Mnuchin défend le plan de relance. Les sociétés chinoises délistées aux USA ?

Par Vincent Boy, Analyste marché chez IG France

 

Le secrétaire au trésor américain était entendu hier par des sénateurs sur la réponse de l’administration américaine contre l’épidémie et ce dernier défendait l’efficacité du président sur ce sujet. Steven Mnuchin précisait également qu’un prolongement des aides accordées aux petites entreprises serait nécessaire.

Un des sénateurs lui a demandé « combien d’Américains devront donner leur vie pour améliorer le PIB ou faire progresser le Dow Jones de 1000 points ? » Ce à quoi le secrétaire au trésor a répondu « qu’aucun travailleur ne doit donner sa vie et que la question était injuste car l’administration avait fourni plein d’équipements ».

Jerome Powell était également entendu par le Sénat hier et il précisait que de nouvelles aides aux entreprises et aux Etats en difficulté devraient être disponible dès le début du mois de juin. La Réserve Fédérale a également démarré son programme de rachat d’obligations d’entreprises et cela devrait s’intensifier afin de soutenir l’économie. Le compte rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la Réserve Fédérale sera par ailleurs publié ce soir.

 

Du côté de la guerre commerciale, l’administration américaine envisage de délister les entreprises chinoises des marchés américains, à commencer par Luckin Coffee. En effet l’administration américaine souhaite mettre en place un audit poussé des sociétés chinoises listées ou qui souhaitent l’être, pour s’assurer entre autres que celles-ci ne sont contrôlées par aucun gouvernement et répondent bien aux régulations américaines.

Cette manœuvre, en cette année d’élection, ressemble à des sanctions de la part de l’administration américaine dans le conflit « commercial » qui les opposent à la Chine. Cette décision pourrait augmenter de façon significative les tensions entre les deux premières puissances mondiales et conduire la Chine à valider sa liste de sociétés américaines sous surveillance en Chine, voire mener à des enquêtes sur certaines.

Les plus importantes sociétés du secteur technologique américain, qui tirent les marchés financiers vers le haut, seraient peu impactées car bon nombre d’entre elles sont limitées ou interdites en Chine. En revanche, d’autres sociétés comme Apple, pourraient être fortement touchées en cas de restriction sur les marchés chinois et Hongkongais. Des limitations quant à la production ou l’approvisionnement pourraient en revanche toucher un certain nombre d’entre elles.

 

Sur le plan de la pandémie, l’euphorie constatée lundi sur les marchés financiers, suite à la publication de résultats encourageants du vaccin à l’étude de Moderna s’essouffle, car il semblerait que ceux-ci manquent de détails. Selon certains experts, les résultats ne permettent pas de confirmer l’efficacité de la molécule alors que seulement 8 personnes ont montré des signes positifs quand l’échantillon en comptait 45.

Comme depuis le début du rebond constaté en mars, les marchés ont fortement acheté la nouvelle lundi mais ne s’inquiètent pas de voir que l’espoir n’est pas si évident et les indices américains se sont maintenus à la clôture malgré le doute.

Enfin, la décision de Donald Trump de critiquer l’OMS et de menacer de ne plus participer au financement de l’organisation internationale conduit la Chine à prendre le leadership en proposant un financement de 2Mds$. Certains dirigeants ont également confirmé leur soutien à l’OMS et à son dirigeant, malgré les attaques du président américain, qui cherche un coupable à sa propre gestion de la crise.