pour notre part, nous nous intéressons aux
facteurs structurels pour identifier les
anomalies de valorisation du risque. En
2020, nous pensons que cette fin de cycle
va rendre vulnérables les marchés aux
chocs potentiels, en particulier pour le
secteur privé, et certaines dynamiques de
marché à l’œuvre pourraient pénaliser les
classes d’actifs traditionnelles.
Après la crise financière mondiale, les
multiples de valorisation des actions
(ratios cours-bénéfices) avaient fortement
augmenté, tout comme l’endettement des
entreprises. Ces évolutions n’étaient que
la conséquence des volumes
gigantesques de titres rachetés par les

entreprises. Ces dernières sont en
effet les plus gros acheteurs d’actions
américaines depuis 2009 (3 600
milliards de dollars), selon Bank of
America Merrill Lynch Research3
(cf. Graphique 2).
Et c’est grâce à la faiblesse des
rendements obligataires que les
entreprises ont pu accroître à moindre
frais leur levier financier. Extrapoler cette
tendance en 2020 pose deux types de
risque. Premièrement, les rendements
réels des titres à 10 ans ont déjà atteint
leurs plus bas historiques et intègrent un
scénario de croissance extrêmement
négatif. Ces rendements sont selon nous
trop faibles et aucune raison ne justifie

leur maintien en territoire négatif sur le
long terme, sauf au Japon.
Deuxièmement, les marges bénéficiaires
des entreprises sont déjà au plus haut et
commencent à s’effriter. Ces deux
facteurs pourraient compliquer les futurs
rachats d’actions.
Nous pensons qu’un marché baissier peut
se concrétiser lorsque les investisseurs
prennent vraiment conscience que la
croissance des bénéfices par action (BPA)
des dernières années a été alimentée par
ces opérations de rachat. Si ce
mécanisme était ralenti par l’augmentation
des coûts de financement des entreprises
et la baisse de leurs marges, nous
pourrions rapidement être confrontés à

une dynamique de marché baissière, en
totale opposition avec le cycle favorable
des dix dernières années. Si l’on ajoute à
cela le potentiel de performance limité des
marchés obligataires, les investisseurs
pourraient décider de s’affranchir des
classes d’actifs traditionnelles. Dans ce
contexte, les investisseurs ont tout intérêt à
combiner des sources de performance
diversifiantes, mais ils doivent comprendre
parfaitement la source de performance
exploitée par leur gérant et savoir à quoi
s’attendre en cas de tensions sur les
marchés. Cette approche, qui semble tout
indiquée dans la phase actuelle du cycle
économique, porte également ses fruits
sur le long terme.

 

Stratégie de performance absolue – une approche toujours valide ?

Pour beaucoup, les stratégies de performance absolue n’ont
pas tenu leurs promesses depuis la crise financière mondiale.
Cela est dû en grande partie aux performances élevées et
régulières générées par l’indice S&P 500 et la faible
dispersion des rendements boursiers. Les actions ont été
soutenues par les politiques monétaires non-conventionnelles
instaurées en 2009 et interrompues progressivement en 2018.
Ces politiques ont initié une période marquée par des
performances aussi régulières que dans les années 1990
(cf. Graphique 1). Dans cet environnement, compte tenu de
la capacité de la gestion passive à générer des niveaux de
performances deux fois plus élevées que les niveaux de
volatilité, pourquoi voudrait-on investir ailleurs ?

Le danger tient à une extrapolation indéfinie de cette
approche. L’histoire montre que les investissements passifs
les plus élémentaires peuvent connaître des épisodes
violents de volatilité. Les événements de 2008 et de 2000-
2002 se sont révélés extrêmement douloureux, en particulier
pour les retraités. Lors des périodes qui ont suivi ces crises,
les retraités qui étaient investis uniquement en actions ont
subi des pertes nominales sur 5 ans (cf. Graphique 1).
Aujourd’hui, la situation est exacerbée par le vieillissement
démographique dans les pays développés. Compte tenu de
l’augmentation des retraités, la société tout entière devient
de plus de plus sensible aux pertes en capital et les
conséquences potentielles pourraient être très marquées.

 

 

Il est important de ne pas se laisser duper par l’assouplissement des conditions monétaires des dix dernières années et son impact sur les performances des classes d’actifs. Un portefeuille associant diverses sources de performances, via une stratégie de performance absolue spécifique ou via des investissements alternatifs ou multi-assets, pourrait se révéler bénéfique dans le contexte de faible croissance qui se profile.

 

GRAPHIQUE 2 : LES RACHATS D’ACTIONS SOUTIENNENT LES GAINS

Les entreprises sont les plus gros acheteurs d’actions depuis 2009, ce qui a entraîné une augmentation des ratios cours/bénéfices et du levier financier. Cependant, avec l’augmentation probable des coûts d’emprunt et la baisse des marges bénéficiaires des entreprises, les rachats d’actions pourraient ralentir à l’avenir.

 

Quelles sont les attentes des investisseurs pour 2020 ?

Par Petter von Bonsdorff, Directeur du Développement International chez Evli Fund Management Company Ltd.

Quelles seront les tendances en matière d’allocation? quelles sont les convictions d’Evli pour 2020 ?

 

2020 sera plus favorable aux actifs risqués

En 2019, la tendance en termes d’allocation était de délaisser les actions au profit d’actifs moins risqués. En effet, l’actualité n’a pas été très encourageante pour les investisseurs, et la méfiance généralisée sur les marchés a laissé de nombreux budgets de risque sous-utilisés. Compte tenu de la faible volatilité actuelle et de l’amélioration des attentes vis-à-vis des marchés, les investisseurs semblent aujourd’hui trop prudents.

Néanmoins, avec des taux qui resteront bas, nous prévoyons en 2020 un retour des flux d’investissements vers les actifs risqués comme les actions, les obligations corporate, le High Yield et l’immobilier. Cette année, le besoin de rendement sera donc encore plus prononcé et pourrait notamment annoncer une reprise des actions value, en particulier en Europe.

 

Une forte conviction sur l’Europe et les obligations corporate nordiques

La récession tant attendue et anticipée dans cette partie du système solaire ne s’est finalement pas réalisée sur les marchés. Cette récession tant redoutée a par contre eu un impact sur les investisseurs qui restent aujourd’hui encore prudents, ce qui constituera certainement pour eux une source de sous-performance en 2020.

En Europe, de nombreux actifs ont anticipé plus de peur que de mal, ce qui devrait générer des opportunités à exploiter cette année. L’Europe doit en effet être considérée comme une zone d’investissement en 2020, comme le souligne par ailleurs la situation macroéconomique. Les investisseurs sur le segment High Yield aux Etats-Unis devraient par exemple jeter un coup d’œil sur le High Yield européen qui leur permettrait de couvrir le risque de change et de bénéficier d’un rendement beaucoup plus élevé avec une moindre volatilité. De même pour les investisseurs sur les marchés émergents qui devraient s’intéresser aux valeurs intrinsèques sur les marchés actions européens.

Par conséquent, pour 2020, Evli défend une forte conviction sur les obligations corporate et les actions européennes. En effet, la meilleure combinaison du couple rendement/risque, de conditions macroéconomiques stables et de valorisations attractives se trouve aujourd’hui sur les obligations corporate émises par les sociétés nordiques. Avec 20 ans d’expérience sur cette classe d’actif à travers le fonds Evli Corporate Bond, Evli devrait ainsi apporter aux investisseurs tout ce dont ils auront besoin pour réussir cette nouvelle année.

 

A propos d’Evli Fund Management Company Ltd :
Evli Fund Management Company Ltd est une société de gestion scandinave qui cible particulièrement les investisseurs institutionnels et propose une gestion active avec une coloration ESG, dans une perspective long-terme. Les gérants Senior ont tous une ancienneté de 10 ans en moyenne dans l’entreprise et disposent chacun d’une vingtaine d’année d’expérience dans ce secteur.

Evli gère au total de 13,3 milliards d’euros d’encours pour le compte de ses clients (net 06/2019). Les fonds propres du groupe Evli s’élèvent à 69,6 millions d’euros et son ratio de solvabilité BIS est de 14,7% (30 juin 2019). La société compte plus de 260 employés. Les parts B d’Evli Bank Plc sont cotées sur le Nasdaq Helsinki Ltd.

Les actions : comment interpréter des signaux contradictoires?

Par Alexander Roose, responsable des actions internationales chez DPAM

Alors que l’année 2019 touche lentement à sa fin, prenons le temps à la fois de regarder en arrière et de contempler le chemin à parcourir en 2020. Et même au-delà, car nous restons convaincus qu’il faut toujours investir dans les actions avec une perspective à long terme.

Malgré les inquiétudes liées à la récession, qui étaient (principalement) dues aux craintes de guerre commerciale surgies fin 2018, l’indice MSCI World a enregistré une forte performance nette (+74.41%) et a fait plus qu’oublier le quatrième trimestre morose de 2018. Il y a un an, nos prévisions pour 2019 reflétaient clairement notre conviction qu’ »il est toujours bon d’investir en actions après une baisse « .

Heureusement, le revirement de la Réserve fédérale en janvier dernier a largement fait passer les préoccupations macroéconomiques au second plan. Néanmoins, si les investisseurs en actions souhaitent (sur)performer les marchés, l’année 2019 nous rappelle que les considérations macro-géopolitiques ne sont pas le meilleur argument pour des décisions d’investissement.

Depuis 2008, (certains) investisseurs n’ont cessé d’insister excessivement sur les risques macroéconomiques, donnant l’impression de vivre dans la crainte constante d’un nouvel Armageddon. Au lieu de cela, lorsque la courbe de rendement des bons de Trésor américains s’est brièvement inversée cette année et que les craintes de récession ont refait surface, notre directeur des placements a insisté fin août (lien du blog)sur un message de prudence : « Nous préconisons de garder une perspective de long terme et de se concentrer sur les fondamentaux plutôt que sur la peur et l’émotion […] en utilisant les périodes de volatilité pour renforcer ses positions. »

Évidemment, nous n’écartons pas complètement l’environnement macroéconomique dans la gestion de nos portefeuilles d’actions. Nous le prenons en compte pour des raisons tactiques ou chaque fois qu’il correspond avec certaines de nos convictions à long terme.

Le thème du vieillissement de la population et le débat sur son financement en sont un bon exemple : d’une part, il nous pousse à privilégier les sociétés ou sous-thèmes focalisés sur des solutions de santé de qualité (comme les soins à domicile ou certaines medtechs).

D’autre part, nous n’avons cessé de réduire le poids des biens de consommation dans certains de nos portefeuilles depuis le mois d’août. Nous sommes convaincus que les prévisions de croissance – en raison de la réduction des craintes commerciales, des politiques monétaires favorables et de la probabilité de futures mesures de relance budgétaire – s’amélioreront et, par conséquent, feront repartir les taux à long terme à la hausse. Or, ces taux ont tendance à être corrélés négativement avec les produits de consommation. Après la vente massive d’août, nous avons également ajouté plusieurs sociétés cycliques à nos portefeuilles à des points d’entrée attrayants.

 

Voici les éléments qui résument selon nous l’année 2019 :

– La surperformance des marchés américains.

– L’excellente performance des titres du secteur des semi-conducteurs, malgré des révisions à la baisse (-10%) des bénéfices.

– La piètre performance du secteur de l’énergie, tenu en otage par des prix du pétrole qui ont peu évolués et des préoccupations ESG persistantes.

La surperformance des indices américains a été la grande tendance des marchés actions au cours de la dernière décennie. L’année 2019 n’a pas été l’exception à la règle.

La composition de l’indice S&P500 est très différente de celle de l’indice MSCI Europe. Cette différence explique la majeure partie, sinon la totalité, de l’écart des multiples de valorisation P/E. Un examen plus approfondi des deux indices révèle que l’impact de la « disruption » – tant négative que positive – est également très différent. Après un examen approfondi de chaque secteur du GICS1, nous estimons qu’environ 30 % de l’indice américain a été « disrupté » ou risque de l’être. Dans l’UE, ce chiffre dépasse même les 40 %.

Plus important encore, la part des entreprises « disruptives » dans la partie non-disruptée de l’indice est substantiellement plus élevée aux Etats-Unis qu’en Europe. En comparant ces secteurs non-disruptées (« autres secteurs » dans le graphique ci-dessous), on constate que la valorisation en termes de P/E est similaire entre les États-Unis et l’Europe.

 

 

Cela nous amène-t-il à présumer que la performance américaine sera maintenue en 2020 ?
Bien que nous nous abstenions d’investir à court terme (c’est-à-dire que nous conservons généralement des positions dans nos fonds pendant 3 à 5 ans), nous prévoyons au contraire que les marchés européens surpassent le marché américain en 2020.
En effet, les premiers sont plus susceptibles de réagir positivement à une amélioration de la rhétorique commerciale et à la dissipation des craintes de Brexit. L’Allemagne en particulier profitera de manière disproportionnée de ces deux facteurs. En outre, de nouveaux vents soufflent au sommet de la CE et de la BCE, ce qui pourrait se traduire par des mesures budgétaires plus fortes que prévu. En attendant, nous ne prévoyons pas de mesures de relance budgétaire aux Etats-Unis, en raison des élections imminentes et du processus de destitution en cours. Contrairement à 2019, les entreprises devront afficher une certaine croissance des bénéfices en 2020, bien que les multiples moyens de P/E restent relativement attrayants. Cependant, l’illustration ci-dessous indique clairement qu’il ne faut pas nécessairement se baser sur les multiples P/E pour évaluer la performance future des actions dans un an. Les quadrants supérieur droit et inférieur gauche ne montrent aucune corrélation entre le multiple P/E (de l’indice S&P500) du début de l’année et sa performance dans les 12 mois suivants.

 

 

Sauf issue catastrophique des discussions commerciales de la  » phase 1  » entre les États-Unis et la Chine, nous prévoyons des performances légèrement positives pour les actions. Par ailleurs, nous anticipons également une surperformance des marchés européens, aidée par un afflux d’argent frais pour les actions au cours de l’année 2020, contrairement à 2019. Nous réitérons également notre message du mois d’août à l’intention des investisseurs à long terme :

 » Nous continuons à privilégier les investissements dans des sociétés qualitatives, capables de faire croître leur chiffre d’affaires tout au long du cycle, avec des avantages concurrentiels, un effet de levier relativement faible, moins sujettes à des forces perturbatrices et idéalement capables de capitaliser sur les objectifs de développement durable « .

Investir à la croisée des chemins de l’économie globale »

Par Patrice Gautry, Chef économiste à l’Union Bancaire Privée

L’environnement devrait jouer en faveur des actions. Les rendements obligataires sont en effet appelés à rester très bas vu la transition qui émergerait en 2020, entre la politique monétaire et les mesures budgétaires pour relancer l’économie mondiale. Ce changement devrait conduire à la fin de la tendance haussière du dollar, et les marchés des devises pourraient offrir des opportunités en termes de gestion des risques et de génération de performance totale.

Dans le cadre de leurs efforts pour atténuer le ralentissement de l’économie observé sur la majeure partie de l’année, les décideurs politiques à travers le monde ont commencé à revoir leur approche, même si cela reste encore timide. La politique monétaire peut certes aider à soutenir l’activité, mais c’est la relance budgétaire qui constitue le catalyseur pour une dynamique de croissance plus forte. Cependant, l’économie mondiale n’en est qu’au tout début de cette phase de transition, ce qui fait peser un risque. En effet, les nouveaux programmes de dépenses pourraient mettre du temps à arriver, alors que les politiques monétaires additionnelles atteindront leurs propres limites, comme souligné dans la section précédente.

Par conséquent, sur l’année à venir, les investisseurs devraient chercher à opérer un repositionnement en faveur des actions, tout en optant pour une gestion active du risque de taux d’intérêt au sein de leur exposition obligataire globale. La reprise économique provenant des mesures de relance adoptées à travers le monde durant l’année 2019 devrait aider la transition évoquée plus haut. Il faut cependant reconnaître que, d’un point de vue plus tactique, il sera important pour les investisseurs de gérer le risque lié à ce changement.

Pour les investisseurs en obligations, l’année 2019 a été positive, du fait de la forte baisse des rendements obligataires au niveau mondial, mais la gestion des risques devrait faire l’objet de toutes les attentions en 2020. Toutefois, les nouvelles mesures d’assouplissement monétaire et l’expansion du bilan de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE) témoignent de leur volonté de contenir un élargissement important des spreads de crédit qui pourrait faire dérailler la reprise économique naissante à l’échelle mondiale. A tout le moins, les investisseurs devraient cependant assister à une volatilité accrue sur les marchés obligataires, une tendance qui a débuté en 2019 (cf. graphique).

Dans la perspective de 2020, les investisseurs en obligations devraient être rassurés par le fait que la Fed et la BCE se sont engagées à stabiliser les conditions financières d’une manière globale, et plus spécifiquement, les marchés locaux du crédit. Par conséquent, une exposition au crédit d’entreprise («corporate») détenue jusqu’à l’échéance devrait s’avérer attrayante, même durant cette période de hausse de la volatilité. En contrepartie, les investisseurs seront amenés à modérer leur exposition aux taux d’intérêt, notamment dans l’anticipation d’une accélération des dépenses budgétaires au cours de la nouvelle année.

Les investisseurs en obligations des marchés émergents devraient également tirer parti d’un contexte global plus favorable. Toutefois, les risques spécifiques, à plus ou moins court terme, au sein de ce segment sont plus prononcés que ceux constatés sur les marchés du crédit aux Etats-Unis ou en Europe. Les obligations des marchés émergents, en particulier, pâtissent du fait qu’elles ne bénéficient pas des mêmes soutiens de la part de leurs banques centrales que ceux de la Fed et de la BCE envers leurs places obligataires.

De plus, à l’image de 2019, l’univers des obligations émergentes est plus particulièrement exposé au risque spécifique lié à la Chine. Le pays devrait, selon nous, continuer à se concentrer sur son programme de réforme domestique pendant la trêve commerciale avec les Etats-Unis. Dans ce contexte, les marchés obligataires émergents pourraient, en 2020, souffrir d’un manque de catalyseurs par rapport à leurs homologues des marchés développés.

Les actions mondiales, en revanche, devraient bénéficier d’un rebond de l’activité américaine et globale, ainsi que de prévisions de croissance en hausse début 2020, comme observé sur les périodes 2011-2012 et 2015-2016 (cf. graphique).

 

Ainsi, étant donné les mesures prises par les banques centrales durant le second semestre 2019 pour réduire la probabilité d’un renversement du cycle de crédit, les contraintes qui avaient pesé sur les investisseurs pendant une grande partie de l’année commencent enfin à s’estomper. Les risques géopolitiques ont paru s’apaiser en cette fin d’année, avec une pause dans le conflit commercial sino-américain et un accord trouvé sur le Brexit, même s’il reste une ombre au tableau – les tensions toujours aussi vives au Moyen-Orient.

Vu les valorisations élevées des actions américaines, le principal moteur de performance en 2020 sera une amélioration des perspectives de croissance des bénéfices, lesquelles sont tombées à près de zéro vers la fin 2019. Les prévisions pour 2020 apparaissent certes optimistes à l’approche de la nouvelle année, mais des anticipations plus modérées, conjuguées à une embellie des perspectives de croissance sur l’année à venir, restent de bon augure pour les actions dans leur ensemble.

Par ailleurs, comme nous l’avions souligné dans nos Perspectives d’investissement 2019, si les actions américaines ont devancé leurs homologues globales depuis la fin de la crise financière de 2008, leur surperformance commence à s’essouffler. En effet, les actions d’Europe continentale, qui ne sont pas soumises aux mêmes obstacles que les actions américaines en termes de valorisations, ont su garder le rythme de ces dernières en 2019, grâce notamment à une devise faible. De plus, avec le feuilleton interminable du Brexit qui semble enfin proche du dénouement, les actions britanniques, tout comme celles d’Europe continentale, devraient bénéficier de la dynamique des politiques budgétaires au début de l’année prochaine. Bien que les investisseurs aient cherché à trouver refuge du côté des entreprises globales en zone euro et au Royaume-Uni tout au long de l’année 2019, il paraît désormais intéressant de s’orienter vers des sociétés plus domestiques dans la mesure où les turbulences s’éloignent.

Alors que les actions des marchés émergents ont historiquement bénéficié d’une amélioration de la croissance mondiale, nous pensons qu’une approche de sélection de titres active au sein de cet univers constituera une réelle source de valeur ajoutée. S’agissant de la Chine, nous sommes convaincus que les grandes tendances de consommation domestiques offrent de véritables opportunités, surtout sur le segment des actions A (A-Shares) onshore en 2020.

De plus, avec des anticipations de bénéfices encore modestes, les investisseurs devraient également chercher à profiter de la hausse attendue de la volatilité sur les marchés des changes mondiaux pour améliorer les perspectives de performance totale de leurs portefeuilles. Ainsi, étant donné que la vigueur affichée par le dollar US sur les deux dernières années semble toucher à sa fin, la nouvelle année laisse envisager des opportunités tactiques à saisir sur le marché des devises.

Enfin, la transition attendue – d’une politique monétaire vers une politique budgétaire – pour soutenir l’économie mondiale pourrait ne pas être un long fleuve tranquille… C’est pourquoi la façon dont ce changement sera opéré aura une importance considérable en termes de gestion des risques. En 2020, les obligations gouvernementales de duration longue pourraient offrir des opportunités tactiques, et une plus grande exposition aux actifs dits de protection sera une source de diversification importante. Selon nous, les valeurs refuges – à savoir le yen et le franc suisse, ainsi que l’or – présentent en particulier des opportunités de diversification attractives.

Le « rallye du père Noël », mythe ou réalité ?

Par David Brett – Éditorialiste – Schroders

L’esprit festif des investisseurs s’est refroidi fin 2018. Compte tenu des inquiétudes entourant la santé de l’économie internationale, les actions mondiales ont chuté de 13,7 % au dernier trimestre de l’année, selon l’indice MSCI World.

La période de l’avent n’a pas été joyeuse, et ce mois de décembre a même été le pire pour les marchés en trois décennies. Pas vraiment un cadeau pour les actions.

L’indice mondial a cédé 7,7 %, écrasant l’espoir d’un « rallye du père Noël » pour la septième fois au cours des 32 dernières années.

Mais bien que l’année 2018 ait été épouvantable, le mois de décembre reste l’un des mois les plus prospères pour les actions.

Quelles sont les chances de connaître un « rallye du père Noël » ?

Le « rallye du père Noël » représente théoriquement l’effet de l’enthousiasme lié à Noël, et ce phénomène est censé aider les marchés boursiers à grimper en fin d’année, bien que de nombreux investisseurs chevronnés demeurent sceptiques.

Il ne serait pas raisonnable de tirer des conclusions définitives de l’histoire boursière, mais dans cet esprit de fêtes, Schroders analyse les données chaque année.

Les données montrent que les actions mondiales ont en effet progressé pendant 78,1 % des mois de décembre depuis 1987, avec une hausse des cours de 1,7 % en moyenne, ce qui ajoute peut-être un certain fondement au mythe du « rallye du père Noël ».

Performances des marchés les mois de décembre entre 1987 et 2018

MSCI World en %

Source : Schroders. Données Refinitiv pour le MSCI World Price Index en USD correctes au 28 novembre 2019.

 

Le présent document ne vise aucunement à fournir un conseil. Les informations données dans le présent document sont réputées fiables, mais Schroders ne saurait toutefois en garantir l’exhaustivité ou la fiabilité. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs et peuvent ne pas se reproduire.

Faits et chiffres mensuels

Bien que le mois de décembre ait enregistré une hausse homogène sur le marché des actions, le mois d’avril est le plus prolifique.

Ce mois s’avère comparable à décembre sur le plan de la cohérence, mais la hausse moyenne d’avril pour les actions (2,1 %) a été la plus élevée au cours des trois dernières décennies.

Les autres meilleurs mois ont été les mois de juillet et novembre. Les actions ont progressé pendant 65,6 % de ces deux mois, mais le mois de juillet affiche une meilleure hausse moyenne des cours des actions, avec 1,4 % contre 0,7 % en novembre.

Le mois de juin a été le pire pour les marchés, les actions n’ayant progressé que 34,4 % du temps. Le mois d’août a été le pire pour la performance boursière, avec une chute de 1,1 % en moyenne pour les actions.

Les hausses et baisses mensuelles des marchés entre 1987 et 2018

Source : Schroders. Données Refinitiv pour le MSCI World Price Index en USD correctes au 28 novembre 2019.

Le présent document ne vise aucunement à fournir un conseil. Les informations données dans le présent document sont réputées fiables, mais Schroders ne saurait toutefois en garantir l’exhaustivité ou la fiabilité. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs et peuvent ne pas se reproduire.

