La réactivation du programme d’assouplissement quantitatif va-t-elle ou non améliorer le sort des banques de la Zone Euro ?

rick Muller – MBA, Directeur Produits et Stratégie d’Investissement – Muzinich & Co

Craig Guttenplan – CFA, Analyste crédit sénior – Muzinich & Co

Quel pourrait être l’impact des dernières mesures d’assouplissement de la Banque Centrale Européenne sur le profil de crédit des banques de la Zone Euro ?

La réactivation récente du programme d’assouplissement quantitatif par la Banque Centrale Européenne (BCE) a reçu un accueil mitigé de la part des opérateurs de marché et au sein même du Conseil des gouverneurs.¹ Cette décision est selon nous à prendre en compte dans le cadre de l’évaluation des profils de crédit des banques européennes. Les taux d’intérêt négatifs vont certes peser sur les marges de l’activité de prêts des banques, mais d’autres mesures – comme le durcissement de la réglementation et un accès facilité au financement bancaire – doivent également être prises en compte pour évaluer le potentiel d’investissement de la dette des banques de la Zone Euro. Ces facteurs laissent selon nous présager de meilleures perspectives pour ce segment de marché.

 

Reprise de l’assouplissement quantitatif

Alors que l’année 2018 touchait à sa fin, la BCE avait décidé d’interrompre son programme controversé d’assouplissement quantitatif, qui avait été mis en œuvre pour relancer l’économie après la crise financière.²

En septembre 2019, moins de 12 mois plus tard et dans un contexte de détérioration de l’économie et de baisse des anticipations d’inflation, la BCE a annoncé la reprise de ce programme à partir de novembre 2019. Le dernier train de mesures prévoit une baisse des taux d’intérêt (qui sont à un plus bas de -0,5 %), une reprise du programme d’achat d’actifs (« Asset Purchase Programme » – APP) de 20 milliards d’euros par mois et une communication régulière avec le marché (forward guidance) sur de nouvelles baisses de taux et l’évolution du programme APP.³

Selon nous, la baisse des taux d’intérêt en territoire plus négatif et la réactivation de l’assouplissement quantitatif pour agir sur les taux longs auront des conséquences sur l’ensemble du secteur bancaire européen.

La comparaison des conséquences positives et négatives de cette politique fait toujours débat. La BCE a toutefois accompagné sa décision de deux modifications : la première concerne la 3ème vague d’opérations ciblées de refinancement à long terme (TLTRO III) et la seconde les réserves excédentaires du système bancaire, deux ajustements qui seront selon nous favorables aux banques.⁴ […] »