La Fed écarte l’idée d’un taux négatif, les risques d’une seconde vague inquiètent les marchés

Vincent Boy, Analyste marché chez IG France

Hier le président de la Fed donnait une conférence sur les « problèmes économiques actuels » et a écarté l’idée de proposer des taux négatifs, malgré la pression du président américain pour tenter d’influencer les décisions de la réserve fédérale.

 

Par ailleurs, Jerome Powell insistait sur l’impact grandissant de l’épidémie sur la croissance économique. Bien que ce message ait été partagé depuis plusieurs semaines par le président de l’institution financière américaine, les marchés semblaient jusqu’ici l’ignorer complétement. Les indices observent en revanche trois séances de baisse depuis le début de la semaine.

 

En effet, lundi la Chine et la Corée du Sud annonçaient une augmentation du nombre de nouveaux cas alors que le Dr Fauci mettait en garde mardi contre une réouverture prématurée de l’économie et des risques d’un retour de l’épidémie. Hier c’était au tour de Jerome Powell de réduire l’espoir de voir une croissance très importante dès cette année et a insisté sur le fait que le retour de l’activité sur les niveaux de 2019 sera longue et graduelle.

 

En revanche, malgré le refus de faire passer les taux en territoire négatif, qui semble unanime au sein de la Fed, Jerome Powell n’en a pas moins montré un soutien sans faille de la réserve fédérale. Il a en effet précisé que ce n’était pas le moment de s’inquiéter de la dette américaine en « temps de guerre » ou encore que l’administration américaine devait dépenser, pour soutenir l’économie, tout ce qui était nécessaire durant la crise.

 

Par ailleurs, le FMI anticipe une détérioration de ses perspectives économiques, alors que l’institution avait déjà fait part d’une contraction de 3% du PIB mondial en 2020. Gita Gopinath, chef économiste du Fonds Monétaire International, précisait que la baisse de la consommation devrait conduire à une détérioration de ses anticipations et qu’une poursuite de la crise actuelle pourrait mener à une baisse de 6% du PIB mondial en 2020 et 0% en 2021. Cela écarte un peu plus les perspectives de voir un fort rebond après crise, même en 2021.

 

La BCE publiera également son bulletin économique mensuel, qui présente les anticipations économiques et sert de base aux gouverneurs de la BCE afin de décider de la politique monétaire à mettre en place. Ce dernier sera présenté dans la matinée et devrait refléter les annonces de la Fed et du FMI.

 

Sur le marché du pétrole, l’OPEP+ pourrait étendre les réductions de la production après juin, afin de soutenir un marché toujours sous tension. Le rapport mensuel de l’OPEP publié hier, faisait d’ailleurs ressortir une contraction encore plus importante de la demande en 2020 à 9,07M de barils par jour, soit une détérioration supplémentaire de 2,23M bpj par rapport aux dernières prévisions.

 

Les cours du pétrole est en hausse de plus de 30% depuis le début du mois et 150% depuis le test des 10$ fin avril mais l’évolution sans tendance constatée depuis plus d’une semaine met en évidence l’hésitation des investisseurs.

 

Le rapport mensuel de l’AIE sera publié aujourd’hui et nous surveillerons avec attention le comportement du cours du baril à l’approche de la prochaine échéance des contrats futures prévues le 19 mai. L’arrivée à échéance du contrat de mai, le 21 avril dernier, avait conduit à un cours du pétrole WTI négatif.