La leçon du shocktober

Les investisseurs devraient prendre note des données du mois d’octobre. Ces chiffres semblent souligner l’imprévisibilité des marchés.

Octobre a enregistré la troisième plus haute fréquence de gains, couplée à la troisième hausse moyenne la plus élevée. Mais historiquement, c’est aussi le mois qui a vu certains des plus grands plongeons boursiers.

Octobre 1987 : lundi noir

Le 19 octobre 1987, les marchés boursiers mondiaux se sont effondrés face aux craintes d’un ralentissement de l’économie mondiale, dans un contexte de valorisations élevées. Ces préoccupations ont été aggravées par un bug informatique. Les actions mondiales ont chuté en moyenne de 23 % en octobre cette année-là.

Octobre 1997 : crise financière asiatique

La crise financière asiatique a commencé pendant l’été 1997. Une série de dévaluations des devises en Asie a secoué le sentiment mondial. Les actions mondiales ont chuté de 6,6 % en octobre de cette année.

Octobre 2008 : crise financière mondiale

La crise financière mondiale a germé lorsque le marché du logement américain a commencé à s’effriter en 2007. Cette crise a trouvé son apogée dans l’effondrement de la banque d’investissement Lehman Brothers en septembre 2008. Le système financier mondial s’est paralysé et, un mois plus tard, les actions mondiales avaient cédé plus de 15 %.

Octobre 2018 : guerres commerciales et hausse des taux

Les investisseurs se sont tracassés au sujet des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, de l’incertitude politique européenne et du retrait des programmes d’assouplissement quantitatif. Les actions mondiales ont chuté de 7,4 % en octobre de cette année-là. Cette dégringolade a constitué la pire performance mensuelle des actions à l’échelle mondiale en six ans, et le dixième plus mauvais résultat des dix dernières années.

Pourquoi les marchés sont-ils ressortis plus performants en décembre ?

Beaucoup de spéculations circulent quant aux raisons de l’« effet de décembre ». L’une des théories avancées invoque la psychologie des investisseurs. Il se pourrait en effet que l’humeur joyeuse liée aux fêtes de fin d’année les mette dans de bonnes dispositions, les incitant davantage à acheter qu’à vendre.

Une autre théorie met en avant le rééquilibrage des portefeuilles auquel procèdent les gestionnaires de fonds, qui représentent une part importante des placements en actions, avant la fin de l’année. En vendant certains des titres les plus performants, les gérants de titres peuvent se permettre d’acheter davantage de titres moins performants, ce qui pousse les prix à la hausse.

Le danger des superstitions

La chute spectaculaire des marchés boursiers en décembre dernier prouve deux choses : les performances passées ne sont pas indicatives des performances présentes, et les superstitions boursières ne sont réelles que jusqu’à ce qu’elles soient démenties.

L’histoire boursière peut être fascinante, mais elle peut souvent conduire à des suppositions – que les mois d’octobre sont mauvais ou que vous devez vendre en juin parce que les mois estivaux sont mauvais.

En réalité, tenter de choisir le moment propice pour investir est une stratégie discutable, car il est impossible de prédire l’évolution des marchés à court terme.

Évaluer le meilleur moment sur le marché

Par ailleurs, les calculs de Schroders ont montré que si en mars 2003, vous aviez investi 1 000 € dans le MSCI World et n’aviez plus touché à cet investissement pendant les 15 années suivantes, ce montant aurait atteint 4 211 €. Les chiffres n’ont pas été corrigés de l’inflation ou des frais.

Néanmoins, si vous aviez tenté de planifier votre entrée et votre sortie de ce marché pendant cette période et manqué les 30 meilleurs jours de l’indice, ce même investissement vaudrait 1 268 € aujourd’hui, c’est-à-dire 2 943 € de moins.

Le meilleur pari des investisseurs est la patience, c’est-à-dire de laisser du temps à leur investissement pour prospérer. La règle générale est de cinq ans pour permettre aux marchés boursiers de traverser leurs cycles naturels.

La valeur de tout investissement et les revenus qui en découlent peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse. Les investisseurs ne sont donc pas assurés de recouvrer l’intégralité des sommes initialement investies.

Assurer la confiance face aux fake news

Les entreprises et les médias sont confrontées à un nouveau et même défi – Comment assurer la confiance face aux fake news, l’usurpation d’identité des dirigeants, aux robots producteurs de news, à l’accélération de l’information ? – Ces enjeux sont risqués pour les entreprises cotées et les services financiers.
——–

ACTION FUTURE a interviewé Jérôme Lascombe – ¨DG de Wiztopic

Wiztrust ( Wiztopic ) apporte une solution en s’appuyant sur la blockchain pour permettre aux entreprises de certifier l’information qu’elles diffusent.
Les équipes communication qui diffusent les contenus aux médias, aux investisseurs ou aux analystes par email sur le web ou via les réseaux sociaux peuvent certifier leurs contenus corporate et financier comme un communiqué en créant une empreinte digitale dans la blockchain.
Les destinataires vérifient dans Wiztrust l’authenticité de l’émetteur et l’intégrité des contenus. Chaque étape est accomplie en quelques secondes.
Retrouvez l’interview complète dans la lettre FUTUReSAVE- Entreprises,médias, banques-comment se prémunir des fake news,
ainsi que dans le numéro spécial ACTION FUTURE sur les data/cybersécurité (sortie janvier 2020)

La Commission des sanctions de l’AMF sanctionne la société Bloomberg LP pour diffusion de fausses informations

Dans sa décision du 11 décembre 2019, la Commission des sanctions a infligé à la société Bloomberg LP une sanction de 5 millions d’euros pour avoir diffusé des informations qu’elle aurait dû savoir fausses et susceptibles de fixer le cours du titre Vinci à un niveau anormal ou artificiel.

Le 22 novembre 2016, entre 16h06m04s et 16h07, deux journalistes du Speed Desk du bureau parisien de l’agence de presse de la société Bloomberg LP ont publié diverses dépêches sur les terminaux Bloomberg reprenant, en substance, le contenu d’un communiqué de presse frauduleux intitulé « Vinci lance une révision de ses comptes consolidés pour l’année 2015 et le 1er semestre 2016 », reçu à 16h05.

L’activité du Speed Desk consiste en la publication d’informations financières en temps réel, extraites de communiqués de presse ou d’autres sources et relayées sous forme de flash ou alertes.

Ce communiqué mentionnait notamment la découverte d’irrégularités comptables très graves nécessitant une révision des comptes consolidés de Vinci au titre de l’exercice 2015 et du premier semestre de l’exercice 2016, avec pour conséquence la constatation d’une perte nette en lieu et place de profits pour la période considérée, ainsi que le licenciement de son directeur financier.

Consécutivement à la diffusion de ces dépêches, dont le contenu a également été relayé par d’autres médias, le cours du titre Vinci a enregistré une baisse de 18,28 %.

Pour estimer que la société Bloomberg LP a diffusé des informations dont elle aurait dû savoir qu’elles étaient fausses, la Commission des sanctions a relevé que la publication des dépêches par Bloomberg, qui a débuté une minute après la réception du communiqué de presse frauduleux, n’a été précédée d’aucune vérification de la part des journalistes du Speed Desk, alors même que ce communiqué, qui comportait plusieurs inexactitudes, adressé à Bloomberg en cours de séance de bourse et faisant état d’informations d’une grande gravité, laissant présager une chute brutale et immédiate du cours de bourse, appelait à une vigilance accrue de la part des journalistes.

La Commission a par ailleurs estimé que si la diffusion de ces fausses informations avait été effectuée « à des fins journalistiques », nécessitant de tenir compte, en application de l’article 21 du règlement européen sur les abus de marché, « des règles régissant la liberté de la presse et la liberté d’expression dans les autres médias et des règles ou codes régissant la profession de journaliste », ces règles n’avaient cependant pas été respectées par la société Bloomberg LP en l’absence de vérification des informations préalablement à leur publication.

A cet égard, la Commission a souligné que la protection dont bénéficient les journalistes est subordonnée à la condition qu’ils agissent de bonne foi de manière à fournir des informations exactes et dignes de crédit.

La Commission en a conclu que le manquement reproché à la société Bloomberg LP de diffusion par l’intermédiaire des médias d’informations fausses fixant ou étant susceptibles de fixer à un niveau anormal ou artificiel le cours d’un titre était caractérisé.​​

Cette décision peut faire l’objet d’un recours.

Une actualité complexe

Par Pictet AM

Les développements politiques et économiques fragilisent plus que jamais les perspectives pour les actifs risqués. Face au manque de lisibilité, garder une ligne de conduite ferme et saisir les opportunités dans des segments de marché moins classiques revêt donc aujourd’hui une importance cruciale.

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14ème Baromètre de Confiance des Investisseurs

Ossiam publie un indice mesurant la confiance des investisseurs français, institutionnels et particuliers, dans l’appréciation des principales classes d’actifs, et leurs anticipations pour les 12 mois à venir.

Alors que le CAC vient de franchir les 6.000 points, jamais le baromètre de confiance n’a été aussi bas, toutes classes d’actifs confondues, pour les experts de la finance, qui au passage ont beaucoup de difficulté à construire une stratégie de long terme. En revanche,  les particuliers ont, au contraire, plutôt eu le nez creux dans leurs anticipations de marché.

Résultats de son 14ème Baromètre de Confiance des Investisseurs en partenariat avec l’Institut CSA.

• La confiance des professionnels au plus bas depuis la création de l’indice
• Les investisseurs particuliers restent optimistes
• Les deux groupes d’investisseurs privilégient les actions européennes et les classes d’actifs alternatives
• Une majorité d’investisseurs anticipent une croissance nulle du PIB de l’Union Européenne en 2020

Depuis sa première édition en octobre 2013, le Baromètre mesure la confiance des investisseurs français, institutionnels et particuliers, dans l’appréciation des principales classes d’actifs, et leurs anticipations pour les 12 mois à venir.

Dans un contexte d’incertitudes d’ordre géopolitique et macroéonomique, l’indice de confiance des investisseurs professionnels est repassé en territoire négatif (-2,6 points), touchant ainsi son niveau le plus bas depuis la création du baromètre il y a six ans. Cette 14ème édition met une fois de plus en lumière de fortes disparités de perception entre experts de la finance et investisseurs particuliers. Ces
derniers restent en effet relativement optimistes (5,5 points) par rapport à la moyenne historique de l’indice.

 

L’écart constaté pour l’indice global de confiance n’empêche pas les avis des professionnels et des particuliers de converger s’agissant des classes d’actifs à privilégier ou à éviter. Dans un environnement de hausse continue des marchés boursiers de part et d’autre de l’Atlantique, les professionnels comme les investisseurs particuliers s’accordent à préférer les actions européennes (0,7 point pour les professionnels et 12,5 pour les particuliers) aux actions actions américaines (respectivement -4,6 et 5,2 points). Les anticipations sur les actions des pays émergents sont impactées, pour leur part, par les perspectives de ralentissement de l’économie chinoise et les tensions commerciales avec les Etats-Unis.

 

Alors que l’aplanissement de la courbe des taux aux Etats-Unis n’a jamais été aussi marqué depuis 2007, les investisseurs montrent une certaine défiance vis-à-vis du compartiment obligataire dans son ensemble (corporate et government bonds). Cette tendance est nettement plus marquée chez les experts de la finance (-4,4 points contre -1,4 point en mars 2019) que du côté des investisseurs particuliers (5,2 points contre 5,7 points). En revanche, d’une manière plus globale, la confiance est en berne pour les obligations d’entreprises américaines.

 

L’indice global de volatilité

 

La forte hausse de l’indice global de volatilité, regroupant toutes les classes d’actifs, reflète la nervosité
des investisseurs à l’aube de l’année 2020, qui s’annonce riche en événements entre les élections
présidentielles américaines, les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, ainsi que le
Brexit. Les investisseurs professionnels se montrent bien plus inquiets (13,4 points) que lors de la
précédente édition du baromètre en mars 2019 alors que les anticipations des particuliers passent de
9,2 points à 9,5 points.
« Les changements de sentiment observés au fil des différentes éditions du Baromètre traduisent une
incertitude latente sur les marchés et montrent la difficulté pour les investisseurs de maintenir un cap et
de construire des portefeuilles sur le long terme » souligne Carmine De Franco, Responsable de la
recherche fondamentale d’Ossiam.
Face à l’activisme des banques centrales, qui ont maintenu une politique monétaire accomodante en
2019, une majorité d’experts de la finance (54% du panel intérrogé) pense que la Fed va continuer à
baisser ses taux directeurs en 2020. De leur côté, plus de la moitié des investisseurs particuliers sondés,
s’attendent plutôt à un maintien des taux à leurs niveaux actuels.
En Europe, dans la perspective d’un Brexit imminent et d’une possible entrée en récession de
l’économie allemande, la plupart des investisseurs anticipent une croissance nulle du PIB de l’Union
Européenne l’année prochaine.
Dans ce contexte, les experts de la finance comme les particuliers prévoient en 2020 d’augmenter leur
exposition principalement sur les classes d’actifs alternatives (matières premières, private equity,…) et
les actions, à la fois européennes et américaines.

Méthodologie

Le Baromètre de Confiance des Investisseurs CSA / Ossiam repose sur une enquête réalisée auprès
de deux panels : celui des « Experts de la finance », composé de professionnels, analystes financiers
ou gérants d’actifs et celui des « Particuliers » constitué d’investisseurs individuels avertis et actifs sur
les marchés financiers.
Les classes d’actifs étudiées sont les actions européennes, les actions US, les actions pays émergents,
les matières premières, le private equity, les hedge funds, les obligations d’entreprises européennes,
les obligations d’entreprises US et les obligations souveraines zone euro.
Dans le cadre de cette treizième édition, 81 experts de la finance et 100 investisseurs particuliers ont
été interrogées entre le 1er et le 31 octobre 2019

 

 

 

, société de gestion spécialiste du smart beta et filiale de Natixis Investment Managers,

 

Small Caps : un retard historique

Par Raphaël Moreau, gérant chez Amiral Gestion

Nul ne pourra dire le contraire : les small caps n’ont pas la cote depuis deux ans. Il n’y a qu’à égrener quelques chiffres pour s’en convaincre : lorsque le CAC 40 gagne 11,4% depuis la fin 2017, le CAC Small perd 18.1% sur la même période (du 31/12/2017 au 13/12/2019). De plus, au sein même de ce dernier indice, ce sont principalement les plus grosses valeurs qui ont dominé le palmarès cette année. Tout aussi symptomatique : 80% des entreprises du CAC Small sont dans le rouge depuis deux ans quand près de 60% de celles du CAC 40 s’inscrivent dans le vert.

 

Cette classe d’actifs des petites et moyennes valeurs, très (trop ?) à la mode en 2017 est ainsi véritablement délaissée depuis deux ans, provoquant une sous-performance quasi historique par rapport aux grandes capitalisations. Pour être précis, le record absolu remonte à la période mars 2018/fin octobre 2019 avec un CAC 40 en avance de 11,4% pour un CAC Small en chute de 22,2%. Un tel écart n’a jamais été constaté depuis la création de l’indice CAC Small.

 

Ce désamour est tel que la valorisation des entreprises du private equity, pourtant par définition bien plus illiquides que les small caps, est aujourd’hui nettement plus élevée, avec des multiples d’Ebitda de 11,4x contre 8,4x pour les valeurs moyennes, un écart là aussi record (sources : Argos Index, Epsilon Research, InFront Analytics). Il n’a pas manqué de provoquer des sorties de cote ou des rachats d’actions de la part des managements. Rien que la semaine dernière, l’équipementier automobile Le Bélier et le n°2 mondial du bouchon de liège Oeneo ont fait l’objet d’OPA, de la part d’un groupe chinois pour le premier, et de la famille fondatrice pour le second.

 

Faut-il voir dans ce mouvement une fatalité ? Il est souvent difficile et tout aussi vain de faire des pronostics, surtout macroéconomiques. Il semble toutefois que ce retard colossal soit suffisamment impressionnant pour appeler une correction, et les arguments en faveur d’un tel rattrapage ne manquent pas. Comme l’alignement des intérêts entre les actionnaires et les dirigeants, souvent familiaux de ces petites entreprises, leur leadership sur des marchés de niche, leur capacité à croître plus vite, une valorisation inférieure aux grandes capitalisations, leur faible endettement et leur caractère opéable. Il n’est d’ailleurs pas anodin de voir que depuis le mois de juin dernier, pas moins de 20 offres publiques sur de petites capitalisations ont été annoncées. La preuve, s’il en fallait une, qu’il est tentant pour des acheteurs industriels ou les familles majoritaires de profiter des cours de bourse actuels peu élevés pour racheter les minoritaires.

 

Ce rattrapage est d’autant plus envisageable que le retard historique de ces derniers mois a essentiellement une origine technique (et non pas économique), cette classe d’actifs moins liquide étant pénalisée par les ventes de gérants subissant eux-mêmes d’importants retraits de leurs clients.

 

Signal qui en dit long ? On remarque depuis le mois de novembre un certain retour en grâce des micro caps. Les idées d’investissement ne manquent certes pas ; les industrielles à la tête de patrimoines tangibles, en bonne santé financière, au positionnement concurrentiel solide sont très intéressantes. Je pense notamment à Jacquet Metal Services, Akwel ou Installux. Reste à savoir si le regain d’intérêt constaté le mois dernier va se confirmer.

 

En se focalisant sur la seule valeur d’entreprise d’un échantillon de micro-industrielles par rapport à leurs capitaux employés, on constate un ratio de 1,3 fois à comparer à 3 fois fin 2017 et une moyenne historique de 1,8 fois. Ce qui veut dire que la valorisation actuelle de ces entreprises prend déjà en compte une récession majeure. On est loin des ratios constatés sur le CAC 40 ou les entreprises du Private Equity !

Les Français retrouvent-ils le goût de l’investissement ?

Par Mark Kepeneghian, Président et fondateur de Kriptown

Plus de 500.000 Français ont participé à l’introduction en Bourse de la Française des Jeux. Loin de l’image d’épargnants averses aux risques qui leur colle à la peau, aiguillonnés par les taux bas, les particuliers ont montré qu’ils avaient retrouvé un certain goût de l’investissement.

C’est une page qui se tourne. Après une décennie perdue où les Français ont fui les marchés financiers, tout particulièrement les actions, la défiance et le désamour provoqués par les crises de 2001 et 2008 semblent désormais bel et bien terminés.

 

Française des Jeux : un remarquable succès populaire

Pour assister au retour flagrant de la confiance des investisseurs, il aura fallu un événement « pas comme les autres », à savoir l’introduction en Bourse de la Française des Jeux. Cela faisait 14 ans que l’État français n’avait pas privatisé l’une de ses entreprises en faisant appel à l’épargne des particuliers. La dernière opération de ce type était la privatisation d’EDF en 2005.

Plus de 500.000 particuliers français ont souscrit à cette opération, proposant au total 1,6 milliard d’euros pour acquérir des actions de la FDJ. C’est plus du double du montant qui pouvait leur être alloué. Au-dessus d’un montant de 2.000 euros, seule 10% de la demande a ainsi rencontré l’offre : un particulier ayant passé un ordre de 3.000 euros a finalement reçu 2.100 euros de titres et 900 euros lui ont été restitués. Rares sont les cas où la sur-souscription des investisseurs particuliers a été aussi forte.

À l’issue de l’opération, nombreux sont ceux qui auraient souhaité investir plus d’argent, et pour cause : les nouveaux actionnaires de la FDJ ont bénéficié, dès le premier jour de cotation, d’une hausse de plus de 10% de la valeur de leur placement. Miser sur les actions de la FDJ peut donc être plus judicieux que de remplir des grilles de loto !

 

Actions, crowdfunding, crypto-actifs : l’investissement retrouve la cote

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Saudi Aramco : début de cotation de la société la plus rentable du monde à Ryad »

PAr Vincent Boy, Analyste Marchés IG France

La cotation de la société contrôlant les réserves de pétrole en Arabie Saoudite, soit la seconde plus importante réserve de brut au monde, derrière le Venezuela, a débuté ce matin.

Après plusieurs décalages et une révision à la baisse de la valorisation, la cotation de Saudi Aramco a débuté ce matin à la bourse de Ryad, Tadawul.

La volatilité des premiers mouvements confirme bien l’engouement des investisseurs pour la société, qui avait déjà pu être observé lors de la souscription avec une demande correspondante à 4,6 fois l’offre de titres.

Concernant l’évolution sur le marché, le cours de l’action en pre-market affichait déjà 10% de hausse avec un prix affiché de 35,2 Riyals, contre 32 proposé pour l’introduction de l’action. Avec plus de 8 millions de titres échangés durant les premières minutes, l’activité devrait être importante sur l’action durant les premiers jours de cotations. La société pourrait même atteindre assez rapidement la capitalisation proposée au début du projet d’introduction soit 2000 milliards$.

 

Bourse de Tadawul, 1ère variation de Saudi Aramco 8h30

La direction de Saudi Aramco précisait d’ailleurs que la bourse de Tadawul deviendrait l’une des plus grande du monde après la cotation de Saudi Aramco. En effet avec une société valorisée au moins 1700Mds$, la capitalisation totale des sociétés présentent sur la bourse Saoudienne explose et pourrait être comparée à de grandes places financières mondiales.

Concernant l’IPO, Saudi Aramco a annoncé avoir levé 25,6Mds$ pour 1,5% du capital et avoir fixé le prix dans le haut de fourchette indicative à 32 Riyals, soit un peu plus de 8,50$. Cette opération valorise ainsi la société à environ 1700 milliards de dollars. Une offre de surallocation, qui pourrait être exercée totalement, devrait permettre dans ce cas de gonfler la levée et atteindre 29,4Mds$.

 

Près de 90% de la demande a été faite par des institutionnels et en majorité des entreprises et particuliers Saoudiens.

En effet ces derniers profitent d’avantages sur les conditions d’introduction telles que des dividendes plus élevés, des actions gratuites ou même des facilités de prêts accordés par les banques. Par ailleurs les investisseurs étrangers y voient une société opaque, très liée au pouvoir politique en Arabie Saoudite et restent sceptiques dans la capacité de l’entreprise à faire croitre ses bénéfices à long terme, ou même à protéger ses installations (Cf. attaque des installations en Arabie Saoudite, attribuée à l’Iran le 14 septembre 19).

Bien que Saudi Aramco ait publié un bénéfice net de 111 milliards de dollars en 2018 et promet 75Mds$ de dividendes au titre de 2020, sa capacité à faire progresser les bénéfices parait limitée du fait de la structure même du marché du pétrole et du changement des habitudes de la consommation mais également à plus court terme étant donné la baisse continue de la croissance de la demande de pétrole ainsi que la poursuite de la baisse des quotas de production décidée pas l’OPEP, dont le chef de fil est l’Arabie Saoudite.

Les marchés financiers dansent sur un volcan.

Par Jean-Jacques Ohana, Responsable de la gestion d’actifs chez YCAP AM

Les indicateurs avancés révèlent une économie qui se détériore notamment aux Etats-Unis

En dépit de cette détérioration, la liquidité entre dans un régime de détente selon notre indicateur de Risk Aversion

Hormis les tensions persistantes sur le financement monétaire, les autres primes de risque ne montrent pas de vulnérabilité apparente.

Les marchés d’actions demeurent sur les plus hauts alors même que les bénéfices estimés sur 12 mois glissants n’affichent plus de croissance, voire chutent dans certaines régions (Asie,Europe).

En terme de style, les marchés ont temporairement abandonné l’idée d’une anticipation de rebond de la croissance mondiale, en privilégiant désormais le segment «Quality», lui faisant atteindre de nouveaux sommets aux dépens du «Value».

La hausse étant indépendante de l’amélioration des fondamentaux, on peut raisonnablement s’interroger sur la durabilité d’une croissance liée à l’injection de liquidité.

A quoi tiendra le dégonflement de la bulle d’optimisme qui anime les opérateurs de marché?

La célébration anticipée d’une détente des relations sino-américaines et des achats d’actifs de la Fed peut durer.

Mais il faut garder à l’esprit que les marchés dansent sur un volcan.

