« Récession? Quelle récession? »

Equipe de Recherche et de Stratégie de SPDR
Antoine Lesné, Responsable de la Recherche et de la Stratégie de SPDR.

Depuis le début de l’année 2019, les actions mondiales ont enregistré une hausse phénoménale de 19 % amenant plusieurs indices en territoire record. Les investisseurs ont naturellement commencé à se demander si ces rendements phénoménaux pouvaient perdurer.

Ce débat s’est intensifié en août, quand une vague de tweets liés à la politique commerciale de Trump et l’affaiblissement des données macroéconomiques ont fait basculer les rendements obligataires mondiaux. L’écart sur les rendements du Trésor à 2 ans / 10 ans a rebasculé en territoire négatif pour la première fois depuis la crise financière mondiale.

Toutefois, plus récemment, l’assouplissement de ladite rhétorique et des améliorations constantes des données économiques (notamment en ce qui concerne l’économie allemande, évitant de justesse une récession technique la semaine dernière) ont renforcé la confiance des investisseurs et propulsé les actions à la hausse.

Cette hausse s’est accompagnée d’une forte baisse de l’indice de probabilité de récession de la Fed plus tôt ce mois-ci. Le président de la Fed, Jerome Powell, a également réitéré sa conviction en la vigueur de l’économie américaine mi-novembre au Comité du budget de la Chambre des Représentants (the House Budget Committee).

Les signes d’optimisme des investisseurs  
L’optimisme accru se manifeste le plus clairement sur le marché obligataire, où la courbe des obligations du Trésor s’est considérablement pentifiée au cours des dernières semaines, les rendements ayant chuté à court terme et progressant légèrement à long terme. Cette pentification a permis d’effacer l’inversion de la courbe et ‘écart entre l’obligation à 3 mois et celle à 10 ans se situait à 0,21% soit un plus haut depuis le mois de juillet.
Si la situation continue de s’améliorer, nous pensons que les actifs risqués pourraient en bénéficier davantage. Notre point de vue est en outre corroboré par les positions en monétaire toujours élevées chez les investisseurs. Par ailleurs plus, la « peur de manquer » le rally (FOMO – fear of missing), pourrait donner aux actions un dernier élan pour la fin de l’année et permettre à certaines expositions moins favorisées cette année de rebondir.

Se positionner pour éviter de potentiels nouveaux retournements ?
Il existe un risque évident à se positionner sur une hausse des actions : celui du risque d’un tweet concernant de nouveau la politique commerciale US qui ferait de nouveau dérailler le rallye actuel. Les investisseurs peuvent souhaiter préférer atténuer ce risque en se positionnant dans des secteurs du marché davantage axés sur le marché intérieur, tels que les expositions aux moyennes et aux petites capitalisations. Ce sont aussi celles qui pourraient bénéficier d’une amélioration surprise des données économiques. Optique ou changement de focale ? Tout tient à un tweet pour le moment.