Annonces budgétaires : distinguer les mesures de liquidité, des mesures de soutien à la demande

Par Christophe Morel, chef économiste de Groupama AM

Le communiqué du G20 publié le 26 mars 2020 fait état d’une injection totale des gouvernements de 5 trillions de USD dans l’économie mondiale pour faire face au choc d’activité lié au Coronavirus. Ce chiffre correspond à peu près à la somme des mesures déjà annoncées : notre « veille » sur les principales économies (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie et Espagne) nous a permis d’identifier un montant global de 4,6 trillions USD. En cela, ce n’est pas une injection supplémentaire.

Par ailleurs, ces chiffres additionnent des « carottes et des choux ». C’est pourquoi, le tableau ci-dessous mis à jour distingue les mesures de prêts garantis par l’État (1ère partie du tableau) des mesures de relance de la demande (2ème partie). Globalement, 60% des montants correspondent à des mesures de liquidité (garanties de prêts, reports d’impôts) et 40% à des injections supplémentaires.

Enfin, nos simulations ont montré que dans un an, le retard de croissance s’établirait autour de 5% (3% dans un scénario très favorable et 8% dans un scénario plus prudent, cf. graphique). Par conséquent, une impulsion budgétaire correctement calibrée doit s’établir également autour de 5% de PIB. A ce jour, les États-Unis ont un plan de soutien budgétaire correctement calibré, alors que les annonces européennes sont encore insuffisantes. Par conséquent, au fur et à mesure de la prise de conscience du choc sur l’activité, de la persistance des incertitudes et de la reprise seulement progressive de l’activité, les autorités européennes annonceront probablement des mesures supplémentaires.