Augmentation des dividendes mondiaux au cours du troisième trimestre, mais début d’un ralentissement marqué

Par Janus Henderson

  • Un nouveau record pour le troisième trimestre : les dividendes totaux ont augmenté de 2,8% pour atteindre 355,3 milliards de dollars US, ce qui correspond à une augmentation de 5,3% des dividendes sous-jacents
  • Alors que les dividendes aux États-Unis ont atteint un nouveau record historique, ceux du Canada et du Japon ont battu leur record pour un troisième trimestre ; le Royaume-Uni, de son côté, a été poussé à la hausse par des dividendes extraordinaires
  • En revanche les dividendes australiens ont fortement diminué et ceux de la Chine ont également montré des signes de faiblesse
  • Nos prévisions restent inchangées pour 2019 – Janus Henderson estime que les dividendes atteindront le montant record de 1 430 milliards de dollars US, en hausse de 3,9% par rapport à 2018, ce qui correspond à une augmentation de 5,4% des dividendes sous-jacents
  • La croissance des dividendes devrait être plus modérée en 2020 au vu de la conjoncture économique mondiale

Le ralentissement de la croissance des dividendes mondiaux s’est enclenché, selon le dernier rapport de l’indice Janus Henderson des dividendes mondiaux (JHGDI). Cette tendance a débuté au deuxième trimestre et s’est poursuivie au cours du troisième. Les dividendes continuent toutefois, malgré leur progression ralentie, d’afficher une belle croissance. Les dividendes totaux ont augmenté de 2,8% pour atteindre 355,3 milliards de dollars US, un nouveau record pour la période, ce qui correspond à une croissance sous-jacente de 5,3%, une fois la solidité du dollar et d’autres facteurs techniques mineurs pris en compte. Ce résultat est tout à fait conforme à la tendance à long-terme et aux prévisions de Janus Henderson. L’indice Janus Henderson des dividendes mondiaux a augmenté pour atteindre le nouveau record de 193,1.

Seuls les dividendes des États-Unis ont atteint un nouveau record historique au cours du troisième trimestre, avec une croissance sous-jacente de 8%, ce qui est bien supérieur à la moyenne mondiale. Le ralentissement de la croissance des bénéfices commence toutefois à affecter les paiements de dividendes. Un nombre croissant de sociétés américaines a maintenu ses dividendes au même niveau – une société sur six au cours du troisième trimestre, en hausse par rapport au premier trimestre (une sur dix), bien que quelques-unes d’entre elles continuent de les réduire. Le principal payeur de dividendes aux États-Unis cette année sera AT&T, la société devançant ainsi Apple, Exxon Mobil et Microsoft. AT&T a pu faire son retour à la tête du classement, pour la première fois depuis 2012, grâce à son acquisition de Time Warner en 2018 ; la société ainsi formée distribuera près de 14,9 milliards de dollars US de dividendes, mais ce montant ne sera pas suffisant pour déloger Shell de sa place de plus gros payeur de dividendes au monde pour la quatrième année consécutive.

Le Japon, le Canada et le Royaume-Uni, en tenant compte des variations saisonnières, ont tous enregistré des records sur la période, bien que le résultat du Royaume-Uni soit entièrement dû aux importants dividendes extraordinaires versés par les banques et le secteur minier. La tendance sous-jacente reste morose au Royaume-Uni, la croissance sous-jacente ne dépassant pas 0,6%.

D’un point de vue saisonnier, le troisième trimestre est particulièrement important pour l’Asie-Pacifique et la Chine. Ces derniers ont affiché des signes de faiblesse évidents. Quasiment la moitié des sociétés chinoises de l’indice ont réduit leurs distributions et la croissance modeste enregistrée a été due aux fortes hausses d’une ou deux sociétés. Les dividendes chinois ont atteint 29,2 milliards de dollars US, en hausse de 3,7% par rapport au troisième trimestre 2018 en termes sous-jacents et, sans la forte hausse du dividende de Petrochina, ils auraient été inférieurs au troisième trimestre 2018. Le ralentissement de l’économie chinoise affecte la capacité de ses sociétés à payer des dividendes, d’autant plus que les dividendes à court-terme sont plus étroitement liés aux bénéfices en Chine que dans les autres pays, comme les États-Unis et le Royaume-Uni, les sociétés adoptant majoritairement une politique de taux de distribution fixe.

En Asie-Pacifique, l’Australie et Taïwan ont tiré les dividendes à la baisse et seul Hong Kong a réalisé une croissance solide. Le troisième trimestre a été difficile pour l’Australie, les deux-cinquièmes des sociétés du pays réduisant leurs dividendes. Le total du pays a chuté à 18,6 milliards de dollars US, le résultat le plus faible en dollars pour un troisième trimestre depuis 2010, ce qui correspond à une baisse de 5,9% des dividendes sous-jacents. National Australia Bank a le plus affecté les résultats, cette dernière réduisant son dividende pour la première fois en dix ans. L’Australie affiche déjà la couverture de dividendes la plus faible au monde parmi les principales économies et si le ralentissement de l’économie domestique venait à conduire à une baisse de la rentabilité des sociétés ceci serait une mauvaise nouvelle pour les investisseurs sur le revenu, soulignant l’importance d’adopter une approche d’investissement diversifiée à l’échelle internationale. Les dividendes sous-jacents d’Hong Kong ont augmenté de 8,1%, ce qui contraste avec la tendance en Chine continentale. Ce résultat s’explique principalement par les dividendes de la société pétrolière CNOOC et ceux du secteur immobilier.

Le troisième trimestre est une période traditionnellement faible pour les dividendes européens. Les dividendes sous-jacents ont augmenté de 7%, bien que le taux de croissance ait été gonflé par les développements positives survenus sur une poignée de sociétés et le total ne suffira pas influencer sensiblement le taux annuel.

Le secteur de l’énergie a enregistré la croissance la plus solide au cours du troisième trimestre, les dividendes sous-jacents augmentant d’un peu plus d’un cinquième. La majeure partie de cette augmentation provient des sociétés pétrolières russes, mais la Chine et Hong Kong, le Canada et les États-Unis ont également fortement contribué au résultat. La croissance des dividendes totaux du secteur des matériaux de base a été poussée à la hausse par les dividendes extraordinaires. Les sociétés de télécommunications ont pour leur part été ébranlées par des réductions à travers le monde et celle de Vodafone au Royaume-Uni, de China Mobile et de Telstra en Australie ont le plus affecté les résultats. A peine plus de la moitié des sociétés de télécommunications de l’indice ont augmenté leurs dividendes par rapport au troisième trimestre 2018.

Les prévisions de croissance des dividendes mondiaux de Janus Henderson restent inchangées pour 2019, à 1,430 milliards de dollars US. Ceci représente une croissance de 3,9% des dividendes totaux, ce qui correspond à une croissance sous-jacente de 5,4%. Par opposition, la croissance sous-jacente avait été de 8,5% en 2018. 2019 marquera la dixième année consécutive de croissance sous-jacente pour les dividendes.

MARE NOSTRUM lance son introduction en bourse sur le marché Euronext Growth à Paris

Mare Nostrum, expert innovant des Ressources Humaines pour les PME/ETI, annonce ce jour le lancement de son introduction en Bourse sur Euronext Growth, en vue de l’admission aux négociations de ses actions sur le marché Euronext Growth Paris (Code ISIN : FR0013400835 – Mnémonique : ALMAR).

  • Prix de l’Offre : entre 4,96 euros et 5,78 euros par action
  • Taille de l’Offre : augmentation de capital d’environ 6,9 M€ pouvant être portée à un maximum de 7,9 M€ en cas d’exercice de la clause d’extension
  • Période de l’Offre : du 15 novembre au 28 novembre 2019
  • Engagements de souscription pour un montant de 5,3 M€ garantissant la réalisation de l’opération
  • Début des négociations sur le marché Euronext Growth : 4 décembre 2019
  • Titres éligibles aux FCPI, PEA et PEA-PME[1]

 

  • Un acteur reconnu du travail temporaire, du recrutement, de la formation et du portage salarial/mobilité professionnelle dédié aux PME/ETI
  • Une capacité unique à répondre à des besoins très spécifiques au travers d’une offre multimarque et innovante au plus près des bassins d’employabilité
  • Un groupe familial détenu à 100% par ses fondateurs, un développement autofinancé depuis la création
  • Une dynamique de croissance organique forte de 23% qui surperforme le marché[2] (+ 1,8%) pour un chiffre d’affaires de 149 M€ en 2018
Nicolas Cuynat, Président Directeur Général de Mare Nostrum, déclare : « Depuis 15 ans, l’histoire de Mare Nostrum se confond avec celle des grands travaux en France pour lesquels le Groupe est devenu un véritable « fournisseur officiel » de main d’œuvre. La reconnaissance qui en découle nous a permis de forger un socle d’affaires solide et d’accompagner notre déploiement géographique au plus près de nos clients. Parce que la richesse humaine est indispensable au succès des PME/ETI nous avons bâti une offre toujours plus riche et innovante, accompagnant l’évolution du marché de l’emploi, anticipant les métiers de demain. Cette dynamique propre, portée par un management participatif, a fait de Mare Nostrum et de ses marques, un interlocuteur de proximité des entreprises et collectivités sur tous ses territoires d’implantation. Surperformant notre marché, nous souhaitons par notre introduction en bourse poursuivre notre stratégie gagnante en prenant place sur de nouvelles zones géographiques, renforcer nos ventes croisées, déployer des plateformes Emploi innovantes, tout en associant davantage tous nos collaborateurs. Notre agilité, notre audace, notre proximité doivent ainsi nous permettre de devenir l’acteur incontournable des Ressources Humaines pour les PME/ETI ».
Une offre à forte valeur-ajoutée dédiée aux PME/ETI
Fondé en 2004, le Groupe Mare Nostrum propose une offre sur-mesure de gestion des ressources humaines dédiée aux PME/ETI. Son savoir-faire historique en travail temporaire est complété par des expertises pointues en recrutement, formation et portage salarial/mobilité professionnelle.
Mare Nostrum propose ainsi une offre multimarque fine et profilée pour les besoins clients qui lui assure une qualité de services à forte valeur ajoutée avec des candidats/intérimaires experts dans leur domaine. Cette offre différenciante lui permet de répondre parfaitement aux demandes de ses 6 500 clients actifs[3].
Le Groupe dispose de plus de 100 implantations commerciales en France et à l’international (Portugal, Roumanie et Pologne) le plus souvent positionnées sur des zones délaissées par les majors du secteur. Ce réseau d’agences de proximité est caractérisé par sa forte implication dans la vie associative, économique et sportive locale. Elle permet au Groupe d’être au plus près des candidats et d’avoir une parfaite connaissance des besoins clients.
La flexibilité et la réactivité du Groupe lui permettent de répondre et d’anticiper parfaitement les mutations actuelles du marché du travail.
Une capacité unique à répondre à des besoins très spécifiques
La forte différenciation du Groupe réside dans sa volonté historique de profiler des offres sur-mesure pour fournir une main d’œuvre hautement qualifiée sur des métiers très spécifiques.
Au travers de sa marque Altitudes Facilities, dédiée au secteur de la montagne et des milieux extrêmes, le Groupe répond notamment à la problématique de saisonnalité des stations de ski en proposant des candidats formés capables de travailler l’été (entretien route ou du matériel…) et l’hiver (conducteur d’engin de déneigement, pisteur…).
De même, pour les grands chantiers nationaux et internationaux, Mare Nostrum recrute, forme et accompagne la mobilité de candidats pour des missions de longue durée via sa marque Grands Travaux Facilities.
Véritable atout concurrentiel, Mare Nostrum a également démontré sa capacité à recruter des profils pénuriques à l’international afin de satisfaire la demande française. Par ce biais, le Groupe favorise la mobilité intra-européenne en proposant aux candidats un accompagnement complet et des contrats en droit français. Chaque année, près de 400 à 600 personnes issues de ce sourcing sont employées par le Groupe en France.
Une gouvernance stable et pérenne, un management engagé
Mare Nostrum est détenu à 100% par ses fondateurs et leurs familles. Les dirigeants du Groupe, Nicolas Cuynat, Thierry de Vignemont, Frank Hueber et Didier Cuynat, disposent d’une solide expérience professionnelle dans le monde de l’intérim et partagent les mêmes valeurs humaines. Par ailleurs, les managers des filiales sont tous associés de leur structure permettant ainsi au Groupe d’allier fidélisation et implication de sa force opérationnelle.
Fidèle à cette philosophie, Mare Nostrum a procédé à l’émission d’obligations convertibles pour un montant global de 5.330.000€ souscrites, par les managers du Groupe, un partenaire commercial, des investisseurs extérieurs et un partenaire de Mare Nostrum dans le cadre d’une opération de croissance externe. Ces obligations ne portent pas d’intérêts et sont exigibles de manière anticipée dans le cadre de l’introduction en Bourse (avec obligation pour chaque Obligataire de souscrire à l’Offre par compensation de sa créance obligataire) et sans aucune prime de conversion. Ces obligations convertibles sont assorties de bons de souscription d’actions dont le nombre sera déterminé au moment de l’augmentation de capital à intervenir dans le cadre de l’introduction en Bourse[4].
Mare Nostrum, une croissance rentable et solide qui surperforme le marché
Ce positionnement ciblé permet à Mare Nostrum d’afficher depuis sa création une croissance forte de son activité qui surperforme le marché2. En 2018, le chiffre d’affaires s’inscrit à 149 M€ et enregistre 23 % de croissance organique dans un marché de l’intérim2 qui progresse de 1,8% sur la même période. Cette bonne tendance s’est confirmée sur le 1er semestre 2019 avec un chiffre d’affaires de 81,6 M€ en amélioration de 19% dont 11% à périmètre constant. Cette progression régulière et profitable atteste ainsi de la capacité du Groupe à allier croissance et rentabilité.
A l’image de ces performances, le Groupe qui dispose de fondamentaux solides et d’une situation financière saine, s’inscrit dans un schéma de croissance dynamique et durable.
Une ambition claire : devenir l’acteur incontournable des RH pour les PME/ETI
Cette introduction en Bourse va doter Mare Nostrum des moyens nécessaires pour intensifier son développement et le déploiement de nouvelles offres. De plus, le statut de société cotée offrira à Mare Nostrum une meilleure visibilité tout en renforçant sa crédibilité auprès de ses clients et partenaires.
Le Groupe ambitionne de devenir l’acteur incontournable des solutions RH pour les PME/ETI. Pour se faire, il prévoit d’étendre son expertise en Travail temporaire à de nouveaux secteurs, tels que la logistique/transport et le médical/paramédical, et de renforcer son sourcing à l’international avec l’ouverture de nouveaux pays (Espagne, pays de l’Est…).
Pour accompagner cette accélération de la croissance organique, Mare Nostrum entend également renforcer le Cross Selling[5] afin de doubler le nombre de clients multimarque. Avec près de 6 500 clients captifs, seulement 10% utilisent deux marques du Groupe actuellement, ouvrant ainsi un important potentiel de développement. A cet effet, le Groupe va développer des solutions clés en main, à l’image de son offre Aer’ness dans les métiers du drone, et déployer ses job stores « Terra Nostra », agences multimarque, qui regroupent sur un même lieu l’ensemble de l’offre Mare Nostrum. Le Groupe a déjà ouvert en 2019 trois « Terra Nostra » en Isère à Bourgoin-Jallieu, Grenoble et Bourg d’Oisans.
Par ailleurs, le Groupe prévoit d’intensifier sa croissance externe et de profiter de la concentration du secteur de l’intérim pour sélectionner les opportunités qui lui permettront d’étendre ses expertises à de nouveaux métiers/secteurs, d’intégrer de nouvelles technologies ou encore de se déployer sur de nouveaux pays.

 

MODALITÉS DE L’OPÉRATION D’INTRODUCTION EN BOURSE DU GROUPE MARE NOSTRUM
Conformément à la réglementation, Mare Nostrum a établi un Document d’Information et le Conseil d’Euronext a, le 14 novembre 2019, validé le projet d’admission sur Euronext Growth permettant d’initier le projet de cotation des actions du Groupe Mare Nostrum sur Euronext Growth (voir ci-après le calendrier indicatif de l’opération) sous la forme d’une augmentation de capital d’un montant maximum de 7,9 M€ (y compris Clause d’Extension et dont 5,3 M€ seraient libérés par compensation de créances) comprenant :
  • une offre au public en France réalisée sous la forme d’une Offre à Prix Ouvert (OPO), principalement destinée aux personnes physiques ; étant précisé que :
  1. les ordres seront décomposés en fonction du nombre de titres demandés : fraction d’ordre A1 (de 1 action jusqu’à 200 actions incluses) et fraction d’ordre A2 (au-delà de 200 actions);
  1. Les fractions d’ordre A1 de l’OPO bénéficieront d’un traitement préférentiel par rapport aux fractions d’ordres A2 dans le cas où tous les ordres ne pourraient pas être entièrement satisfaits ;
  • un Placement Global destiné aux investisseurs institutionnels.
 
La présente admission sur Euronext Growth et l’émission des Actions Nouvelles ne donneront pas lieu à un Prospectus visé par l’AMF, cette dernière représentant un total d’offre inférieur à 8 M€, étant précisé qu’aucune offre similaire n’a été faite par la Société au cours des douze derniers mois.
 
Capital social avant l’opération
Société anonyme à Conseil d’Administration au capital de 604 825,10 € divisé en 6 048 251 actions de 0,10 euro de valeur nominale chacune.
 
Codes d’identification des titres du Groupe Mare Nostrum
  • Libellé : Mare Nostrum
  • Code ISIN : FR0013400835
  • Mnémonique : ALMAR
  • Code ICB : 2793 – Business Training & Employment Agencies
  • Compartiment : Euronext Growth
 
Prix de souscription des actions nouvelles
La fourchette indicative du prix est fixée entre 4,96 euros et 5,78 euros par Action Offerte.
 
Nombre d’actions offertes
L’Offre s’effectuera par la mise sur le marché de 1.295.441 Actions Nouvelles, pouvant être portée à un maximum de 1.489.757 Actions Nouvelles en cas d’exercice en totalité de la Clause d’Extension (sur la base du point médian de la fourchette indicative du Prix de l’Offre soit 5,37€ par action).
 
Montant brut de l’opération
Sur la base d’une émission de 1.295.441 actions à un prix se situant au point médian de la fourchette indicative du Prix de l’Offre (soit 5,37€ par action), le produit brut de l’émission d’actions nouvelles sera d’environ 6.956 K€ pouvant être porté à environ 7.999 K€ en cas d’exercice intégral de la Clause d’Extension (dont 5.330 K€ libérés par compensation de créance).
 
Engagements de souscription reçus
Mare Nostrum a reçu des engagements de souscription pour un montant total de 5.330K€ lui permettant de garantir la réalisation de l’Offre.
 
Ces engagements proviennent des actionnaires historiques, des managers du Groupe, d’un partenaire commercial, d’investisseurs extérieurs ainsi que d’un partenaire dans le cadre d’une opération de croissance externe. Ces derniers se sont irrévocablement engagés à souscrire à l’augmentation de capital à un prix par action égal au Prix de l’Offre tel qu’il sera déterminé par le Conseil d’Administration de la Société le 29 novembre 2019.
 
Ces engagements ont vocation à être servis intégralement. Ils représentent 77% de l’Offre hors exercice de la clause d’extension et 67% de l’Offre après exercice de la clause d’extension.
 
Engagements d’abstention et de conservation
Abstention : A compter de la date de signature du contrat de direction et de placement et pendant 180 jours calendaires suivant la date de règlement-livraison, sous réserve de certaines exceptions et notamment l’exercice d’OC-BSA émises par l’Assemblée Générale Extraordinaire du 21 décembre 2018 et/ou émises, par la suite en juin et novembre 2019, par décisions du Conseil d’Administration de la Société agissant conformément à la délégation de compétence octroyée par l’Assemblée Générale Mixte du 21 janvier 2019,  et qui n’auraient pas été converties dans le cadre de l’Offre.
 
Conservation : Les dirigeants (98,4% du capital et des droits de vote de Mare Nostrum) et les managers de la Société titulaires d’OC-BSA émises en décembre 2018 (non actionnaires de Mare Nostrum à la date du Document d’Information) ont par ailleurs souscrit un engagement de conservation portant sur 100% des actions et/ou des valeurs mobilières donnant accès au capital qu’ils détiennent à la date du Document d’Information ou viendraient à détenir jusqu’à l’expiration d’un délai de 180 jours à compter de la date de règlement-livraison, sous réserve des exceptions décrites à la section 6.3 de la partie II du Document d’Information.
 
Modalités de souscription
Les personnes désirant participer à l’OPO devront déposer leurs ordres auprès d’un intermédiaire financier habilité en France, au plus tard le 28 novembre 2019 à 17 heures (heure de Paris) pour les souscriptions aux guichets et à 20 heures (heure de Paris) pour les souscriptions par interne.
Pour être pris en compte, les ordres émis dans le cadre du Placement Global devront être reçus exclusivement par le Teneur de Livre au plus tard le 28 novembre 2019 à 17 heures (heure de Paris), sauf clôture anticipée.
 
Calendrier indicatif de l’opération
14 novembre 2019
  • Conseil d’Administration décidant des modalités de l’opération
  • Conseil d’Euronext validant le projet d’admission sur Euronext Growth
 
15 novembre 2019
  • Diffusion du communiqué de presse annonçant l’Offre
  • Avis d’Euronext Paris relatif à l’ouverture de l’OPO
  • Ouverture de l’OPO et du Placement Global
 
28 novembre 2019
  • Clôture de l’OPO à 17 heures (heure de Paris) pour les souscriptions aux guichets et à 20 heures (heure de Paris) pour celles par Internet
  • Clôture du Placement Global à 17 heures (heure de Paris)
 
29 novembre 2019
  • Diffusion du communiqué de presse indiquant le nombre définitif d’Actions Nouvelles, le résultat de l’Offre et l’exercice éventuel de la Clause d’Extension
  • Avis d’Euronext Paris relatif au résultat de l’Offre
 
3 décembre 2019
  • Règlement-livraison de l’OPO et du Placement Global
 
4 décembre 2019
  • Début des négociations des actions de la Société sur le marché Euronext Growth d’Euronext Paris
 
Éligibilité de l’offre au PEA et PEA-PME et qualification Bpifrance Entreprise innovante
Mare Nostrum annonce respecter les critères d’éligibilité au PEA-PME précisés par les dispositions des articles L. 221-32-2 et D. 221-113-5 et suivants du Code monétaire et financier. En conséquence, les actions Mare Nostrum peuvent pleinement être intégrées au sein des plans d’épargne en actions (PEA) et des comptes PEA-PME, qui bénéficient des mêmes avantages fiscaux que le PEA classique. Mare Nostrum est labellisé « Entreprise innovante » par Bpifrance.
 
Mise à disposition du document d’information
Des exemplaires du Document d’Information sont disponibles sans frais au siège social de Mare Nostrum, 9 avenue de Constantine 38100 Grenoble, France, ainsi qu’en version électronique sur le site internet d’Euronext Growth Paris (www.euronext.com) et sur celui de Mare Nostrum (www.marenostrum.eu).
 
Facteurs de risques
Tout investissement en actions comporte des risques. L’attention du public est attirée sur la section I.4 « Facteurs de risques » et la section II.1 « Risques liés à l’admission des actions sur le marché Euronext Growth d’Euronext Paris » du Document d’Information.
 
Avertissement
Le présent communiqué de presse contient des indications sur les perspectives et axes de développement de la Société. Ces indications sont parfois identifiées par l’utilisation du futur, du conditionnel et de termes à caractère prospectif tels que « penser », « avoir pour objectif de », « s’attendre à », « entendre », « estimer », « croire », « devoir », « pourrait », « souhaite » ou, le cas échéant, la forme négative de ces termes ou toute autre variante ou expression similaire. Ces informations ne sont pas des données historiques et ne doivent pas être interprétées comme des garanties que les faits et données énoncés se produiront. Ces informations sont fondées sur des données, des hypothèses et estimations considérées comme raisonnables par la Société. Elles sont susceptibles d’évoluer ou d’être modifiées en raison des incertitudes liées notamment à l’environnement économique, financier, concurrentiel et réglementaire. Ces informations contiennent des données relatives aux intentions, estimations et objectifs de la Société concernant notamment, le marché, la stratégie, la croissance, les résultats, la situation financière et la trésorerie de la Société. Les informations prospectives mentionnées dans le pré

Très vif succès de l’introduction en bourse d’Agripower France sur le marché Euronext Growth® Paris

Succès de l’introduction en bourse de la société sur Euronext Growth Paris, avec une demande de 24 millions d’euros, soit une sursouscription de l’offre de 4.8 fois. 

 

•Montant brut de l’opération: 6,75 M€2dont 5,75 M€ en augmentation de capital,dans le cadre du Placement Global et de l’Offre à Prix Ferme après exercice intégral de la clause d’extension et de la cession d’actions existantes

•Plus forte demande des particuliers enregistrée depuis mai 2018 sur Euronext Growth: 14M€•Prix de l’action: 6,70 euros

•Début des négociations le 20 novembre2019

(Code ISIN : FR0013452281 / Mnémonique : ALAGP).

Le Placement Global, principalement destiné aux investisseurs institutionnels, et l’Offre à Prix Ferme, principalement destinée aux personnes physiques, ont rencontré un très vif succès. La demande globale s’est élevée à 24,2 M€, dont 10,3M€ pour le placement global et 13,9M€pour l’Offre à Prix Ferme, soit un taux de sursouscriptionglobalde 4,8fois. Constatant la forte demande, le Conseil d’Administration d’Agripower, réuni ce jour, a décidé d’exercer l’intégralité de la clause d’extension.

Dans le cadre de cette opération, 1007461 actions seront allouées, réparties entre:-858 208 actions nouvelles(les « Actions Nouvelles»), ce qui représente une augmentation de capital d’un montant brut de 5,75 M€,et -149 253 actions existantes cédées par le principal actionnaire LYCE CONSEIL SARL(les « Actions Cédées»et ensemble avec les Actions Nouvelles, les « Actions Offertes») auprès d’investisseurs institutionnels, représentant une cession brute de 1,0 M€3.Le nombre de titres alloués dans le cadre du Placement Global s’élève à 856342 Actions Offertes, correspondant à un montant de 5,74M€. Sur l’Offre à Prix Ferme, 151119 Actions Nouvellesont été allouées au public, soit un montant de 1,01M€. Les ordres A1 (de 1 action jusqu’à 250 actions incluses) seront servis de l’ordre de12.2% et les ordres A2 (au-delà de 250 actions) ne seront pas servis.1Sur la base de l’offre initiale : Placement Global et Offre à Prix Ferme, hors clause d’extension2Incluant 1 M€ de produit de cession d’actions existantes par le principal actionnaire, LYCE CONSEIL SARL3La Société ne recevra aucun produit de la cession des Actions Cédées.

 

 

À l’issue de l’opération, le capital d’Agripowerest désormais composé de 2358 208actions, ce qui représente une valorisation de 15,8 M€ sur la base du prix d’introduction en bourse. Le flottant représente 42,72% du capital de la Société.Le règlement-livraisondes Actions Nouvellesinterviendra le 19 novembre2019 et le règlement des Actions Cédées interviendra le 20 novembre 2019. Les actions seront admises à la négociation sur le marché Euronext Growth, à compter du 20 novembre 2019, en cotation en continu, sous le code ISIN: FR0013452281et le mnémonique: ALAGP.Il est précisé que les Actions Cédées aux investisseurs institutionnels lors du règlement-livraison du 20 novembre 2019 pourraient ne pas être négociables le même jour. Eric Lecoq, Président Directeur Général d’Agripower France déclare : « Nous tenons à remercier vivement les investisseurs institutionnels et individuels qui nous ont fait confiance en participant à notre introduction en Bourse. Nous sommes heureux de l’accueil très enthousiaste réservé à Agripowerà l’occasion de cette étape clé pour le développement et les ambitions de notre société.Les fonds levés vont nous permettre d’accélérer notre stratégie de croissance et de faire d’Agripower l’un des acteurs français clés de la transition énergétique.

 

 

Comment les actifs préparent-ils l’avenir grâce à l’épargne et à l’investissement en entreprise ?

A l’occasion d’Actionaria 2019, Infopro Digital organisateur de ce salon de référence en Europe pour investir en entreprise, faire le point sur les moyens mis en œuvre par les Français actifs pour préparer leur avenir.

Le débat sur la retraite bat son plein, dans le sillon du projet de réforme du Gouvernement mené par le Ministre Jean-Paul Delevoye, Haut-Commissaire aux retraites.
Les obligations et les fonds euros voient leurs rendements baisser d’année en année et les investisseurs cherchent d’autres investissements alternatifs plus porteurs d’avenir.

L’étude cherche a répondre à la question: Les Français actifs sont-ils prêts pour l’investissement en entreprise ?

La privatisation en cours de la FDJ, dont on annonce le succès retentissant, donnera-t-il le « la » d’une nouvelle tendance vers l’investissement en Bourse ? Les Français sont-ils prêts à diversifier leur épargne et à l’orienter davantage vers l’investissement en entreprise ?

L’étude a été menée par questionnaire auto-administré en ligne, auprès de 1 000 répondants représentatifs de la population française active entre 22 et 55 ans, entre les 22 et 25 octobre 2019.

Les principaux enseignements de l’étude sont les suivants :

1. La majorité des 25 à 55 ans actifs estime avoir de mauvaises connaissances financières. Plus à l’aise sur le Livret A ou les taux d’intérêt, elle éprouve des difficultés à parler du CAC40 ou de volatilité.

2. Avec à peine 42% des actifs sont optimistes sur l’évolution de leur situation financière au- delà de dix ans, ils se déclarent de moins en moins sereins quant à leur avenir.

3. 36 ans et 5 mois : c’est l’âge idéal pour commencer à préparer sa retraite selon les actifs de 25 à 55 ans.

4. Un tiers des actifs épargne une part de ses revenus de façon systématique, principalement pour préparer sa retraite et se créer un patrimoine.

5. 4 actifs sur 5 privilégient l’immobilier pour préparer son avenir. Ils sont une majorité à opter pour l’assurance-vie ou les livrets pour une épargne de huit ans ou plus.

6. La méconnaissance des placements induit une inquiétude vis-à-vis du risque et engendre un manque de confiance vis-à-vis de l’investissement en entreprise

7. 1 actif sur 3 se verrait bien actionnaire et placerait son épargne dans l’investissement en entreprise. A condition que ces entreprises s’engagent envers les hommes et l’environnement. Aux acteurs de l’investissement en entreprise de le rendre plus accessible et de présenter ses avantages en termes de rendement et d’impact social.

Au sujet de ces résultats, Olivier Cénille, directeur du développement Études chez Infopro Digital, s’est exprimé sur ses enseignements : « Quand ils sont en mesure de le faire, les actifs épargnent pour préparer leur avenir, mais aussi pour des projets de court terme comme voyager. Cependant ils sont peu à considérer l’investissement en entreprise qui peut pourtant répondre à un besoin rapide de liquidités et s’avérer plus rentables que les supports traditionnels largement plébiscités tels que l’immobilier ou l’assurance vie », commente Olivier Cénille, directeur du développement Études chez Infopro Digital. « Les principes de l’investissement en entreprise sont méconnus. Et c’est sans aucun doute cette méconnaissance qui est à l’origine du manque de confiance. Pourtant l’étude nous montre qu’à condition d’être bien informés, de nombreux actifs seraient prêts à devenir actionnaires d’entreprises en phase avec leurs convictions. »

A propos du salon Actionaria 2019

Actionaria est le salon de référence en Europe pour investir en entreprise. Fort de 16 000 visiteurs en 2018,
Actionaria revient pour une 22e édition avec plus de 60 sociétés exposantes, et pas moins de 109 prises de paroles.

L’étude est publiée dans le cadre de l’édition 2019 d’Actionaria, qui se déroulera du 21 au 22 novembre 2019 au Palais des Congrès de Paris.

Jean-Baptiste Alline, co-commissaire général d’Actionaria indique : « Actionaria est le plus grand rassemblement entre actionnaires individuels et entreprises en Europe. Nous attendons cette année encore 16 000 visiteurs sur deux jours. Ils auront l’opportunité de rencontrer et dialoguer avec des entreprises, cotées et non cotées, souhaitant partager avec eux leurs stratégies et dernières innovations. Dans un contexte de taux bas, investir en entreprise est plus que jamais une solution de placement offrant de belles perspectives de rendement, tout en soutenant l’économie réelle. »

Aurélien Lafaye, co-commissaire général ajoute : « La richesse des contenus que nous proposons sur Actionaria permet aux visiteurs de repartir avec toutes les clés pour bien investir en entreprise, que ce soit en Bourse ou dans le non-côté. Pour cette nouvelle édition, les visiteurs auront par exemple l’occasion de venir écouter Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’Économie et du Redressement productif, co-fondateur de la marque Bleu Blanc Ruche, Guillaume GIBAULT, fondateur du Slip Français, et Guy Gourevitch, président de France Angels lors d’une conférence dédiée au Made in France ».

La liste de l’ensemble des intervenants présents sur Actionaria 2019 est disponible.

Actionaria est un événement organisé par Infopro Digital. Infopro Digital est un groupe leader de l’information et de services professionnels. Le groupe couvre plusieurs univers clés de l’économie : la construction, l’automobile, l’industrie, l’assurance et la finance, la distribution et le secteur public. Ses produits (logiciels, bases de données, plateformes digitales, salons, conférences et formations, médias…) permettent à ses clients de développer leur chiffre d’affaires, et d’améliorer leur productivité et leur efficacité.

Crise = opportunité ?

Jean-Marie MERCADAL – Directeur Général Délégué en charge des gestions OFI AM

Nous faisons référence au fameux idéogramme chinois, où le signe graphique qui représente le concept de crise signifie également opportunité.
Le mois d’octobre a été rude.
Les investisseurs sont confrontés à une phase boursière anxiogène, pour de multiples raisons que nous avions évoquées lors de notre publication d’octobre : la volatilité des marchés avait ainsi été un peu oubliée après plusieurs années de soutien des Banques Centrales et une année 2017 haussière en « ligne droite »…
Comme à chaque consolidation un peu sévère, le moral des investisseurs flanche… alors que se profilent probablement des opportunités…

ALLOCATION D’ACTIFS

Le mois d’octobre s’achève enfin ! C’est une bonne nouvelle
pour les investisseurs !
Sur les actions américaines, il s’agit du pire mois d’octobre
depuis 2008 et l’un des pires mois depuis 10 ans avec un repli,
du plus haut au plus bas, de près de 10 % de l’indice S&P 500 et
de 14 % de l’indice Nasdaq riche en valeurs technologiques. Les
actions européennes ont également perdu en extrême près
de 10 %. Et à l’intérieur des indices, nous avons assisté à un
mouvement de rotation sectorielle très violent, à deux niveaux :
forte baisse des valeurs sensibles à une remontée des taux
d’intérêt, avec en corollaire une reprise des secteurs défensifs
« visibles », et parallèlement, une désaffection des valeurs « cycliques
». Les petites et moyennes valeurs ont également été très
pénalisées avec des replis de plus de 20 % en Europe.
Ce contexte très tourmenté a sérieusement affecté les sociétés
de gestion qui ont été confrontées à de grosses vagues de rachats
: les derniers chiffres issus de « Morningstar » montrent
que les investisseurs ont procédé à des retraits pour près de
85 Mds$ des fonds actions au troisième trimestre. Les sociétés
de gestion cotées ont vu leurs capitalisations boursières perdre de
20 à 30 % dans l’ensemble, ce qui ne paraît pas incohérent au vu
des performances affichées : à ce jour, et surtout après octobre,
les résultats d’ensemble des gérants ne sont pas satisfaisants.
La part de fonds qui surperforment figure parmi les plus bas
niveaux depuis 2001, avec en Europe seulement 31 % des fonds
en surperformance. Sur la catégorie actions françaises la statistique
est encore pire avec seulement 13 %, et 25 % pour les
actions américaines. La moyenne des fonds diversifiés d’allocation
flexible affiche une performance très décevante de près
de – 4,6 % entre le début de l’année et fin octobre.
Pourquoi une correction aussi violente ?
Les investisseurs sont confrontés depuis quelques mois à une
multiplication de facteurs d’incertitudes – que nous avions déjà
évoqués à plusieurs reprises dans ces colonnes – mais au bout
d’un moment l’accumulation finit par provoquer des réactions
très vives : guerre commerciale, situation politique très compliquée
en Europe (Brexit, Italie…), fin des politiques monétaires
ultra accommodantes… Mais, fait nouveau, la saison de
publication des résultats des entreprises, si elle n’a pas été
mauvaise dans l’ensemble, a mis en évidence quelques « profit
warnings » et également des doutes sur les « guidances »,
c’est-à-dire les perspectives données par les chefs d’entreprises.
Sommes-nous dès lors dans une logique d’auto-réalisation,
avec la baisse de visibilité liée au contexte global qui pèse sur
la confiance des investisseurs et des chefs d’entreprise ? Les
marchés nous annoncent-ils un « hard landing », c’est à dire une
forte contraction de l’activité ?
Les instituts de conjoncture internationaux comme l’OCDE et
le FMI ont révisé à la baisse leurs perspectives de croissance
mondiale. Pour l’instant, cette révision est modérée, passant de
3,9 % à 3,7 % mais avec la mise en évidence de risques potentiels
plus importants, surtout si la guerre commerciale s’intensifie.
Nous notons par ailleurs une divergence de plus en plus manifeste
entre les États-Unis et le reste du monde.
La Chine serait en première ligne sur le sujet de la guerre commerciale
alors que la croissance du pays suscite des interrogations.

Mi-octobre, les autorités sont intervenues pour stimuler l’activité
en annonçant un assouplissement monétaire alors que les
statistiques officielles annonçaient un taux de croissance de
6,5 %, ce qui reste convenable. Mais les marchés doutent de
ces statistiques officielles et considèrent que si des mesures de
soutien sont prises, c’est qu’il y a un problème. La zone Euro pose
aussi question. Les dernières enquêtes de conjoncture ne sont
pas encourageantes. L’indice PMI manufacturier d’octobre en
Allemagne est au plus bas depuis 3 ans. Ce ralentissement de
l’activité observé dans toute la zone s’explique par la faiblesse
des nouvelles commandes, notamment à l’exportation. Et la
consommation risque de ralentir dans les prochains mois sous
l’effet de la hausse des prix de l’énergie. Au final, la croissance
pourrait avoir du mal à atteindre 2,0 %, contre près de 2,5 %
attendu en début d’année. Nous sommes cependant, là aussi,
loin d’une récession.
Il n’y a donc finalement qu’aux États-Unis où les indicateurs
d’activité restent robustes avec une croissance de 3,5 % au
troisième trimestre. La dynamique reste forte : 250 000 emplois
créés encore en octobre, avec une hausse du salaire horaire
de 3,1 %, ce qui porte le taux de chômage proche des plus bas
historiques à 3,7 %. L’issue des élections de Mid Term donne
une répartition des pouvoirs entre les deux chambres. Il s’agit
du scénario attendu qui n’a pas provoqué de réaction négative
sur les marchés. C’est une situation presque idéale qui pourrait
limiter les velléités quelquefois imprévisibles de Donald Trump
sans remettre en cause les acquis des baisses d’impôt et des
mesures de soutien de l’économie. Donald Trump risque d’être
ainsi limité dans son action domestique. Il peut se focaliser sur
la politique étrangère, et les sujets susceptibles de peser ne
manquent pas : Iran, Corée du Nord, « guerre commerciale vis-àvis
de la Chine… », les signaux envoyés sont pour l’instant contradictoires
et la réaction des marchés est vive à chaque déclaration,
ce qui montre qu’il s’agit d’un sujet majeur de préoccupation. La
rencontre entre le Président américain et son homologue chinois
le 30 novembre prochain lors du sommet du G20 à Buenos Aires
sera très importante : soit une voie de négociation plus constructive
s’ouvre, soit Donald Trump peut en profiter pour dénoncer
les avantages actuels et le manque de réciprocité de la Chine
et appliquer unilatéralement 25 % de taxes sur les importations
chinoises aux États-Unis. Cette éventualité appellerait probablement
des mesures de rétorsion (dévaluation du Yuan, blocages
administratifs pour les affaires avec les États-Unis…). Dans ce
cas, les réactions en chaîne sur l’économie et les autres pays
émergents seraient négatives. Nous continuons à penser que
la raison devrait l’emporter et que personne n’a vraiment intérêt
à s’engager dans une spirale négative. À suivre.
Enfin, à ces problématiques de fond s’ajoutent les risques
conjoncturels consécutifs à la hausse du pétrole. Le cours du
baril a plus que doublé lors des 18 derniers mois, ce qui peut
avoir un impact. Aux cours actuels, autour de 70 USD le baril,
il se situe dans une zone « neutre » idéale qui préserve les
intérêts des pays producteurs et qui ne devrait pas trop
pénaliser les pays consommateurs. Mais il y a un risque à la
hausse du fait de la conjonction d’un certain nombre de facteurs :
embargo américain vis-à-vis de l’Iran, problèmes de distribution
et de qualité sur le pétrole de schiste aux États-Unis…

Si la macroéconomie donne donc des signes de tassement,
mais toutefois pas de récession, les nouvelles provenant de
la micro-économie donnent désormais un panorama plus
modéré : les résultats d’ensemble publiés par les entreprises
restent globalement bons mais il y a eu plusieurs « profit
warnings » et les « guidances » apparaissent plus prudentes.
Aux États-Unis, le bilan trimestriel s’avère satisfaisant : près
de 80 % des entreprises qui ont publié leurs résultats ont
dépassé les attentes des analystes, avec une progression
moyenne des bénéfices de 23,5 % et des chiffres d’affaires
en progression de près de 9 %. Mais il convient de remarquer
que ces nouvelles étaient déjà intégrées dans les cours.
Les entreprises qui ont battu les attentes ont vu leurs cours
de bourse stagner dans l’ensemble alors que celles qui
ont déçu ont enregistré une sous performance médiane
de l’ordre de 5 %, avec quelquefois des replis de l’ordre de
20 %. Les investisseurs semblent donc douter des perspectives
futures, les marges bénéficiaires pouvant être affectées
par la hausse des coûts de production, la hausse des taux…
Pour l’instant, les analystes anticipent une progression de
l’ordre de 9 % des bénéfices des entreprises de l’indice
S&P 500 en 2019. En Europe, l’image diffère légèrement
jusqu’à présent et reflète la dynamique moins porteuse :
40 % seulement des entreprises qui ont publié battent
les attentes. Pour l’ensemble de l’année 2018, les bénéfices
ont été révisés à la baisse et nous attendons une progression
en masse de 5 % des bénéfices contre près de 10 %
initialement. Pour l’année prochaine, les perspectives restent
positives avec + 10 % mais les marchés semblent en douter
pour l’instant.
Quel scénario envisager ?
Les marchés craignent donc un « scénario noir », qui combinerait
ralentissement économique, hausse de l’inflation, fin des
politiques monétaires accommodantes et, de ce fait, hausse
des taux d’intérêt. Mais le pire n’est pas certain. Chacun
des facteurs de risque pris individuellement a une probabilité
d’occurrence qui est largement inférieure à 50 % d’après nos
analyses. Concernant la « guerre commerciale », nous avons
le sentiment que la raison l’emportera comme expliqué cidessus.
En Europe, les élections européennes risquent
d’être difficiles pour les partis pro-européens, mais c’est
probablement déjà dans les cours. Le cas de l’Italie retient
l’attention actuellement. Au vu des derniers sondages, c’est
la Ligue du Nord qui progresse au détriment du mouvement
« 5 étoiles », plus franchement hostile à la rigueur budgétaire
prônée par Bruxelles. Le scénario qui nous semble le plus
probable est celui d’un échec de la coalition actuelle avec,
à terme, une nouvelle coalition formée par la Ligue du Nord
et le parti de centre droit. Au final, un attelage plus libéral économiquement
et attaché à rester dans la zone Euro. En attendant,
il risque d’y avoir beaucoup de volatilité sur la dette italienne
au cours des prochains mois, mais il y aura un bon moment
pour l’acheter – car nous ne pensons pas que le scénario
d’éclatement de l’Euro se produise, même si il y aura une
représentation populiste antisystème accrue au sein du
nouveau parlement européen.
Reste la question des taux d’intérêt…

T A U X D ’ I N T É R Ê T

Comment investir dans un environnement
de fin de politiques monétaires
ultra accommodantes ?
Réduire les durations.
S’il n’y avait pas eu l’épisode de la crise italienne en zone Euro,
la logique aurait voulu que le rendement du Bund 10 ans se
situe autour de 0,75 %, niveau atteint en début d’année d’ailleurs.
En effet, la normalisation en cours de la politique monétaire
et les conditions économiques justifient un tel niveau. La BCE
a annoncé la fin de son programme d’achat de titres à partir de
l’année prochaine. Les taux directeurs ne devraient cependant
pas être modifiés dans les prochains mois et l’Eonia restera
en territoire négatif. Aux États-Unis, la Fed annoncera
probablement un nouveau relèvement des Fed Funds de
25 pb en décembre (actuellement à 2,00 %/2,25 %). Les
marchés attendent 3 ou 4 hausses supplémentaires en 2019
et la fin du cycle de resserrement est prévu pour le courant
2020, avec des Fed Funds autour de 3,25 %/3,50 %. À moins
d’une rechute claire en ralentissement/récession, il nous
semble donc inéluctable d’atteindre des niveaux de taux longs
plus « normaux » dans les prochains mois. Peut-être après les
élections européennes pour ce qui est de la zone Euro ? Le cas
est un peu différent aux États-Unis. Les rendements obligataires
ont déjà remonté parallèlement à la croissance et au durcissement
monétaire opéré par la Fed. Le 10 ans T-Notes américain se
stabilise désormais entre 3,00 % et 3,20 %. La logique historique
de ces 30 dernières années voudrait qu’il soit proche du niveau
des Fed Funds à la fin du cycle actuel, soit autour des niveaux
actuels selon les « futures » de marché, soit plutôt autour de
3,50 % selon la moyenne des prévisions des membres de la
Fed, et ce à horizon mi-2020. Rien de bien dangereux selon
nous pour les marchés : on semble loin d’un « krach » obligataire.
Il convient cependant de conserver des sensibilités
modérées à ce stade à notre avis.
Trouver des poches de sous-valorisation.
Difficile sur le crédit « Investment Grade ». Si les spreads(1)
ont remonté, ils ne nous semblent pas encore assez attractifs
pour immuniser contre le risque de sensibilité à la remontée
des taux d’intérêt. La thématique des obligations indexées
contre l’inflation nous semble intéressante, surtout que
les « breakevens(2) » ont rebaissé sensiblement en zone Euro,
autour de 1,30 % à 10 ans en Allemagne et en France et moins
de 1,00 % en Italie. Il convient de s’y positionner dans une
perspective de moyen terme.
Concernant les obligations européennes « High Yield », nous
attendions un écartement supplémentaire de 50 points de
base avant de repasser franchement positif. Il s’est produit en
octobre. Nous pouvons désormais construire des portefeuilles
bien diversifiés sur ce segment avec un rendement supérieur
à 5,00 % à horizon 5 ans, ce qui nous semble attractif.
De même, nous considérons que nous sommes « également
bien rémunérés » pour le risque sur les obligations émergentes
en devises locales. Elles ont bien résisté en octobre, les principales
devises s’étant stabilisées dans l’ensemble. Le Réal brésilien

a même progressé avec l’élection du nouveau
Président car son programme libéral
séduit les marchés. De nombreux spécialistes
considèrent que les monnaies émergentes
restent sous-évaluées globalement.
Le rendement est élevé à près de 8,50 %
sur un panier équilibré de dettes gouvernementales
de près de 5 ans de maturité.
Les obligations convertibles semblent
encore intéressantes pour leur convexité
plus que pour les rendements offerts. Par
ailleurs, la volatilité implicite(3) a remonté à
près de 30 en Europe mais se situe plutôt
dans des bas de fourchette depuis quelques
années, et s’explique par les flux qui sont
sortis cette année de la classe d’actifs.

A C T I O N S

Faut-il acheter franchement
maintenant ?
Après une correction de plus de 10 %
depuis les plus hauts niveaux de l’année,
les valorisations des actions – et particulièrement
européennes – nous semblent
attractives, en absolu et également en
comparaison des autres classes d’actifs.
D’ailleurs, et en dépit de la hausse de la
volatilité de ces dernières semaines, les
modèles d’allocation que nous utilisons
n’ont pas réduit la part des actions. Le
PER(4) 2018 de l’indice S&P 500, c’est-àdire
sur des résultats désormais pratiquement
connus, est à moins de 17, celui de
2019 est à 15,5 avec une progression des
résultats de près de 9 % attendue pour
l’année prochaine. Cela reste historiquement
très convenable. En Europe, ces
chiffres s’établissent respectivement à 13,7
et 12,5, avec un rendement des dividendes
qui a monté à 3,7 % désormais.
Si notre scénario se déroule, il convient de
privilégier les valeurs qui bénéficieraient
d’une tension modérée des taux obligataires
et qui sont très décotées actuellement
: banques européennes, automobile, certaines industrielles…
Globalement, nous restons toutefois encore
neutre sur les actions car la phase de
correction actuelle peut durer et l’appétit
des investisseurs semble encore modéré.
Nous passerions franchement à l’achat si
des replis supplémentaires de 5 % à 10 %
se produisaient, particulièrement sur les
actions européennes qui sont très peu
détenues actuellement par les investisseurs
internationaux.
Enfin, nous réitérons notre vue positive
sur l’or, qui a nettement sous-performé les
autres actifs financiers ces derniers mois,
et qui pourrait bénéficier de la conjonction
d’un certain nombre de facteurs positifs :
stabilisation, voire baisse du dollar, remontée
de l’inflation et tensions politiques.

Notre scénario central

Nous sommes passés de positif à
neutre sur les actions en mai dernier.
Depuis, les indices ont perdu près
de 10 % en Europe. Il y a beaucoup
d’éléments de risques, mais qui sont
à notre avis partiellement intégrés
dans les cours et les valorisations
d’ensemble des actions sont très
convenables. Nous avons donc failli
repasser positifs ! Nous pensons
cependant que la phase de volatilité
et de consolidation peut durer encore
quelques semaines.
Au final, nous voyons une situation
de marché un peu « classique » de
consolidation qui est davantage liée
à des craintes de ralentissement
économiques et financières que
systémiques. Un scénario du type
été 2015/février 2016 nous semble
possible. À cette époque, les actions
avaient consolidé de près de 20 % en
extrême en Europe et de près 10 %
aux États-Unis… avant de reprendre
un chemin haussier.

Les indices atteignent de nouveaux sommets. La hausse des marchés actions peut-elle continuer ?

Par Vincent Guenzi – Cholet Dupont

Economie : la croissance mondiale s’est encore atténuée légèrement en octobre.
Etats-Unis : l’activité a encore faibli en septembre mais elle semble s’être redressée en octobre.
Zone Euro : très léger redressement du rythme d’expansion en octobre, malgré la faiblesse de Allemagne.
Japon : forte baisse de l’activité à analyser prudemment compte tenu de la hausse de la TVA.
Pays émergents : le rythme d’expansion de l’activité continue à faiblir.

Marchés de taux d’intérêt : hausse des taux longs, baisse des emprunts d’Etats et du crédit.
Marchés des changes et des Matières Premières : hausse de l’euro et baisse du dollar.
Résultats des entreprises : poursuite des révisions en baisse des estimations bénéficiaires.
Evolutions des secteurs européens : une forte rotation sectorielle.
Evolution des marchés actions et des valorisations : l’espoir fait encore monter les marchés.

Stratégie d’investissement : renforcer le poids des actions sur tout repli.
Allocation d’actifs d’un fonds patrimonial Equilibré : relèvement du poids des actions.

Le mois d’octobre avait débuté dans le doute. Finalement, les indices actions ont progressé assez sensiblement et, depuis le début du mois de novembre, ils touchent de nouveaux sommets.

Une question de fond se pose : la hausse des marchés peut-elle continuer ou bien va-t-elle s’arrêter ?

Les hypothèses sur le contexte économique de 2020 seront déterminantes pour y répondre.
Nous privilégions un scénario de reprise modérée de l’activité mondiale.
La hausse des marchés actions s’est bien entendue nourrie d’anticipations et d’espoir
mais nous pourrions entrevoir un potentiel d’appréciation supplémentaire des valorisations.
Nos objectifs pour fin 2019 et pour mi-2020 sont sans doute trop prudents et nous serons probablement amenés à les remonter progressivement.
Nous conseillons de surveiller tout repli des indices ou toute baisse excessive des actions pour renforcer l’exposition des portefeuilles.

Le mois d’octobre avait débuté dans le doute. D’une part, les statistiques économiques publiées étaient décevantes et relançaient les craintes d’un ralentissement économique beaucoup plus prononcé. D’autre part, un échec des nouvelles négociations commerciales USA/Chine ne pouvait être totalement exclu et un accord sur le Brexit n’était pas acquis.

Mais après un bref repli de 4 à 5%, la baisse des actions s’est arrêtée grâce à plusieurs facteurs : le soutien des politiques monétaires et des signaux de bonne volonté dans les négociations commerciales à venir. Par la suite, le rebond des marchés s’est accentué à l’annonce de plusieurs bonnes nouvelles.

– Le Royaume-Uni et l’Union Européenne ont conclu un nouvel accord cadre pour le Brexit, que Boris Johnson a réussi à faire valider par le Parlement, tout en demandant et en obtenant un report de la sortie officielle au 31 janvier 2020. Cela lui laisse le temps d’organiser des élections législatives anticipées le 12 décembre qui seront sans doute le dernier round où s’affronteront les pros et les antis Brexit. D’ici à la ratification officielle, le doute peut subsister mais la probabilité du Hard Brexit a quasiment disparu, ce que les marchés n’ont pu qu’apprécier.

– Les négociations commerciales sino-américaines se sont finalement déroulées dans un climat plus apaisé qui a permis de définir les contours d’un 1er accord. Il prévoit des achats de produits agricoles américains, le non recours à une guerre des changes et des avancées dans l’ouverture du marché chinois et dans le respect de la propriété industrielle. En contrepartie, Donald Trump a suspendu la hausse des droits de douane sur 250 milliards d’importations, prévue le 15 octobre. Les discussions afin de finaliser et de ratifier cet accord se sont poursuivies dans un même esprit d’apaisement qui permet d’envisager aujourd’hui une signature prochaine de cette première phase. Les deux parties viennent même de convenir d’un abaissement des droits de douane déjà en place au fur et à mesure de l’avancement des prochains accords, ce qui serait favorable à l’activité économique et aux échanges commerciaux.

– Enfin, les Banques Centrales ont confirmé leur soutien (en Europe et au Japon) ou l’ont accentué (dans les pays émergents). La FED américaine a accompagné sa 3ème baisse des taux de l’année de l’annonce d’une probable pause dans sa politique qu’elle juge appropriée à un contexte général en voie d’amélioration.

Finalement, les indices actions ont progressé assez sensiblement sur le mois, gagnant en devises locales, jusqu’à 5% dans les pays émergents et au Japon, 2 % aux Etats-Unis et 1% seulement en moyenne en Europe. Les taux à long terme des pays développés ont engagé une remontée qui a pénalisé les emprunts d’Etat et les obligations privées. Enfin, la levée partielle des incertitudes en Europe a permis à l’Euro de se redresser notamment face au dollar qui a perdu 2.3%.

Depuis le début du mois de novembre, ce scénario général se maintient, les indices actions touchant de nouveaux sommets.
Les résultats trimestriels publiés sont parfois mitigés, plus satisfaisants globalement aux Etats-Unis qu’en Europe mais cela n’entrave pas la progression des indices qui est aussi alimentée par la poursuite d’une rotation sectorielle vers les secteurs ou les valeurs délaissées et plus risquées.

Ceci pose une question de fond : la hausse des marchés peut-elle continuer ou bien va-t-elle s’arrêter ? Les hypothèses sur le contexte économique de 2020 seront déterminantes pour y répondre.
Les dernières statistiques publiées laissent entrevoir une stabilisation de la croissance en Europe, à un niveau modeste, ou dans les pays émergents où la moyenne est proche de 4% mais la croissance chinoise, à 6%, est probablement en légère tendance baissière structurelle. L’économie américaine arrive toujours à faire preuve de résilience grâce à la consommation et sa croissance semble pouvoir se maintenir à un niveau proche de 2%. Hormis une nouvelle crise de tensions commerciales ou géopolitiques, le risque de récession aux Etats-Unis semble avoir reculé sensiblement. Nous ne voyons toujours pas d’éléments objectifs domestiques précurseurs d’une récession dans les 12 prochains mois. En revanche, si plusieurs accords commerciaux et tarifaires successifs sont signés avec la Chine, ils redonneraient de la visibilité aux agents économiques particulièrement attentistes. Si nous ne souhaitons pas anticiper un coup de fouet à l’économie américaine après 10 années de croissance interrompue, nous pouvons tout à fait envisager au moins une prolongation de la croissance au rythme actuel. Dans le même temps, les pays émergents et le Japon, très dépendants des échanges commerciaux, ou l’Allemagne, ainsi que les pays européens exportateurs pourraient eux aussi bénéficier d’une embellie et d’un rebond plus prononcé. De plus, la résolution de plus en plus probable du Brexit apporterait certainement quelques dixièmes de pourcent de croissance supplémentaire.

En résumé, soit les tensions commerciales reprennent, mais ce n’est pas le scénario le plus probable, et le ralentissement économique s’accentue, soit l’économie mondiale se redresse.

La hausse des marchés actions s’est bien entendue nourrie d’anticipations et d’espoir. Elle a été rapide et peut amener une pause ou une légère consolidation. Beaucoup pensent que les marchés anticipent toutes les bonnes nouvelles. Ce n’est pas certain au vu du scepticisme de nombreux spécialistes et du sous-investissement de nombreux gérants institutionnels. De plus, le niveau de valorisation des actions ne semble pas intégrer le scénario d’une croissance raisonnable et peu inflationniste pendant plusieurs trimestres, dans un climat plus apaisé, qui permettrait aux entreprises d’investir plus sereinement et d’avoir une croissance des résultats satisfaisante. Parallèlement, le soutien des Banques centrales serait toujours actif mais de moindre ampleur. Dans un tel scénario, où les taux d’intérêt à long terme pourraient remonter de 0.25% dans les grands pays développés, les actions pourraient bénéficier un nouveau regain de faveur, notamment en Europe. Le retour de la confiance se traduit généralement par une hausse des valorisations, qui ne sont toujours pas excessives. Nous pourrions entrevoir un potentiel d’appréciation supplémentaire de 5 à 10% dans les 12 prochains mois.

En conclusion, même si les marchés ont beaucoup progressé, la hausse pourrait continuer, sans exclure de nouvelles petites consolidations. Celles-ci donneront l’occasion de renforcer l’exposition en actions. Nous conseillons de surveiller tout repli des indices ou toute baisse excessive des valeurs. Par ailleurs, il est probable que la rotation sectorielle vers les valeurs délaissées ne soit pas terminée.

Pour l’instant, nous n’avons pas beaucoup modifié nos objectifs pour fin 2019, que nous avons légèrement relevés et pour mi-2020. Ils sont sans doute trop prudents et nous serons probablement amenés à les remonter progressivement.

Nous maintenons nos recommandations globales sur les actions, Neutre à court terme et Surpondérer à moyen terme. Nous avons relevé la note à court terme des actions japonaises à Neutre, et conservons nos préférences pour les Etats-Unis et l’Europe à moyen terme. Nous guettons un moment favorable pour relever notre note sur l’Europe.

Nous avons procédé à des ajustements sectoriels plus nombreux. Nous avons relevé les notes à court ou moyen terme des secteurs cycliques ou financiers. Nous avons abaissé celles de secteurs plus défensifs. Nous restons neutres sur ces derniers à moyen terme.

Nous conservons notre opinion Neutre à court terme et Sous-pondérer à moyen terme sur les produits obligataires qui pourraient encore souffrir de la remontée des taux à long terme.

Dans notre allocation équilibrée, notre Comité d’Allocation d’Actifs de fin octobre a relevé plus fortement le poids des actions européennes et émergentes au détriment des liquidités. Nous avons également allégé le poids des emprunts d’Etat et émergents au profit des obligations privées.

Privilégier les actions “défensives

Par Sébastien Galy, Macro Stratégiste Senior – Nordea Asset Management

lors que la consommation américaine commence à ralentir, que les investissements s’estompent et que la confiance des dirigeants d’entreprises est à son niveau le plus bas (selon les données récentes du CEO Conference Board), les perspectives des marchés actions semblent moins favorables.

Les prévisions bénéficiaires des entreprises pour ce trimestre sont si basses qu’elles sont en train d’être révisées à la hausse, tandis que celles des prochains trimestres devraient être largement revues à la baisse. Toutefois, nous éviterons très probablement une récession dans les économies avancées. De son côté, la reprise de la croissance chinoise devrait intervenir dans deux trimestres. Dans un tel environnement caractérisé par une faible croissance des bénéfices et des discours excessifs quant à l’hypothèse d’une récession, les actions affichent à court-moyen terme une légère tendance positive : nous l’observons actuellement avec un élan soutenu par l’espoir d’un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine.

Au sein des marchés actions, certains segments offrent une meilleure rentabilité ajustée au risque, dans une phase du cycle économique lors de laquelle les valeurs défensives et les actions dites “value” affichent traditionnellement des performances supérieures. À titre d’exemple, le segment des infrastructures cotées en bourse dont les drawdowns (ou pertes maximales) sont limités par rapport aux indices plus larges, offre des performances robustes. Pour rappel, nous continuons de préconiser la détention d’un portefeuille diversifié et résilient.

Chine, Etats-Unis et Europe : il y en a pour tout le monde !

L’Eco du Matin – LBPAM

Les Chinois doivent être attentifs à ne pas pousser leur avantage trop loin, s’ils veulent arriver à un accord avec les Américains.
Aux Etats-Unis, il faut comprendre le message envoyé par l’évolution des coûts salariaux unitaires en matière d’inflation et de profits.
En Europe, peut-être faut-il que Christine Lagarde jette un œil sur le résultat à aujourd’hui des
Abenomics japonais.

Le marché est tellement focalisé sur les relations sino-américaines que tout « grain de sable » dans les rouages de la mécanique devant mener à signer le chapitre 1 de l’accord, que les deux partis disent appeler de leurs vœux, génère de la déception.
On en est là ce matin, avec les informations selon lesquelles la signature n’interviendrait pas dans les prochains jours, mais plutôt en décembre.
Y a-t-il « anguille sous roche » et faut-il, comme en mai dernier, se préparer à un nouvel échec des négociations ?  Sans doute pas ; avant tout parce que ni Pékin ni Washington ne veulent affronter les conséquences politiques de la dégradation de la situation économique, qu’entrainerait cette nouvelle incapacité à s’entendre. Il n’empêche que cette période de fin de négociation semble riche de chicaneries. Où se réunir pour parapher le texte, puisque Santiago du Chili n’est plus une option ? Et puis, les Chinois, qui semblent percevoir une Maison Blanche qui « lâche du lest » pour assurer la bonne fin de l’accord partiel, sont tentés de pousser leur avantage. De fait, les sondages et le résultat des dernières élections locales n’envoient pas un message positif au Président Trump dans la perspective des élections de novembre 2020. Il a impérativement besoin que la croissance économique « tienne le coup » ; pour cela s’entendre avec la Chine est une nécessité.  Tout le monde l’aura compris ! Il n’empêche que Pékin devra savoir ne pas pousser trop loin son avantage ; au risque de perdre lui aussi.

Le marché, en revanche, ne s’est pas passionné au cours de la séance d’hier pour la livraison des statistiques de la productivité et des coûts salariaux unitaires, concernant le troisième trimestre aux Etats-Unis. Il s’agit pourtant d’une série d’indicateurs qui dit beaucoup sur la croissance économique, sur l’inflation et sur les profits. Cela vaut donc la peine de faire un point.

Le repli de 0,3% de la productivité du travail (d’un trimestre à l’autre et en rythme annuel) est certes une déception. Mais la statistique et volatile et sans doute est-il mieux la regarder en glissement sur un an. Dans ce cas, la tendance reste autour de 1,5% ; un peu au-delà en T2 et un peu en deçà en T3. Ce message de stabilité recoupe celui envoyé par les chiffres du PIB.

 

Graph 1:

 

Plus préoccupant est sans doute la tendance des coûts salariaux unitaires (celle des salaires défalquée des gains de productivité). Le ralentissement intervenu sur 2018 laisse place depuis à une accélération : +3,1% en T3 2019 contre +1,0% en T4 2018 (et +2,6% en T4 2017). La tenue de la productivité ne permet donc plus d’« absorber » l’évolution plus rapide des salaires. Le constat envoie un double message. D’abord, avec un retard de quelques trimestres, l’inflation devrait accélérer. Ensuite et en attendant, surtout dans un contexte au mieux de stabilité de la croissance économique, ce sont les profits qui devraient « faire les frais » d’une variation des coûts unitaires supérieure à celle des prix. Mais, attention, le diagnostic vaut à un niveau macroéconomique. Il vaut beaucoup moins, pour ne pas dire que de façon très atténuée, à celui des entreprises « géantes » et plus tournées vers l’international qui composent l’indice S&P 500.

 

Graph 2:

 

Graph 3:

 

 

Passons à l’Europe. Un des points d’attention est évidemment le changement dans la politique économique suivie au sein de la Zone Euro, suite à l’arrivée à la tête de la BCE de Christine Lagarde. Peu d’observateurs s’attendent à une « révolution copernicienne » concernant les objectifs retenus, la cible d’inflation ou les outils de politique monétaire utilisés. En revanche, ils sont à-peu-près tous attentifs à la capacité de la nouvelle Présidente à imposer la nécessité de mettre en place un policy mix à la fois plus innovant et plus efficace. Avec l’espoir qu’il puisse en résulter plus de croissance, et pourquoi pas aussi plus inclusive, une « normalisation » de l’inflation et enfin une meilleure compétitivité.

Quand on parle de mieux utiliser et de mieux coordonner les degrés de liberté disponibles en matière de politiques monétaire, budgétaire et structurelle, comment ne pas penser aux Abenomics ? L’initiative a commencé à être initiée à partir de 2013. Pour quels résultats ? Disons qu’ils apparaissent mitigés : guère plus de croissance et une inflation juste un peu plus élevée.
Graph 4:
Pourquoi cela ? Sans doute doit-on pointer des marges de manœuvre déjà limitées en termes de politique monétaire et des initiatives de soutien budgétaire peut-être plus rhétoriques que tangibles (sans doute parce que les niveaux de déficit atteints étaient simplement intenables). Quant aux réformes structurelles, il y en a eu indéniablement (immigration, ressources humaines, innovation et ouverture sur le monde) ; mais comment mesurer déjà leurs effets ?
Graph 5:
En fait, c’est du côté du change que les changements les plus visibles sont intervenus : le yen a significativement baissé en termes réels contre les autres devises.
Graph 6:
Quel message pour Christine Lagarde : beaucoup de persuasion pour pousser à beaucoup d’audace. Et donc beaucoup de courage. Le tout en sachant que l’« arme » du change ne sera pas facile à utiliser.

TRICK OR TWEET

Par César Pérez Ruiz, responsable des Investissements et CIO chez Pictet Wealth Management

Pour Halloween, la Réserve fédérale américaine (Fed) a distribué des messages contrastés la semaine dernière avec, côté douceur, une troisième baisse consécutive des taux d’intérêt et, en guise de mauvais sort, des commentaires laissant penser que cet abaissement serait suivi d’une pause.

De fait, la Fed souhaite désormais attendre un fléchissement de la consommation américaine – très résistante jusqu’ici – avant d’agir à nouveau sur les taux. Les inquiétudes exprimées tiennent au risque de voir l’investissement des entreprises, qui a accusé au troisième trimestre son plus fort repli en trois ans, fragiliser le marché du travail et, par voie de conséquence, la consommation, au moment où une action préventive de la Fed ne sera plus possible.

Toutefois, après les bons chiffres de l’emploi (malgré la grève chez General Motors) publiés vendredi, les investisseurs apparaissent confiants pour l’heure face aux perspectives des actions américaines, l’indice S&P 500 ayant clôturé la semaine sur un nouveau sommet.

La période semble propice aux transactions à tous les niveaux, des grandes multinationales aux Etats en passant par les entreprises leaders dans leur secteur.
Dans l’automobile, où une consolidation s’impose, les géants Peugeot et Fiat Chrysler devraient bientôt signer un accord de fusion.
De son côté, LVMH, autre fleuron de l’économie française, mais dans le secteur du luxe, a créé la surprise avec l’annonce d’un possible rachat du joailler new-yorkais Tiffany, en proie à des difficultés.

De toute évidence, les sociétés disposant d’abondantes liquidités sont à la recherche de nouvelles synergies. Enfin, Google, qui souhaite concurrencer l’essor d’Apple dans le segment des accessoires connectés, a confirmé vendredi dernier le rachat de Fitbit, pour un montant de 2,1 milliards de dollars.

Nous continuons de privilégier les stratégies alternatives event-driven, appelées à profiter de l’accélération des fusions-acquisitions.

La période de publication des résultats du troisième trimestre touche à sa fin. Si les entreprises américaines ont dépassé les attentes, certes peu ambitieuses, les sociétés européennes en revanche ont déçu. Il convient en outre de relever la bonne tenue de certains titres value ou cycliques – auparavant boudés des investisseurs – par rapport aux valeurs de croissance.

Nous conservons un positionnement neutre à l’égard des actions, mais restons raisonnablement optimistes quant à leurs perspectives à court terme. En effet, la dynamique bénéficiaire commence à s’accélérer (en particulier dans les économies émergentes), les tensions commerciales s’atténuent et les liquidités mondiales, alimentées par les banques centrales, marquent une nouvelle amélioration.

Agripower, expert de la méthanisation, lance son introduction en bourse sur le marché Euronext Growth Paris

La société Agripower France (la « Société»ou «Agripower»), acteur de la transition énergétique et intégrateur de solutions de méthanisation, annonce ce jour le lancement de son introduction en Bourse, en vue de l’admission aux négociations de ses actions sur le marché Euronext Growth®Paris (Code ISIN : FR0013452281/ Mnémonique : ALAGP).
•Prix de l’Offreà Prix Ferme: 6,70 euros par action•Taille de l’Offre: augmentation de capital d’environ 5M€ pouvant être portée à un maximum de 5,75M€ en cas d’exercice intégral de la clause d’extension, cession d’un maximum de 1M€ par le principal actionnaire de la Société uniquement en cas d’exercice intégral de la clause d’extension
•Période de l’Offre: du 5 au 14 novembre2019 pour l’Offre au public et pour le Placement Global•Engagements de souscriptionpour un montant de 3,0 M€•Début des négociations sur le marché Euronext Growth®: le 20 novembre2019
•Titres éligibles aux réductions d’impôt,FCPI, PEA et PEA-PME1
EURONEXT GROWTH POUR ACCÉLÉRER LE DÉVELOPPEMENT
Le produit net des fonds levés dans le cadre de l’émission des Actions Nouvelles (4,55millions d’euros sur la base du Prix de l’Offre) permettra à la Société de poursuivre les objectifs suivants :
•25% pour financer la croissance (BFR) ;
•25% pour accroître la force commerciale ;
•25% pour renforcer les équipes techniques ;
•25% pour enrichir l’offre de la Société.

La géopolitique demeure un facteur clé de l’évolution des marchés

Par Jean Boivin – PhD, Managing Director – Responsable Mondial de la Recherche pour le BlackRock   Investment Institute (BII)

Une acalamie des tensions géopolitiques sur deux principaux sujets actuels, Chine/Etats-Unis et Brexit, a renforcé les actifs à risque.

Nous restons toutefois conscients que ces risques géopolitiques demeureront probablement élevés sur le long terme et nous préconisons d’accroître la résilience des portefeuilles.

Des tensions désescaladées

Les progrès apparents dans les négociations commerciales américano-chinoises et dans celles relatives au Brexit ont profité aux actifs risqués ; les risques géopolitiques se maintiennent cependant à des niveaux élevés.

Poussée protectionniste

Les difficultés économiques provoquées par la montée du protectionnisme semblent s’étendre au-delà du secteur manufacturier, jetant une ombre sur l’environnement de croissance actuel.

3 Surveillance des données

Les indices des directeurs d’achats (PMI) des États-Unis et de la zone euro publiés cette semaine devraient donner une idée de l’état de santé de l’économie mondiale.

 

Graphique de la semaine : Croissance du commerce mondial et commerce mondial BGRI, 2014-2019

Le rendement passé n’est pas un indicateur fiable des résultats actuels ou futurs.

Sources : BlackRock Investment Institute, avec des données du U.S. Customs and Border Protection, Statistics Netherlands et Refinitiv Datastream, octobre 2019. Notes : BGRI est l’indicateur de risque géopolitique BlackRock. Nous identifions des mots spécifiques liés au risque géopolitique en général et aux 10 principaux risques, y compris le commerce mondial. Nous utilisons ensuite l’analyse de texte pour calculer la fréquence de leur apparition dans les bases de données Refinitiv Broker Report et Dow Jones Global Newswire, ainsi que sur Twitter. Nous tenons compte du fait que le langage reflète un sentiment positif ou négatif. Un score de zéro représente le niveau moyen de l’IRBG au cours de son histoire depuis 2003 jusqu’à cette date dans le temps. Un score de un signifie que le niveau BGRI est supérieur d’un écart-type à la moyenne. Nous pesons plus lourdement les lectures récentes dans le calcul de la moyenne.

 

Les effets de la montée du protectionnisme se font sentir sur l’économie et les marchés mondiaux : la croissance globale ralentit et la volatilité de l’évolution géopolitique a provoqué des fluctuations de plus en plus fortes sur les marchés. L’impression d’une atténuation des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, et de celle d’un risque de « Hard Brexit », ont soutenu les actifs risqués depuis début octobre. Nous nous attendons cependant à de nouveaux rebondissements dans les mois à venir, et estimons que les risques géopolitiques resteront élevés sur le long terme. Nous recommandons de renforcer la résilience des portefeuilles.

 

Notre Tableau de bord BlackRock des risques géopolitiques permet de suivre les risques géopolitiques et leurs conséquences potentielles sur le marché. Cet outil comporte à la fois des indicateurs des préoccupations du marché, qui s’appuient sur l’exploitation de données (ce sont nos indicateurs de risque géopolitique BlackRock, ou BGRI), et des avis étayés relatifs aux 10 risques que nous considérons comme majeurs. Notre BGRI Commerce global a toujours affiché une relation négative avec la croissance du commerce mondial. Une forte hausse de ce BGRI en 2018 a ainsi précédé une forte baisse de la croissance du commerce mondial. Cet indicateur est demeuré à des niveaux élevés depuis lors, alors que la croissance du commerce mondial stagne (cf. graphique ci-dessus). Nous sommes donc d’autant plus convaincus que les tensions commerciales et, plus largement, les risques géopolitiques sont devenus des déterminants clés de l’économie mondiale. L’attention relativement soutenue que le marché porte à ces risques laisse à penser qu’il les intègre pour partie à ses anticipations.

 

Le risque géopolitique est devenu en 2019 un des facteurs majeurs de l’économie et des marchés, une évolution que nous avons soulignée dans la dernière mise à jour de nos Perspectives globales d’investissement. L’aggravation marquée du conflit entre les États-Unis et la Chine, notamment, a rendu la prévision de la production mondiale toujours plus incertaine, menaçant de fragiliser davantage l’activité économique. Les marchés se sont apaisés après que les États-Unis et la Chine ont conclu leur dernier cycle de négociations commerciales par un ton plus conciliant. Pourtant, aucun accord n’a été formalisé entre les deux parties, et les États-Unis maintiennent à ce stade l’ensemble de leurs droits de douane existants sur les produits chinois ; ils devraient même annoncer une nouvelle série de hausses le 15 décembre. Toutefois, les Américains comme les Chinois souhaiteraient finaliser le texte d’un accord commercial restreint, que leurs dirigeants pourraient signer lors du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) les 16 et 17 novembre prochains. D’autres réunions de haut niveau seront néanmoins nécessaires pour atteindre cet objectif, ce qui pourrait entraîner de nouveaux rebondissements. Une trêve temporaire pourrait être conclue avant 2020 mais la compétition entre les États-Unis et la Chine nous paraît structurelle et durable. Le désaccord entre les deux pays s’est élargi, et inclut maintenant également les secteurs technologique et financier.

 

L’incertitude demeure élevée compte tenu des bouleversement majeurs qu’a connus le paysage politique outre-Manche. Ce qui nous paraît toutefois le plus vraisemblable, c’est que le Royaume-Uni sollicitera un bref report de son échéance de sortie de l’UE, actuellement fixée au 31 octobre, requête que l’UE devrait agréer. Des élections législatives britanniques s’en suivront probablement, le Parti conservateur du Premier ministre Boris Johnson pouvant envisager de reconquérir sa majorité parlementaire à cette occasion ; l’accord proposé aurait ainsi de bonnes chances d’être approuvé à la suite. Les marchés se montrent maintenant plus optimistes, face à un moindre risque de sortie brutale du Royaume-Uni de l’UE. La livre sterling a fortement rebondi par rapport aux creux qu’elle avait enregistrés début octobre.

 

Il semble clair que les tensions géopolitiques resteront un facteur clé pour l’économie et les marchés mondiaux, et ce malgré l’atténuation apparente de certains risques dernièrement. La croissance mondiale devrait connaître une reprise à un horizon de six à douze mois, à mesure que les politiques de relance se répercuteront progressivement sur l’économie réelle. Des difficultés pourraient cependant apparaître à court terme car les données économiques restent décevantes et l’évolution géopolitique incertaine. Il est donc important de réfléchir aux moyens de protéger les portefeuilles contre les risques potentiels. Nous privilégions les éléments les plus défensifs du marché actions américain, tels que les facteurs Faible volatilité et Qualité. Les emprunts d’État continuent également selon nous à jouer un rôle majeur dans le renforcement de la résilience des portefeuilles, même lorsque leurs rendements sont faibles.

Du « casino » à la bourse, la FDJ fait son introduction

Vincent Boy, Analyste marché chez IG France

L’État français redémarre la privatisation de certaines sociétés dont il est l’actionnaire majoritaire et bien que celle d’ADP semble difficilement réalisable à court-terme, celle de la Française des jeux est lancée.

En effet l’AMF a validé le 17 octobre dernier le document de base fourni par la FDJ, ce qui devrait lancer le processus avant l’offre au public de 50% du capital de la société, l’État devrait en conserver 20%.

L’offre publique démarre le 7 novembre prochain et dans cette attente nous surveillerons l’annonce du cours d’introduction, qui sera déterminée par la valorisation globale de la société faite par l’État.

Le secteur monopolistique en France, les revenus en hausse régulière, le peu d’endettement ou encore la promesse d’un rendement élevé grâce à un taux de redistribution de dividendes égal à 80% du résultat net (selon le document de base envoyé à l’AMF), sont autant de facteurs qui nous laissent penser que l’opération devrait être un succès pour l’État français.

La société OPAP, société de loterie et paris sportif grecque introduite en bourse il y a déjà plusieurs années, offre une bonne base de comparaison et la simple extrapolation du ratio PER donne une valorisation qui pourrait atteindre de 2,7 à 3 Mds €.

Pour l’État français, l’opération semble très positive car il conservera le versement annuel des taxes et impôts divers à hauteur de 3,5 Mds € ou encore les dividendes sur les 20% du capital qu’il conserve. Par ailleurs la FDJ devra lui verser 380 M € d’ici juin 2020 afin de conserver son monopole.

En outre la privatisation de la FDJ devrait permettre de lancer les privatisations de l’État français et d’accélérer les dotations au fonds pour l’innovation et l’industrie. Initié en 2018 avec une enveloppe d’1,6 Mds €, l’État prévoit de le doter de 10 milliards d’euros grâce notamment à ce type d’opération.

Pour les investisseurs, au-delà du caractère solide de l’investissement, la procédure d’introduction pourrait être une opération fructueuse car l’État envisage une décote de 2% du prix d’introduction pour les investisseurs particuliers ainsi que l’octroi d’une action gratuite pour 10 actions achetées, à condition que celles-ci soient conservées au moins 18 mois.

Nous resterons toutefois attentifs à l’évolution des marchés financiers car la valorisation pourrait être dans le haut de la fourchette étant donné les valorisations actuelles des marchés financiers ; le risque de correction pourrait donc être important selon nous.

Par ailleurs, les résultats de 2019 et 2020 pourraient être fortement minorés du fait des coûts liés à l’introduction en bourse ainsi que du versement des 380M d’euros à l’État attendus avant juin 2020.

 

Les dépréciations de Goodwill du CAC 40 en nette augmentation en 2018

Etude annuelle de Duff & Phelps

  • Les dépréciations d’écarts d’acquisition (Goodwill) des sociétés du CAC 40 ont totalisé 9,8 milliards d’euros en 2018, en hausse de 171,3 % par rapport à 2018 ;
  • Le montant de Goodwill net comptabilisé par les 40 sociétés incluses dans le périmètre de l’étude est en croissance de 15,8 % par rapport à 2017 ;
  • Les dépréciations se concentrent fortement sur 3 secteurs : Banque/Assurance, Energie/Electricité et BTP/Génie Civil/Matériaux de Construction ;
  • Les secteurs Biens de Consommation et Hôtellerie ont intégré le Top 5 sectoriel, extériorisant toutefois de faibles montants de dépréciation en termes relatifs.

 

Duff & Phelps dévoile pour la 6ème année consécutive les résultats de son étude sur les dépréciations d’écarts d’acquisition (Goodwill) enregistrées par les groupes du CAC 40.

En contraste avec les trois exercices précédents, une importante augmentation des dépréciations de goodwill a été constatée par Duff & Phelps au cours de l’exercice 2018 : les dépréciations ont totalisé 9,8 milliards d’euros, en hausse de 171,3 % par rapport à 2017. Parmi les 40 sociétés comprises dans l’indice au 31 décembre 2018, 17 sociétés ont enregistré une dépréciation de leur Goodwill, soit 1 société de plus qu’en 2017. 3 sociétés ont comptabilisé des dépréciations supérieures à 1 milliard d’euros, représentant ensemble 88% du montant total des dépréciations ; la première concentrant à elle seule 64% du total.

En parallèle, l’étude de Duff & Phelps relève que le montant de Goodwill net comptabilisé par les groupes du CAC 40 a augmenté de 15,8 %, s’élevant à 378,7 milliards d’euros, contre 327,0 milliards d’euros au titre de l’exercice 2017.

Pour Carine Tourneur, Managing Director et Valuation Advisory Services France Leader au sein du bureau parisien de Duff & Phelps : « La hausse des dépréciations de Goodwill observée en 2018 marque une nette rupture avec la tendance baissière observée au cours des 3 dernières années. L’analyse détaillée ne permet toutefois pas de conclure à une inversion de cycle en tant que tel. En effet, le montant total des dépréciations présente une concentration excessive sur un nombre très limité de sociétés. D’autre part, il doit être apprécié en regard du montant total des Goodwills qui sont en forte augmentation, traduisant les politiques d’acquisition très dynamiques des sociétés du CAC 40 en 2018 ».

Les secteurs Banque/Assurance, Energie/Electricité et BTP/Génie Civil/Matériaux de Construction ont concentré 88 % des dépréciations de goodwill. En y ajoutant les secteurs Biens de Consommation et Hôtellerie, qui intègrent le top 5 en remplacement des secteurs Distribution et Luxe, cette part s’élève à 97 %.

« Le secteur Banque/Assurance reste affecté, en continuité avec la tendance observée ces dernières années. Il en est de même pour le secteur Energie/Electricité, soumis aux aléas des prix du pétrole et du gaz. Pour le reste, les

évènements de dépréciation résultent d’éléments spécifiques à chacune des sociétés concernées, sans facteurs explicatifs communs apparents » analyse Carine Tourneur.

 

Note méthodologique :

L’étude de Duff & Phelps porte sur l’analyse des états financiers des sociétés composant l’indice du CAC 40 au 31 décembre de chaque année. Plus spécifiquement, l’étude 2019 porte sur l’analyse de l’évolution des montants de dépréciation de Goodwill au 31 décembre 2018 comparés à un périmètre 2017 Pro Forma incluant les sociétés composant l’indice au 31 décembre 2018. Afin d’analyser les tendances à données comparables, l’étude prend ainsi en compte l’évolution de l’indice CAC 40, à savoir pour 2018 la sortie de LafargeHolcim et de Solvay, ainsi que l’entrée de Dassault Systèmes et de Hermès. Les données historiques 2017 comprennent les retraitements réalisés postérieurement à la clôture, notamment pour LVMH, EssilorLuxottica et Valéo.    

 

Large succès de l’introduction en bourse de Hoffmann Green Cement Technologies sur le marché Euronext Growth Paris

  • Montant global de l’Offre de 65,4 M€ (dont 17,6 M€ provenant de souscriptions par compensation de créances), pouvant être porté à 75,2 M€ en cas d’exercice intégral de l’option de surallocation
  • Levée de fonds de 47,8 M€, pouvant être portée à 57,6 M€ en cas d’exercice intégral de l’option de surallocation
  • Plus importante introduction en bourse sur Euronext Growth Paris depuis la création de ce marché
  • Opération sursouscrite 2,2 fois / demande globale de 126 M€
  • Prix de l’Offre fixé à 18,0 euros par action (dans la partie haute de la fourchette indicative de prix)
  • Capitalisation boursière de 236,3 M€
  • Début des négociations des actions sur Euronext Growth Paris le 21 octobre 2019

Hoffmann Green Cement Technologies (la « Société » ou « Hoffmann Green ») annonce aujourd’hui le large succès de son introduction en bourse sur le marché Euronext Growth Paris (Code ISIN : FR0013451044 / Mnémonique : ALHGR).

L’Offre a rencontré une très forte demande auprès des investisseurs institutionnels français et étrangers, ainsi que des actionnaires individuels, témoignant d’une prise de conscience globale de l’enjeu porté par la Société. La demande globale s’est élevée à 7 016 887 actions, soit un taux de sursouscription d’environ 2,2 fois l’Offre initiale.

Au regard de la forte demande constatée, le Directoire de la Société, réuni ce jour, a fixé le prix de l’Offre à 18,0 euros par action, dans la partie supérieure de la fourchette indicative de prix. Il a en outre été décidé d’exercer l’intégralité de la clause d’extension.

L’introduction en bourse permet à la Société de réaliser une augmentation de capital de 65,4 M€ après exercice intégral de la clause d’extension, pouvant être portée à un montant total 75,2 M€ en cas d’exercice intégral de l’option de surallocation.

Sur la base du prix d’introduction en bourse de 18,0 euros par action, la capitalisation boursière de Hoffmann Green Cement Technologies s’élève à environ 236,3 M€ et pourra être portée à 246,1 M€ en cas d’exercice intégral de l’option de surallocation.

Le règlement-livraison de l’Offre à Prix Ouvert (« OPO ») et du Placement Global (le « Placement Global » et ensemble avec l’OPO, l’« Offre ») est prévu le 18 octobre 2019 et la négociation des actions Hoffmann Green Cement sur le marché Euronext Growth Paris débutera le 21 octobre 2019.

Julien Blanchard et David Hoffmann, co-fondateurs de Hoffmann Green Cement Technologies, déclarent : « Nous sommes très heureux et fiers du succès de notre introduction en bourse et souhaitons remercier vivement les investisseurs institutionnels français et étrangers, ainsi que les actionnaires individuels, de leur confiance. Cette introduction en bourse accroît notre visibilité et porte sur le marché notre ambition de significativement décarboner dès à présent et de façon pérenne le secteur de la construction. Grâce aux fonds levés, nous pourrons accélérer notre développement notamment avec la construction de deux nouveaux sites de production et renforcer davantage notre avance technologique, avec l’objectif d’atteindre environ 120 M€ de chiffre d’affaires et une marge d’EBITDA d’environ 40% à horizon 2024. Nous remercions nos actionnaires, historiques et nouveaux, ainsi que nos équipes pour leur implication qui a fait de cette opération un véritable succès. »

 

 

L’Union des Marchés de Capitaux doit se montrer plus audacieuse pour surmonter les obstacles qui subsistent

L’AFME publie aujourd’hui la seconde édition de son rapport annuel qui mesure les progrès réalisés à ce jour par le projet phare d’Union des marchés de capitaux (UMC) de la Commission européenne grâce à huit indicateurs clés de performance (ICP), en collaboration avec 10 organisations internationales représentant des parties prenantes internationales et européennes des marchés de capitaux.

Le rapport, intitulé « Indicateurs clés de performance de l’Union des marchés de capitaux », inclut une comparaison pays par pays des progrès réalisés par chacun des États membres de l’UE au regard des objectifs de l’UMC. Le rapport de cette année inclut également un nouvel indicateur mesurant la manière dont les 28 pays de l’Union favorisent l’investissement dans les technologies financières.

Simon Lewis, directeur général de l’AFME, a déclaré : « Alors que l’UE entame un nouveau cycle politique, la Commission européenne se doit de développer plus avant l’Union des marchés de capitaux. Certains indicateurs de notre rapport montrent une amélioration par rapport aux résultats de l’an dernier, tels que le leadership mondial de l’Europe en matière de financement durable, mais il reste encore beaucoup de travail à accomplir aux niveaux européen et national, notamment pour rendre les marchés de capitaux européens plus compétitifs. »

Les huit ICP évaluent les progrès dans les domaines prioritaires suivants de la politique de l’UMC :

1. Indicateur sur la finance de marché : les sociétés peuvent-elles facilement entrer en bourse pour y lever des capitaux ? ;
2. Indicateur sur le marché de l’investissement des ménages : dans quelle mesure l’investissement des particuliers est-il encouragé ?
3. Indicateur de transfert de prêt : dans quelle mesure les banques sont-elles capables de soutenir l’économie au sens large ?
4. Indicateur sur les FinTechs : dans quelle mesure les pays permettent-ils d’investir dans les FinTechs ;
5. Indicateur sur la finance durable : quelle part les investissements à long terme représentent-ils dans l’infrastructure et dans des placements durables ?
6. Indicateur sur le capital-risque avant introduction en bourse : l’accès au financement de l’innovation
est-il facile pour les jeunes entreprises et les sociétés non cotées ?
7. Indicateur de financement transfrontalier : dans quelle mesure l’investissement transfrontalier est-il
facilité ?
8. Indicateur de profondeur du marché : mesure de la profondeur des marchés de capitaux européens.

Quelques-uns des principaux résultats du rapport :

• L’Europe a renforcé sa position de leader mondial de la finance durable
Les émissions d’obligations vertes, sociales et à double usage (à savoir les obligations qui répondent à la
définition d’obligations vertes et sociales) ont augmenté de 16% au sein de l’UE en 2018 pour atteindre 69
milliards €, soit une augmentation de 9 milliards d’euros par rapport à 2017.

• L’UE des 27 est en retard en matière de financement des FinTechs
Les sociétés de technologies financières de l’Union des 27 n’ont bénéficié que de 7,2 milliards de dollars
d’investissements (capital-risque, capital-création, investissements providentiels et capital-investissement)
depuis 2009, contre 120 milliards de dollars aux États-Unis, 20,3 milliards de dollars au Royaume-Uni et 23,8
milliards de dollars en Chine. La première place du Royaume-Uni est due à son environnement réglementaire
adapté et à un vaste marché de financement local pour les nouvelles sociétés.

• La dépendance de l’Europe à l’égard des prêts bancaires a augmenté
Les sociétés européennes s’appuient encore trop sur les prêts bancaires. En effet, 88% de leurs nouveaux
financements en 2018 proviennent des banques et seulement 12% des marchés de capitaux, ce qui constitue
une baisse de 14% en moyenne sur la période 2013-2017.

• La disponibilité des réserves de capitaux en Europe a diminué en 2018
En raison d’une baisse temporaire des prix des actifs, la valeur de l’épargne des ménages investie dans des
instruments des marchés de capitaux au sein de l’UE (actions, parts de fonds d’investissement, obligations,
produits d’assurance et de retraite) a chuté, passant de 118% du PIB en moyenne en 2017 à 113% du PIB en
2018.

• L’Europe continue à accroître les sources de financement par capital-risque pour que les PME
puissent financer leur croissance

Les PME ont connu une augmentation annuelle de 8% des investissements des fonds de capital-investissement, de 12% du capital-risque, de 24% du financement participatif, de 8% du financement par les investisseurs providentiels et de 5% des nouveaux prêts bancaires aux PME. Le capital-risque avant introduction en bourse représentait 2,64% du flux annuel total de financement des PME (y compris les prêts bancaires) contre 2,55% en 2017 et 1,4% en 2013.

• L’écosystème des marchés de capitaux de l’UE s’est détérioré en 2018
Ceci est principalement dû à la baisse des émissions d’instruments de marché tels que les actions et obligations
et à la baisse de la valeur totale de l’épargne financière des ménages suite à la correction des prix des actifs
survenue à la fin de l’année 2018 (comme indiqué précédemment). Cependant, la région d’Europe centrale et
orientale a enregistré une augmentation encourageante des émissions primaires d’actions et d’obligations.

• Davantage de créances irrécouvrables ont été converties en instruments des marchés de capitaux
Les cessions de portefeuilles de prêts par les banques européennes ont augmenté de 32% en 2018 pour
atteindre 182 milliards d’euros, le montant annuel le plus élevé négocié à ce jour. Cette évolution a été motivée
par une autre année de croissance considérable du segment des créances irrécouvrables, les banques des pays
européens ayant accéléré la vente de leurs prêts non remboursés (ou NPL), une action encouragée par les
évolutions réglementaires.

Performance des pays de l’Union des 28
Une comparaison des 28 États Membres de l’UE et de leur performance individuelle par rapport à chaque
indicateur a été réalisée.  Voici quelques-uns des principaux résultats :

• Le Royaume-Uni est en tête de l’UE en matière de nouveaux financements en obligations ou en fonds
propres aux sociétés non financières (SNF) : 26% des nouveaux financements proviennent des marchés.
Les Pays-Bas et la France suivent de près avec les instruments de marché fournissant 18% du total des nouveaux financements dans les deux pays. Ensemble, le Royaume-Uni, la France et les Pays-Bas
représentent 49% du total des fonds levés par les SNF sur les marchés en 2018. Seuls trois pays, la
Croatie, Chypre et la Slovénie, n’ont pas recouru au marché pour financier leurs SNF en 2018.

• Les Pays-Bas, le Royaume-Uni et le Danemark sont en tête des pays européens en ce qui concerne le
montant de l’épargne des ménages investi dans des instruments de marché, en raison de la couverture
accrue des retraites privées. À l’exception de Chypre et de la Grèce, tous les pays ont augmenté le
montant de leur épargne sous forme d’espèces et de dépôts en 2018.

• L’Irlande, l’Italie, le Portugal, Chypre et l’Espagne (pays où le ratio de créances irrécouvrables est
élevé) figurent dans le top dix des pays européens selon l’indice de transfert de prêts en 2018, les
banques continuant de se départir d’actifs en difficulté sur les marchés.

• Le Royaume-Uni est largement en tête de l’UE en ce qui concerne sa capacité à faciliter l’innovation dans
le secteur des FinTechs en raison de l’environnement réglementaire et de sources de financement
importantes. La Suède, le Luxembourg et la Lituanie suivent le Royaume-Uni parmi les pays européens
dotés des écosystèmes les plus adaptés aux FinTechs.

• La Belgique, les Pays-Bas et la Suède sont les pays leaders de l’UE en matière de finance durable avec
plus de 7% des obligations émises en 2018 classées dans la catégorie durable. 21% des obligations
émises en Lituanie en 2018 étaient étiquetées comme durables, ce qui représente un peu plus du double
du pourcentage de 2017. Il convient toutefois de préciser que seules trois obligations ont été émises en
2018 (contre une en 2017).

• L’Irlande arrive en tête en matière de disponibilité du capital-risque pour les PME en pourcentage du
financement total des PME, avec une participation importante des fonds de capital-risque et des fonds
de capital-investissement. L’Estonie se classe au deuxième rang des pays de l’UE en raison de l’important
investissement des business angels en pourcentage du capital-risque et des prêts bancaires.

• Le Luxembourg, le Royaume-Uni et l’Estonie se classent premiers au rang des marchés de capitaux
les plus interconnectés avec le reste de l’UE. La première place du Luxembourg tient à ses émissions de
fonds et d’obligations détenues au sein de l’UE.

• Le Royaume-Uni, le Luxembourg et Chypre ont les marchés de capitaux européens les plus
interconnectés avec le reste du monde. Le Royaume-Uni a joué un rôle de premier plan dans
l’intermédiation de transactions mondiales sur les dérivés de taux de change et de taux d’intérêt. À
Chypre, la connectivité mondiale repose sur la grande part des actions et des fonds chypriotes détenus
en dehors de l’UE.

• L’Estonie et la République Tchèque sont les marchés les plus vastes de la région d’Europe centrale
et orientale. En 2018, l’Estonie a émis 10% d’obligations à haut rendement et 6% d’obligations
« investment grade » au sein de l’Europe centrale et orientale, ce qui représente 2% du PIB des régions.
Le rapport a été rédigé par l’AFME avec le soutien de la Climate Bonds Initiative (CBI), ainsi que par des
associations professionnelles européennes représentant les investisseurs providentiels (BAE, EBAN), les
sociétés de gestion (ACC, EFAMA), le financement participatif (ECN), les investisseurs de détail et
institutionnels (European Investors), les bourses de valeurs mobilières (FESE), les sociétés de capital-risque
et de capital-investissement (Invest Europe), et les fonds de pension (Pensions Europe).

BOOSTHEAT réussit son entrée en Bourse sur le marché réglementé d’Euronext à Paris

BOOSTHEAT, acteur industriel français de l’efficacité énergétique qui conçoit, développe, produit et commercialise une nouvelle génération de chaudières plus écologiques et plus économiques, annonce le succès de son introduction en bourse et l’inscription prochaine aux négociations de ses actions sur le marché réglementé d’Euronext à Paris, compartiment C.

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Points sur les marchés

Par BlackRock   Investment Institute (BII)

Performance des actifs depuis le début de l’année 2019 et variation des performances

Sources : BlackRock Investment Institute, avec des données de Refinitiv Datastream, septembre 2019. Notes : Les points indiquent le rendement total des classes d’actifs en monnaie locale. Les exceptions sont les marchés émergents (EM), les titres à haut rendement et les titres High Yield et Global Corporate Investment Grade (IG), qui sont libellés en dollars américains. Indices ou prix utilisés : Brent brut au comptant, indice MSCI USA, indice DXY, indice MSCI Europe, indice Bank of America Merrill Lynch Global Broad Corporate Index, indice Bank of America Merrill Lynch Global High Yield Index, Datastream obligations gouvernementales de référence à 10 ans (États-Unis et Italie), MSCI Emerging Markets Index, or au comptant et indice EMBI J.P. Morgan.

 

Les effets de l’accalmie apparente dans le conflit commercial américano-chinois, tout comme ceux de l’attaque contre les installations pétrolières de l’Arabie saoudite, montrent à quel point les tensions géopolitiques sont devenues des facteurs déterminants du marché. Les grandes banques centrales ont adopté une posture accommodante : la Fed a réduit ses taux la semaine dernière, conformément aux attentes, juste après l’annonce d’un vaste plan de relance par la Banque centrale européenne (BCE). Cependant, l’absence d’engagement de la Fed quant à l’orientation future de sa politique renforce notre opinion selon laquelle le potentiel d’assouplissement monétaire est forcément limité à court terme. À elle seule, la politique monétaire ne permet pas de remédier à une croissance qui ralentit et à des pressions inflationnistes qui s’accroissent, dans un contexte de tensions commerciales durables.

Le passage de l’information financière dans l’ère digitale

Par Labrador

En 2020 entrera en vigueur le reporting électronique harmonisé au niveau européen ESEF (European Single Electronic Format).

Ce nouveau format, imposé par l’ESMA (Autorité européenne des marchés financiers), constitue le nouveau standard de publication des données financières des entreprises pour plus de lisibilité et de transparence des rapports financiers.

Cette évolution majeure prévoit de faire basculer la communication financière dans l’ère digitale.

Dès 2021, les entreprises soumises à la directive Transparence devront déposer leur Rapport financier annuel ou URD (Document d’enregistrement universel) auprès de l’Autorité des marchés financiers sous un autre format que le PDF traditionnel. C’est un format électronique balisé, appelé iXBRL (qui combine des balises xHTML et XBRL) qui sera désormais la norme.

Qui est concerné par l’ESEF ?

Toutes les entreprises qui font appel à l’épargne publique : société cotée comme émetteurs d’obligations devront désormais publier leurs comptes en HTML. Les entreprises qui publient leurs comptes consolidés en IFRS, le Référentiel comptable applicable aux sociétés cotées sur le marché européen, vont devoir en plus étiqueter (c’est-à-dire « tagger ») leurs états primaires 2020 et tous leurs états financiers à partir de 2022 avec le format XBRL.

La première étape pour les entreprises concerne les directions comptables, qui doivent passer en revue chaque entrée de leurs états primaires afin de les rapprocher des « balises » XBRL de la taxonomie.  Si elles ne trouvent pas de correspondance, des ajouts et personnalisations devront être établis.

Deux changements majeurs vont s’opérer pour les entreprises :

  • Le changement du format du document déposé en HTML
  • Étiqueter (« tagger ») leurs états en faisant appel au format iXBRL

Pour Laurent Rouyrès, Président de Labrador « il est urgent de ne pas se précipiter ! Ce que nous conseillons aux entreprises, c’est de se concerter, de prendre leur temps pour effectuer des choix éclairés de balisages et d’extensions, d’outil de production en fonction de leur stratégie de communication financière. Le véritable enjeu ce n’est pas le XBRL, c’est le passage d’un document en PDF à un document balisé dynamique, évolutif. Chez Labrador, nous produisons déjà 40 000 pages en HTML par an, via notre solution EOL, depuis 6 ans. Nous avons donc déjà pu mettre en place un système d’information fiable pour nos clients pour les préparer à l’arrivée du XBRL. »

« Les modalités techniques de dépôt national et d’audit ne sont pas encore définitivement fixées, c’est bien pourquoi il ne faut pas s’enfermer dans des choix techniques trop vite. L’enjeu pour les entreprises concernées à ce jour réside dans l’élaboration de leur propre « dictionnaire » par extension de la taxonomie officielle, il sera temps ensuite de se lancer dans le balisage des rapports basés sur ce dictionnaire » explique Thomas Verdin, administrateur d’XBRL Europe, membre du comité d’experts multi métiers sur l’ESEF pour Labrador.

Des modalités souples et évolutives

En France, le dépôt se fera toujours auprès de l’AMF, et au niveau européen chaque pays mettra en place ses propres modalités pratiques.

« Pour le moment, il n’y a pas de plateforme de test prévue en 2020 pour le dépôt de l’URD et l’AMF n’anticipe pas de blocage à la réception des fichiers taggés. 2021 sera donc une première année d’application concernant le iXBRL, le temps que les choses se structurent et que les entreprises effectuent cette transition » commente Marie Seiller, Directrice de la direction des affaires comptables à l’AMF.

La directive prévoit que ce codage des comptes en langage informatique s’appliquera en deux temps :

  • Pour les comptes publiés en 2021, l’obligation ne portera que sur les états financiers primaires (bilan, compte de résultat et tableau de financement)
  • Le tagging de l’annexe n’interviendra que 2 ans plus tard, en 2023

La Semaine Mondiale des Investisseurs 2019

Troisième Semaine Mondiale des Investisseurs (World Investor Week 2019) orchestrée par l’Organisation Internationale des Commissions de Valeurs (OICV).

A lieu à l’échelle mondiale du 30 septembre au 6 octobre 2019

Cette semaine a pour but de promouvoir l’éducation et la protection des investisseurs. Elle fait suite au succès des deux premières éditions en 2017 et 2018, ciblant plus de 220 millions d’investisseurs dans le monde. Les membres de l’OICV et leurs partenaires proposent, dans leurs juridictions respectives, une grande variété d’activités telles que le lancement de publications ou de programmes, la promotion de concours et l’organisation d’ateliers, de conférences et d’autres événements.

A l’occasion de cette semaine pédagogique, l’AMF organisera différents événements tels que des salons, des réunions d’actionnaires, des webconférences, et mettra à disposition l’ensemble de ses supports pédagogiques : guides, infographies, simulateurs, vidéos, et son application mobile Finquiz, un quiz qui permet au grand public d’apprendre en s’amusant et d’améliorer sa culture financière en testant ses connaissances.

Binck.fr participe à cette semaine aux côtés de l’AMF afin d’œuvrer à l’éducation financière de tous les investisseurs.

Investir Day

1 iére édition – Le 3 octobre 2019 – Carrousel du Louvre – Paris
99 rue de Rivoli – 75001 PARIS

Actionnaires, futurs actionnaires, investisseurs individuels, novices ou experts en bourse,… venez rencontrer de nombreux experts des marchés financiers (sociétés cotées, sociétés de gestion, courtiers…) et récolter les meilleurs conseils en vue de vos futurs placements.

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DÉBAT D’OUVERTURE : Comment réconcilier les Français avec la bourse ?
En présence de Pierre MOSCOVICI, Commissaire européen, COMMISSION EUROPEENNE ; Stéphane BOUJNAH, Président, EURONEXT ; Robert OPHELE, Président, AMF ; Patrick ARTUS, Chef économiste et membre du Comité Exécutif, NATIXIS

 » Ni « risk off », ni « risk on »… »

Jean Marie MERCADAL, directeur général délégué en charge des gestions chez OFI AM

 

Nous évoquions lors de notre
dernière publication de juin l’idée
d’un monde soumis à de plus
en plus de divergences, motivées
notamment par des considérations
politiques. L’été a été une belle
illustration de ce concept.
Contrairement à ce qui était observé
ces dernières années, le climat
de crise sur les pays émergents ne
s’est pas traduit par un mouvement
global de « risk off », avec une
baisse généralisée des marchés.
Au contraire, il y a une grande
dispersion de performances
entre les zones géographiques
et les classes d’actifs.
Le contexte d’ensemble incite donc
au discernement… et aussi à une
certaine prudence…

 

ALLOCATION D’ACTIFS

Le bilan purement chiffré des performances depuis le 30 juin

met en évidence des thématiques bien distinctes et les inves-
tisseurs ont su faire la part des choses. Les marchés ne se sont

pas comportés de manière uniforme comme à l’occasion des
précédentes crises surles émergents, et notamment à l’occasion
de la baisse soudaine de la monnaie chinoise à l’été 2015.
La meilleure classe d’actifs est, une fois de plus, représentée
par les actions américaines : l’indice S&P 500 a progressé de
6 % depuis le 30 juin (+ 8 % en euros) et a
dépassé son plus haut niveau historique
de janvier dernier, juste avant le « flash
krach » de février. De plus, le marché a
bien résisté aux turbulences enregistrées
sur quelques valeurs « star » de la cote comme Facebook
et Netflix, ce qui en fait ainsi le deuxième plus long marché
haussier de l’histoire américaine… Les actions européennes
sont globalement stables (dividendes inclus). Les taux
d’intérêt obligataires se sont stabilisés de part et d’autre de
l’Atlantique, autour de 0,30 % de rendement pour le Bund
10ans et entre 2,80/3,00 % pourle T-NotesUS de même maturité.
Au sein de la zone Euro, l’actualité est restée centrée sur
l’Italie qui sera l’un des sujets de la rentrée : le rendement du
taux 10 ans gouvernemental italien reste au-dessus de 3,00 %
compte tenu de la grande incertitude politique en vigueur
dans ce pays.
Sur le marché des changes, depuis le 30 juin, le dollar a monté
contre l’euro de 2,70 % et est repassé sous le seuil de 1,15.
Contre les principales devises émergentes, le bilan est très
contrasté et toutes n’ont pas baissé. Le Yuan chinois a perdu
3 %, le Réal brésilien est stable, le Peso mexicain a gagné 5 %,
le Won coréen est également stable… et la Livre turque a perdu
25 %. Là aussi, les investisseurs ont fait preuve de discernement.

CONTEXTE GLOBAL

Il n’est pas facile car les marchés ont répondu à des logiques
fondamentales, mais aussi politiques depuis quelques mois :
guerre commerciale et son impact sur les pays émergents,

l’éventualité d’une destitution du Président américain, des ten-
sions politiques au sein de la zone Euro… Les gérants ont, dans

l’ensemble, difficilement passé l’été : seuls 30 % des gérants
actions européennes, 23 % des gérants actions émergentes et
28 % des gérants actions américaines ont battu leurs indices
(univers Morningstar) alors que l’indice représentatif de la
gestion alternative recule de 0,2 %.
Sur le plan macroéconomique, les états-Unis confirment leur
dynamique positive. L’économie a continué à accélérer avec
un rythme de 4,1 % au deuxième trimestre, le rythme le plus

élevé depuis le troisième trimestre 2014, ce qui est impression-
nant à ce stade du cycle. Le « choc de compétitivité » décidé

par Donald Trump et qui s’est traduit par des baisses d’impôt
semble fonctionner jusqu’à présent. L’économie américaine
devrait donc croître de 2,9 % cette année contre 2,3 % en 2017.

La zone Euro n’est pas dans la même dynamique et les estima-
tions s’ajustent légèrement à la baisse : les prévisions s’établis-
sent désormais à + 2,2 % contre 2,4 % préalablement, avec des

révisions de – 0,3 % pour les trois grands pays : Allemagne,
France et Italie. En Allemagne, par exemple, la Bundesbank a

ramené sa prévision à + 2,0 % compte tenu des risques que fait
courir une aggravation des tensions commerciales sur les
exportations et l’investissement des entreprises.
Le contexte est plus compliqué dans les pays émergents. La
Chine résiste toutefois assez bien avec une croissance attendue
à 6,6 % cette année contre 6,9 % l’année dernière. Mais, là aussi,
les perspectives de guerre commerciale plus dure pèsent et
le gouvernement semble en avoir pris conscience en laissant
la monnaie reculer de près de 10 % contre
le dollar depuis le mois de mai, et en
assouplissant la politique monétaire :
baisse des taux et baisse du taux de
réserve obligatoire des banques de façon

à stimuler le crédit aux entreprises.

Les perspectives sont aussi très délicates dans les pays émer-
gents qui sont liés aux matières premières, comme la Russie

et le Brésil où la croissance devrait rester toutefois positive
autour de 1,5 %. Le cas de la Turquie est particulier, car elle

pourrait entrer en récession l’année prochaine. Les investis-
seurs internationaux ont perdu confiance dans ce pays compte

tenu de la gouvernance très centralisée qui y a été mise en
place. L’accélération de la baisse de la monnaie (qui a perdu
37 % cette année contre le dollar et 24 % depuis le 30 juin)
s’est produite quand le Président a voulu contrôler lui-même
la politique monétaire en plaçant un proche à la tête de la
Banque Centrale. Or, nous savons que la confiance est un

ingrédient essentiel en finance. Et aujourd’hui, les fondamen-
taux du pays se dégradent rapidement avec une inflation qui

est passée de 12 % à 16 %. Un cercle vicieux négatif peut dès
lors s’enclencher : hausse des taux pour limiter l’inflation, ce
qui peut engendrer un ralentissement économique – voire une
récession – et de fait peser sur les secteurs privés et publics
très endettés en monnaies fortes. Le cas de la Turquie n’est
cependant pas systémique, le poids de l’économie du pays
n’est que de 1 % dans le monde. L’Europe serait plus exposée
en cas d’aggravation de la crise, bien que dans des proportions

limitées : les exportations de la zone Euro vers la Turquie représen-
tent 0,6 % du PIB contre un poids de 0,1 % pourles états-Unis.

Au final, la croissance mondiale devrait se situer autour de
3,9 %. Rien de dramatique donc, le rythme semble idéal pour
que les entreprises puissent continuer à améliorer leurs
comptes sans créer de tensions inflationnistes trop marquées.
Mais les risques sont plus importants avec la montée des
tensions commerciales qui vont ralentir les échanges et sont
susceptibles de peser sur la confiance globale des marchés et
surtout des entreprises. Par ailleurs, cette croissance est moins
homogène et synchrone que ces dernières années.
Sur le plan micro-économique, aux états-Unis, près de 85 %
des entreprises ont battu les attentes des analystes en matière
de résultats cet été et la croissance des bénéfices a atteint près
de 25 %, ce qui rend les estimations du consensus pour l’année
d’une hausse de 20 %, crédibles. Et ce n’est pas uniquement
lié à la réforme fiscale puisque, au global, près de 70 % des
entreprises ont également battu les estimations de chiffres
d’affaires. En Europe également, les comptes publiés ont été

satisfaisants et supérieurs aux attentes, si bien que les prévi-
sions de progression des bénéfices de près de 10 % cette année

semblent également crédibles.

De ce fait, les dividendes versés au deuxième trimestre (pé-
riode riche en détachements) par les entreprises cotées dans

le monde sont au plus haut depuis 10 ans, et en progression
de près de 13,0 % par rapport à l’année dernière. En Europe, la
progression est de 18,7 %.

 

 

T A U X D ’ I N T É R Ê T

Vers une relative stabilité des taux
obligataires allemands et américains

 

Aux états-Unis, la lecture de la politique monétaire semble assez

claire. Jerome Powell a, semble-t-il, trouvé le bon ton pour commu-
niquer avec les marchés sur une politique monétaire qui semble

équilibrée : suffisamment ferme pour accompagner la vigueur
économique et prévenir les risques inflationnistes, mais avec une
remontée très progressive et pragmatique des taux directeurs de
façon à ne pas enrayerla dynamique économique. Le cheminement
est donc lisible : les marchés anticipent, avec une probabilité de
95 %, une nouvelle hausse des Fed Funds de 0,25 %, actuellement
situés dans la fourchette 1,75 %/2,00 %, à l’occasion de la réunion
de la Fed du 25/26 septembre, suivie d’une autre hausse de même
ampleurlors de la réunion du 18/19 décembre, avec une probabilité
de 64 %. Dans ces conditions, le niveau des Fed Funds à la fin
de ce cycle projeté par les membres de la Fed se situe dans la
fourchette 2,75 %/3,00 % alors que les marchés des « Futures »
n’anticipent que 2,65 % aujourd’hui. Ce décalage, somme toute peu
important, peut éventuellement créer une tension un peu plus forte

des rendements obligataires. Le T-Notes 10 ans pourrait alors s’ap-
procher de la zone de 3,50 % contre 2,80 %/3,00 % actuellement.

En tout état de cause il n’y a pas matière, selon nous, à engendrer
une tension trop forte des taux américains et la courbe devrait
continuer donc à rester plate. L’écart entre les taux à 10 ans et les
taux à 2 ans, autour de 20 points de base aujourd’hui, est au plus

bas depuis 2007 et annonce habituellement une phase de ralen-
tissement économique.Mais attention, avec les politiques monétaires

observées depuis 10 ans et la crise de 2008, la lecture traditionnelle
des marchés obligataires est plus compliquée.
C’est le cas en zone Euro où le rendement du Bund reste très bas
(autour de 0,35 %), défiant toute logique alors que la croissance
nominale allemande est proche de 3,50 %. Il y a plusieurs facteurs
explicatifs à cette « anomalie ».

En premier lieu, la persistance de taux monétaires négatifs consé-
cutifs à une politique monétaire très accommodante. La politique

de taux d’intérêt de la BCE semble assez claire, elle aussi : les taux

ne seront pas remontés au cours des 6/12 prochains mois. La poli-
tique d’achat d’obligations est prévue pour s’achever à la fin de

l’année, sauf événement nouveau. Et nous en venons à la deuxième
raison de la faiblesse des taux allemands : la divergence d’évolution
économique et politique au sein de la zone Euro. L’Allemagne est
actuellement en rythme de croisière d’excédent budgétaire à 2,9 %
de son PIB, ce qui ramènera son taux de dette/PIB sous le seuil
de 60 % – qui avait été fixé dans les critères de Maastricht, principes
fondateurs de la monnaie commune. Parallèlement, la France lutte
pour passer de façon pérenne sous le seuil de 3,0 % de déficit
budgétaire alors que sa dette va atteindre 100 % du PIB. Rappelons
que, avant la crise de 2008, les taux d’endettement entre les deux
pays étaient du même ordre de grandeur autour de 65 %/70 %…

Nous en venons donc naturellement aux divergences politiques,
avec comme illustration le cas de l’Italie. La cristallisation autour
du problème des migrants, sujet sur lequel l’Europe a montré son
incapacité totale à gérer le problème, a entraîné la constitution
d’une coalition populiste anti européenne, et donc un dérapage du

spread(1) des obligations italiennes avec l’Allemagne. Leur rende-
ment dépasse nettement 3,0 %, mais elles ne suscitent pas de

vague d’achat des investisseurs de long terme car la pérennité
de l’euro se pose à nouveau dans ces conditions. Il y aura donc

probablement encore beaucoup de volatilité sur les dettes souve-
raines de la zone dans les prochains mois et, malheureusement,

cela semble éloignerles perspectives de remontée des rendements
obligataires des pays « core »(2) au cours des prochains mois, et en

premierlieu l’Allemagne qui faitfigure de valeurrefuge. Nous pen-
sons donc que l’objectif autour de 0,75 %/0,80 % de rendement

sur le Bund, que nous avions fixé, sera décalé dans le temps. D’ici
la fin de l’année, un objectif autour de 0,50 % paraît désormais
plus probable compte tenu de ce contexte politique plus tendu.
Concernantles obligations crédit « InvestmentGrade », les spreads
se sont logiquement écartés compte tenu de l’aversion au risque
grandissante, mais les niveaux atteints ne nous semblent pas
encore foncièrement attractifs. De même en ce qui concerne les
obligations « High Yield » : il y a eu beaucoup de sorties sur
cette classe d’actifs et quelques tensions qui ont donné lieu à des
points d’entrée intéressants, mais un écartement supplémentaire
de 30 à 50 points de base nous semble nécessaire avant de la
reconsidérer vraiment attractive.
Les obligations émergentes ont fortement corrigé, et parfois de
façon très importante sur certaines devises. Il y a une raison de fond
qui concerne tous les pays : fermeté du dollar, baisse du prix des
matières premières et aversion au risque sur cette classe d’actifs,
mais aussi une succession de cas particuliers. Nous considérons
qu’aux cours actuels, comme nous l’avions dit fin juin, le potentiel
de performance de la dette émergente en devises locales est
important dans une optique de moyen terme de 3/5 ans. Il s’agit,
de plus, d’une classe d’actifs incontournable qui doit prendre
une part plus importante dans les allocations d’actifs stratégiques.
Et sur cette classe d’actifs, le rendement est attractif : 8,5 % sur un
panier équilibré de dettes gouvernementales sur un horizon 5 ans,
ce qui donne une performance « flat » de près de 50 %, qui permet
d’absorber des chocs éventuels supplémentaires sur les devises,
mais qui ont déjà beaucoup baissé pour la plupart.
Les obligations convertibles ont souffert de la baisse de la volatilité
implicite.Nous conservons une vue positive sur cette classe d’actifs
pour son asymétrie, comme expliqué à de nombreuses occasions.

 

A C T I O N S

La puissance des bénéfices
et des dividendes…

 

Il s’agit bien d’un des moteurs principaux de la performance des
actions, et c’est bien logique. Nous venons de le constater avec
l’accélération à Wall Street cet été, après la publication des résultats
semestriels. Mais ce n’est pas le seul : le marché américain est
également soutenu par une vague impressionnante de rachats
d’actions, stimulée notamment par la franchise fiscale donnée aux
entreprises pour le rapatriement de leurs capitaux détenus à

l’étranger. Cette pratique fait mécanique-
ment augmenter le bénéfice par action

et est perçue par certains observateurs
comme le signe que les entreprises y
recourent car elles ne voient pas assez
d’opportunités d’investissement. Selon
les estimations de plusieurs spécialistes,
cette vague pourrait représenter plus de
1 000 Mds$, rapporté à une capitalisation
boursière de 23 500 Mds$. Si bien que,
au final, avec près de 2 % de dividendes –
auquel on ajoute ce rendement « fictif »

induit par les rachats d’actions – le rende-
ment implicite des actions américaines

s’élève à près de 6 % ! Aux yeux de cer-
tains, toutefois, cette pratique provoque

des hausses boursières un peu artificielles.
Toujours est-il que ce mouvement devrait
se poursuivre dans les prochains mois…
Nous pensons néanmoins que les actions
américaines, dans leur ensemble, pourraient
se stabiliser dans les mois à venir. La hausse
desbénéficies sera absorbéepar unebaisse
de la valorisation d’ensemble du marché,
ce qui est sain et plutôt rassurant pour les
prochaines années. Les actions américaines
restent donc assez chères, mais ne sont
pas en zone d’excès etreflètent également
leur qualité intrinsèque, notamment dans
les secteurs de pointe comme la technologie
entre autres. Paradoxalement, la hausse

du dollar ne les a pas affecté. Les investis-
seurs américains ont plutôt rapatrié les

capitaux investis internationalement ces

dernières semaines, et le niveau de diver-
sification international des portefeuilles

redevient ainsi historiquement faible.
Cela donne du potentiel de flux au cours
des prochains mois/années lorsque les
tensions dans les pays émergents, et dans
une moindre mesure en Europe, se seront
atténuées.
En Europe, la dispersion de performance

entre les secteurs a également été très im-
portante etrapide ces dernières semaines.

Les secteurs de la finance et de l’automo-
bile, et plus généralement le style « value »

à l’exception des pétrolières, ont été délais-
sés au profit des valeurs défensives ou de

croissance. L’écart entre les deux styles
atteint à nouveau des records. Les actions

européennes sont globalement correcte-
ment valorisées, avec un rendement du

dividende attractif à 3,5 %, notamment par
rapport aux marchés obligataires. Compte
tenu du contexte global, la phase de marché

assez volatile devrait se poursuivre etil pour-
rait y avoir des opportunités d’achat surrepli.

Parmi les actions émergentes, nous pen-
sons que la correction des actions chi-
noises cotées localement touche à sa fin

et que les cours deviennent attractifs.
Elles ont baissé de plus de 30 % depuis
leurs niveaux de fin janvier et de 20 % cette
année. Les valorisations d’ensemble sont
désormais assez faibles (PER 2018 autour
de 11) et la cote est également riche en
grandes valeurs de la technologie et du
numérique.

S’il n’y avait pas d’incertitude liée
à la guerre commerciale et à la
situation politique en zone Euro
(budget à venir en Italie, question
du successeur de Mario Draghi et
élections européennes), nous serions
dans une situation classique plutôt

correcte : économie mondiale glo-
balement en croissance, taux d’in-
térêt assez bas, prix du pétrole

raisonnable…

Mais vu les aléas politiques, les mar-
chés pourraient évoluer sans grande

tendance, au moins jusqu’aux élec-
tions de Mid Term aux États-Unis. Il

est possible qu’après cette échéance
électorale, Donal Trump « se calme »
sur la guerre commerciale.
Mais il est évidemment difficile de
donner un pronostic sur la posture
du Président américain !
Notre scénario central

 

 

 

Voir au-delà des « sell-offs » du marché

Jean Boivin – PhD, Managing Director – Responsable Mondial de la Recherche pour le BlackRock Investment Institute (BII)

Le climat d’aversion au risque qui règne sur les marchés mondiaux s’est alourdi la semaine
dernière, alors que les rendements des obligations d’État ont chuté à leurs plus bas niveaux
historiques partout dans le monde et que l’inversion d’une partie de la courbe de rendement
des bons du Trésor américain a fait redouter une récession.

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Une exubérance irrationnelle

Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM

Nous conservons une sous-pondération des actions mondiales, car l’économie ralentit et pourrait encore s’affaiblir sous le poids des conflits commerciaux engendrés par Trump.

La Fed suscite par ailleurs de trop grands espoirs et risque de décevoir.

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Les politiques monétaires créent une situation inédite sur les marchés

Jean-Jacques Friedman, Chief Investment Officer chez Natixis Wealth Management

 

L’environnement macroéconomique et géopolitique reste complexe à interpréter, alors que les marchés poursuivent leur rebond sur fond de baisse des taux. Les incertitudes sur la croissance ne peuvent expliquer à elles seules la volte-face des banques centrales.

Faut-il y voir un changement de séquence durable dans laquelle les politiques budgétaires s’apprêtent à prendre le relais des politiques monétaires ?

Ce nouveau contexte permettra, en cas de consolidation face à des attentes excessives sur la baisse des taux, de se renforcer de nouveau sur les actions.

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Lauréats de la 6ème édition des trophées Futur40

Créés en 2014 pour accompagner le lancement du PEA-PME (plan d’épargne en actions destiné au financement des PME et ETI), les trophées Futur40 portent un regard différent sur la valorisation des entreprises françaises. Ils mettent en avant auprès des investisseurs des entreprises dynamiques – qu’il s’agisse d’entreprises de taille intermédiaire (ETI), de petites et moyennes entreprises (PME) ou de startup en phase de croissance.

Les trophées Futur40 distinguent chaque année les 40 entreprises cotées éligibles au PEA-PME qui présentent les plus forts taux de croissance, sur la base d’un taux moyen annuel calculé sur les 3 derniers exercices (de 2016 à 2018).

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L’été sera chaud

Par les gérants de Pictet-Multi Asset Global Opportunities et Hervé Thiard, directeur général de Pictet AM

Les Etats-Unis ralentissent brutalement, l’Europe et le Japon semblent leur emboîter le pas. Le président américain exacerbe les tensions commerciales et la Chine se rebiffe. L’été s’annonce brûlant sur les marchés actions.

Mais les grandes banques centrales ont adouci la température avec des discours accommodants.

Et vendre des actions, c’est bien souvent perdre du rendement : les taux sont si bas.

Que faire à l’approche de l’été ?

Source : Pictet Asset Management, du 30.05.2014 au 24.06.2019, performance en euros nette de frais, part I EUR
La performance passée ne saurait préjuger ou constituer une garantie des résultats futurs. Les données relatives à la performance n’incluent ni les commissions, ni les frais prélevés lors de la souscription à des ou du rachat de parts.

 

Les conditions macroéconomiques militent en faveur d’une approche hautement sélective et diversifiée

Par GROUPAMA ASSET MANAGEMENT

S’il faut écarter, à ce stade, le scénario d’une rupture récessionniste, l’environnement macroéconomique n’en reste pas moins exposé à l’intensification des tensions commerciales sino-américaines. Pour contrebalancer les risques à la baisse sur la croissance, les politiques économiques (singulièrement les politiques monétaires) devront être plus accommodantes.

Entre incertitudes géopolitiques, révision baissière des perspectives de croissance économique et maintien de politiques monétaires ultra-accommodante, l’équipe de Groupama AM privilégie notamment les actions à « forte visibilité » et les actifs de portage, selon une approche hautement sélective et diversifiée.

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Les Fonds patrimoniaux français

Etude de BlackRock (en anglais)- retrouvez l’étude sur Stocks-future.com – le site Action Future en anglais.

Analyse des tendances clés identifiées en matière d’allocation des actifs et des risques dans le paysage des fonds patrimoniaux français.

Les points clés de l’étude :

  • La répartition moyenne des actifs dans la quatre catégories de fonds patrimoniaux
  • L’utilisation d’actifs alternatifs comme classe d’actifs
  • L’existence de biais régionaux
  • Quelle stratégie adoptée pour quelle exposition ?
  • La réalité de l’investissement durable (ESG) dans les portefeuilles multi-actifs
  • La répartition des contributions des facteurs risque

 

 

Options binaires et CFD : l’AMF adopte des mesures d’intervention à l’échelle nationale

L’AMF annonce l’entrée en vigueur, à compter du 2 juillet 2019, d’une mesure nationale d’intervention visant les options binaires.

Les CFD feront l’objet d’une mesure nationale de restriction applicable à compter du 1er août 2019.

Ces mesures pérennisent celles mises en œuvre par l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) depuis un an et marquent une nouvelle étape en matière de protection des épargnants vis-à-vis des produits les plus risqués.

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Cartographie des risques et des marchés 2019

AMF – Autorité des marchés financiers

Correction des marchés et endettement élevé sont les deux principales vulnérabilités de l’édition 2019 marquée par le ralentissement économique, les incertitudes géopolitiques, et l’environnement de taux d’intérêt très bas.

La transformation du secteur financier en Europe, synonyme d’éventuelles pressions sur les coûts et profitabilité des acteurs, constitue un troisième risque.

Ce changement d’environnement engendre des vulnérabilités : fragmentation des marchés, difficultés de supervision et concurrence réglementaire.

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«Quoi qu’il en coûte »

César Pérez Ruiz, Directeur des investissements & CIO de Pictet Wealth Management

Mario Draghi a provoqué quelques remous lors de la conférence annuelle de la Banque centrale européenne qui s’est tenue à Sintra la semaine dernière.

Le président de l’institution a en effet prononcé un discours très accommodant, avec lequel il a contenté les attentes élevées des marchés, mais s’est attiré du même coup un tweet réprobateur de Donald Trump.

Mario Draghi est allé aussi loin qu’il le pouvait sans prendre de véritable engagement, déclarant que la banque centrale se tenait prête, durant son mandat, à agir et à utiliser toute la palette d’instruments à disposition ainsi que toute la flexibilité autorisée, sans restriction.

Nous nous attendons désormais à un ajustement du pilotage des anticipations en juillet, avec une annonce que les taux directeurs seront maintenus aux niveaux actuels, voire à un niveau plus bas, jusqu’au premier semestre 2020 au moins.

Nous tablons en outre sur un abaissement du taux de dépôt de 10 points de base, à -0,5%, en septembre.

En conséquence, nous adoptons un positionnement plus positif à l’égard du crédit européen.

Au cours de la même semaine, l’homologue américain de Mario Draghi, Jerome Powell, a lui aussi tenu des propos accommodants et clairement ouvert la porte à une baisse de taux imminente, évoquant le climat politique en général, et les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis en particulier.

La Réserve fédérale américaine a désormais tout fait hors un abaissement des taux, ce qui devrait arriver fin juillet.

Reste à savoir si cette mesure suffira à calmer Donald Trump au moment où celui-ci lance sa campagne de réélection. Rien ne paraît moins sûr, sachant que le président américain multiplie les attaques directes à l’encontre de Powell, dont il envisage maintenant le limogeage.

Dans ce contexte, le dollar a fléchi, tandis que l’or a bondi à son niveau le plus haut depuis six ans.

Tous les marchés autour des Etats-Unis continuent de réagir aux dernières saillies géopolitiques de Trump ou cherchent d’anticiper les suivantes.

En haut de l’affiche se trouve le sommet du G20 à Osaka cette semaine, en marge duquel les présidents chinois et américain devraient se rencontrer et poursuivre les négociations commerciales entre leurs deux pays. Au vu de l’évolution du discours de part et d’autre, seule une chose paraît acquise: le résultat des discussions pourra se situer à n’importe quel point du spectre entre une issue négative aux conséquences radicales et une issue plus positive qui serait favorable au commerce et à l’économie mondiale.

Dès lors, nous adoptons un positionnement positif à l’égard des actifs chinois, appelés à profiter d’importantes mesures de relance de la part des autorités, quelle que soit l’évolution de la situation sur le front des échanges commerciaux.

Perspective plus préoccupante, les cours de l’énergie et de l’or devraient rester orientés à la hausse si Trump continue de jouer avec le feu face à l’Iran.

Premières propositions de l’Autorité des marchés financiers dans le cadre de la nouvelle législature européenne

Au sortir des élections européennes et alors que le Parlement et la Commission vont entamer une nouvelle mandature, l’AMF souhaite contribuer à l’agenda 2020-2024.

Elle propose aujourd’hui des premières pistes pour nourrir la réflexion face aux défis que sont le renforcement des marchés de capitaux à 27, l’attractivité et la compétitivité de l’Europe et les transitions numériques et environnementales.

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Ce que nous enseigne une faible volatilité des marché

Isabelle Mateos y Lago – Directrice générale au BlackRock Investment Institute  – Cheffe Stratège Gestion diversifiée

 

Le « sell-off » des actifs risqués intervenu la semaine dernière, provoqué par les espoirs de plus en plus réduits d’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine, a bouleversé la donne après la période prolongée de faible volatilité des marchés en 2019. Nous restons modérément pro-risque mais nous anticipons de potentielles nouvelles poussées de volatilité en cette période de fin de cycle. Il convient donc de continuer à garantir les portefeuilles contre les chocs.

 

Graphe de la semaine

Volatilité implicite croisée par classe d’actifs, de 2005 à 2019

 

Sources : BlackRock Investment Institute, et données de Bloomberg, CBOE et Bank of America Merrill Lynch et JP Morgan, mai 2019. Notes : nous utilisons les indices CBOE VIX, MOVE et JPMorgan Global FX Volatility Index pour représenter la volatilité implicite des marchés boursiers, obligataires et des devises. Un score z de 1 signifie que le niveau de volatilité est supérieur d’un écart-type à la moyenne de la volatilité croisée des actifs pour la période allant du début de 1990 au 8 mai 2019. La volatilité croisée des actifs est calculée comme la moyenne des scores z pour les trois classes d’actifs. Nous avons omis le pic de la volatilité à la fin de 2008 et au début de 2009 pendant la crise financière mondiale, afin de mieux présenter la tendance pour le reste de la période choisie.

 

 

Les perspectives de marché s’étaient montrées plus favorables cette année, après le « sell-off » survenu au dernier trimestre de 2018. La volatilité implicite croisée par classe d’actifs – une bonne mesure de la volatilité sur l’ensemble des marchés actions, obligations et marchés des changes – a récemment chuté à des niveaux historiquement bas (voir le tableau ci-dessus). La volatilité sur les marchés des changes a été particulièrement faible, contribuant de façon notable à abaisser la moyenne générale des différents marchés. La raison de cette faiblesse de la volatilité est double : d’une part, la posture attentiste entretenue par les principales banques centrales mondiales, et en particulier par la Réserve fédérale américaine (Fed), d’autre part une économie mondiale qui ralentit mais qui continue de croître. Pourtant, la volatilité des marchés a soudainement atteint un pic en début de semaine dernière, après la menace de nouvelles taxes à l’importation que le président des États-Unis, Donald Trump, a brandie contre la Chine, qui a de fait brisé les espoirs d’un accord commercial imminent. L’indice VIX, un indicateur majeur de la volatilité des marchés actions américains, a ainsi grimpé à son plus haut niveau depuis la fin janvier.

 

Des raisons de demeurer prudents

 

Les fluctuations qu’ont connues les marchés la semaine dernière nous rappellent que des niveaux inhabituellement faibles de volatilité ne reflètent pas nécessairement les risques existant durant une phase de fin de cycle. Le risque géopolitique en est un excellent exemple. L’attention portée par le marché aux tensions commerciales mondiales avait fortement décru par rapport à la mi-2018, comme en témoignent les échanges relatifs à ce risque spécifique dans les rapports d’analystes, les médias traditionnels et les médias sociaux : un état de fait que reflète notre tableau de bord des risques géopolitiques BlackRock (BGRI). Cela voulait donc dire que la volatilité du marché avait de fortes chances de repartir à la hausse en cas de matérialisation de ce risque, ce qui est justement advenu la semaine dernière. Un accord commercial américano-chinois qui comprendrait, entre autres choses, un engagement de la Chine à acheter davantage de produits américains reste encore envisageable ; mais, dans tous les cas, sa mise en œuvre et le respect de ses règles poseront selon nous des difficultés.

 

Nous continuons de privilégier les actifs risqués, compte tenu de la poursuite de l’expansion économique mondiale et de la forte probabilité du maintien d’une posture accommodante par les banques centrales. La volatilité macroéconomique s’accroît cependant en cette fin de cycle, comme en témoigne la dispersion croissante des prévisions de PIB par les analystes. Nos propres travaux de recherche indiquent que les périodes de volatilité macroéconomique croissante ont toujours été accompagnées par une volatilité accrue des marchés. Certes, les grandes banques centrales resteront attentistes dans les mois à venir, maintenant ainsi un environnement stable en termes de politique monétaire. Mais la croissance américaine ralentit et les données économiques pourraient devenir plus préoccupantes dans les mois à venir, à la suite de la forte augmentation des stocks au premier trimestre. Une autre source potentielle d’instabilité se situe en en Chine, où nous observons certes des signes de reprise de la croissance mais où l’ampleur et la durée du plan de relance du gouvernement pourraient bientôt être remises en cause.

 

Quelle conclusion générale tirer ? Les récents accès de volatilité sur les marchés nous rappellent qu’une approche équilibrée est essentielle lorsque l’on investit en fin de cycle. Il existe toujours une possibilité réduite pour que les actifs risqués s’apprécient mais plusieurs risques pourraient faire dérailler les marchés. Les emprunts d’État américains ont joué un rôle historique dans la protection des portefeuilles contre de tels épisodes de volatilité. En ce qui concerne les actions, nous privilégions les marchés américain et émergents, en mettant l’accent sur les entreprises de qualité, capables de soutenir la croissance de leurs bénéfices malgré un contexte de ralentissement économique.

Investissement : favoriser la stabilité de la performance sur des marchés volatils

Christophe Donay

Responsable de l’allocation d’actifs et de la recherche macroéconomique, chef stratégiste, Pictet Wealth Management.

Le débat sur une récession imminente est revenu en force, avec son cortège de conséquences pour l’allocation d’actifs. L’inversion, passagère à ce jour, des courbes des taux obligataires, le ralentissement économique ou l’adéquation de la politique monétaire alimentent en effet les craintes des investisseurs de retournement des marchés actions. Read More

Les prévisions des entreprises joueront un rôle déterminant

Par Alexandre Tavazzi, Responsable du CIO Office et stratégiste monde – Pictet Wealth Management

La semaine dernière a été marquée par des nouvelles encourageantes sur le front du commerce mondial, l’accélération des exportations chinoises et les chiffres du crédit semblant préfigurer la fin prochaine du ralentissement des échanges à l’échelle mondiale.

Compte tenu du rebond de l’indice des directeurs d’achat (PMI) chinois en mars, ces facteurs favorables aux perspectives du commerce mondial pourraient aussi annoncer une croissance au deuxième trimestre 2019 supérieure au niveau actuellement anticipé pour la deuxième économie au monde.

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Garder la tête froide face au regain d’appétit pour le risque

Par Isabelle Mateos y Lago Directrice générale au BlackRock Investment Institute – Cheffe Stratège Gestion diversifiée

L’appétit pour le risque a fait son retour en 2019. Les actions et les autres actifs risqués enregistrent de bonnes performances depuis le début de l’année ; divers indicateurs témoignent également d’une amélioration de la confiance sur les marchés. Nous maintenons notre surpondération modérée et sélective sur les actions – et, globalement, notre position modérément pro risque -, mais nous demeurons prudents face aux anticipations d’une poursuite effrénée de la tendance haussière observée début 2019.

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Encéphalogramme plat sur les marchés et prudence sur le CAC 40 avec un vix à ses plus bas d’octobre 2018

Nicolas Chéron, Responsable de la Recherche Marchés pour Binck.fr

 

Encéphalogramme plat

Le temps s’est arrêté sur les marchés boursiers en ce début de semaine, volumes et volatilité sont au point mort. Une constante perdure sur le CAC40, la faculté du secteur du luxe à maintenir ce dernier dans le vert, notons également la récente reprise du secteur bancaire. Détente sur le marché obligataire, relèvement de notations et fusion possible entre Deutsche Bank et Commerzbank ont animé le secteur ces dernières séances. Read More

Union des marchés des capitaux: nouvelles règles visant à améliorer l’accès des petites entreprises aux marchés des capitaux*

La Commission Européenne salue l’accord politique auquel sont parvenus le 6 mars 2019 le Parlement européen et les États membres sur de nouvelles règles qui aideront les petites et moyennes entreprises (PME) à financer leur croissance, à innover et à créer des emplois.

La réglementation proposée doit encore être officiellement approuvée par le Parlement européen et le Conseil.

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Gratuité des plateformes de trading : vers de meilleurs résultats en termes de liquidité et de prospérité ?

Par Cass Business School

L’étude a révélé que les services technologiques pouvaient constituer des substituts ou des compléments stratégiques dans la concurrence entre les plateformes.

Les chercheurs ont découvert que l’entrée gratuite sur les plateformes générait de meilleurs résultats en termes de liquidité et de prospérité en comparaison à un monopole non réglementé. Cependant, cela ne correspond pas forcément au résultat souhaité par le régulateur, car les plateformes entrantes ne parviennent pas à internaliser les externalités qu’elles imposent aux traders et aux concurrents. Les auteurs recommandent de réglementer l’entrée ou, idéalement, les frais de plateforme pour renforcer la prospérité des investisseurs.

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Zoom sur l’investissement à long-terme

Par Christian Hille – Responsable de la gestion multi-actifs DWS (recherche du Global Research Institute de DWS)

Le « Market timing » est quasiment inutile pour l’investissement à long terme

« Décider du meilleur moment pour vendre ou acheter a toujours été un casse-tête pour les investisseurs. Les cours n’ont-ils déjà pas trop augmenté pour qu’il soit encore judicieux d’acheter ? Ou faut-il se réfréner pour ne pas perdre trop d’argent ?

Selon une étude du DWS Global Research Institute, il s’agit là de questions sans grand fondement. « Notre enquête intitulée ‘Multi-Asset Long View’ est en effet arrivée à la conclusion que vouloir déterminer le bon moment est pour ainsi dire dénué de sens dans le cadre d’investissements à long terme », a indiqué Christian Hille, Responsable de la gestion multi-actifs chez DWS. »

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Parier ou non sur un rebond?

Par Isabelle Mateos y Lago Directrice générale au BlackRock Investment Institute – Cheffe Stratège Gestion diversifiée

 

Les marchés mondiaux ont débuté l’année 2019 sur des bases plus solides, après les pertes enregistrées en 2018. Nous anticipons des rendements positifs pour les actions et les obligations cette année et continuons de recommander une approche prudente en termes de portefeuilles, en raison des préoccupations de fin de cycle et des incertitudes géopolitiques. Il nous paraît aléatoire de parier sur un rebond des actifs à risque, en particulier dans les segments exposés à des baisses de croissance, à des risques géopolitiques ou à des évolutions soudaines de la dynamique de l’offre et de la demande. Read More

Valorisations, consensus, quelles sont les attentes de début d’année ?

Par Benoit Peloille, Gérant – Multigestion – Vega IM

L’année 2018 aura finalement été une année de correction des valorisations pour les marchés actions et de remontée de l’aversion au risque. En ce début d’année 2019, nous faisons le point sur les attentes du consensus et les niveaux de valorisations qui semblent plus raisonnables. L’année démarre sur fonds de craintes de ralentissement global mais avec des valorisations beaucoup plus modestes que début 2018. Les marchés semblent donc nettement plus inquiets que ne le sont économistes et analystes qui n’ont pas véritablement revus en baisse leurs attentes. Il convient donc d’analyser si le consensus de début d’année est crédible ou risque d’être l’objet de révisions à venir.

 

Les marchés valorisent déjà un ralentissement sévère en Europe, des attentes raisonnables sur les Etats Unis. Durant 2018, les investisseurs ont longtemps maintenu une valorisation élevée sur les actions américaines alors que les actions européennes ont été victimes d’un ajustement rapide et significatif.
Avec un ratio de PE de 14,3x pour le S&P 500, les marchés valorisent un scénario plus raisonnable et anticipent une croissance désormais plus proche du potentiel (autour de 2 %) contre un consensus à 2,6 %. Sans pour autant être un scénario de récession, ces niveaux nous semblent plus crédibles compte tenu de la configuration de l’économie américaine, au plein emploi depuis plusieurs trimestres.

En Europe, la correction des valorisations s’est avérée beaucoup plus rapide.
Mais est-elle justifiée ? Les actions de la zone Euro se traitent aujourd’hui autour de 12x les bénéfices attendus en 2019. Compte tenu des niveaux de primes de risques et de taux d’intérêts actuels, les marchés affichent un message particulièrement négatif sur la croissance qui atteindrait seulement 0,5 % alors que le consensus des économistes attend de son coté 1,6 %.

 

 

Quels scénarios de profits pour 2019 ?  D’après les données IBES, le consensus des analystes attend une croissance des profits de 7,6 % pour les groupes du S&P 500 en 2019 et 9,4 % pour l’Eurostoxx. Compte tenu de nos anticipations prudentes sur la croissance macroéconomique, ce scénario nous semble quelque peu surévalué. En prenant les BPA des entreprises comme fonction de l’évolution du PIB, du pétrole, de l’€/$ et des taux souverains, nous pouvons simuler différents scénarios :

1) Scénario « soft landing »1. Nous prenons ici l’hypothèse d’un freinage modéré de l’économie qui revient vers sa croissance potentielle soit 2 % pour les Etats Unis
(vs 2,6 % attendu dans le consensus des économistes) et 1 % pour la zone Euro
(vs 1,6 %). La croissance des profits pour 2019 atteindrait alors 6,2 % pour le S&P 500 et 7,3 % pour l’Eurostoxx, soit une légère révision en baisse à attendre. Ce scénario est quasi intégré par les valorisations actuelles et impliquerait une déflation supplémentaires des multiples limitée, de l’ordre de 6 % aux Etats Unis et 3 % en zone Euro.

2) Scénario « hard landing »2. Nous simulons ici un freinage plus sévère du cycle avec une stagnation de la croissance aux Etats Unis comme en Europe. La croissance des profits tomberait ainsi à seulement 3 % aux Etats Unis et se contracterait de 1 % en zone Euro. Un tel scénario n’est clairement pas intégré aujourd’hui par le marché et on pourrait s’attendre à une baisse supplémentaire des valorisations, près de 20 % sur le PE actuel aux Etats Unis. Le derating serait plus limité en Europe, autour de 7 %, les actions européennes étant déjà largement décotées.

 

1Hypothèses : retour sur la croissance potentielle (2 % aux Etats Unis et 1 % pour la zone Euro), pétrole (WTI) à 47 $ en moyenne sur l’année, un niveau d’€/$ proche des niveaux actuels (1.15) et une remontée des taux longs (consensus 2019 : 3,2 % US et 0,7 % EU).

2Hypothèses : croissance nulle, pétrole (WTI) à 47 $ en moyenne sur l’année, un niveau d’€/$ proche des niveaux actuels (1.15) et une baisse des taux longs à 2 % pour les Etats Unis et 0,1 % pour la zone Euro.

 

Poursuite d’une stratégie défensive, malgré le dégonflement des valorisations en 2018

Par Jean-Jacques Friedman – Chief Investment Officer – Natixis Wealth Management

·       Un ralentissement économique dans les pays développés mais pas de récession en 2019. Un risque de récession aux États-Unis en 2020 qui pourra être appréhendé par les marchés en seconde partie d’année ;

·       Des marchés émergents plus dynamiques en corollaire, notamment du fait d’un affaiblissement du dollar ;

·       Une reprise de la hausse des taux souverains aux Etats-Unis et en Europe, après leur chute spectaculaire au dernier trimestre 2018.

·       Poursuite d’une stratégie d’allocation plus défensive, telle qu’initiée depuis le début de 2018, qui privilégie la visibilité des business models de sociétés de croissance.

·       Une surexposition tactique aux actions en début d’année, mais un retour à la neutralité ou à une sous exposition en cours d’année. Il y aura certes une croissance des bénéfices des entreprises, mais les multiples de valorisation ne peuvent rebondir de manière durable dès 2019.

·       Les marchés asiatiques, entrés les premiers dans une configuration technique plus négative, pourraient être les premiers à se stabiliser à court terme. Nous les surpondérons dans les allocations.

·       Nous couvrons les valeurs américaines contre une baisse du dollar. En parallèle, nous diversifions nos positions américaines en sortant des valeurs de croissance au profit de stratégies plus défensives, et en excluant toujours le segment des valeurs moyennes, du fait d’un endettement croissant sur ces dernières années.

·        Du fait de l’écartement des spreads de crédit en Europe, nous revenons sur ce segment, notamment au travers de fonds de portage à échéance 6 ans.

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