Vers une nouvelle cartographie européenne

Alexia Germont

Présidente-fondatrice de France Audacieuse
Présidente du mouvement politique Nous citoyens
Auteur du livre « Réveillons notre Europe », publié le 25 octobre 2018 aux éditions Temporis

Les résultats de l’élection européenne du 26 mai 2019 donnent des enseignements précieux sur les principaux enjeux européens à venir, à commencer par la forte hausse de la participation, plus 10 points par rapport au scrutin de 2009.
Pour avoir une compréhension vraiment pertinente de ces élections, il va falloir s’éloigner du prisme franco-français, pour en faire une lecture au niveau européen.

Trois grands constats peuvent être faits :

  • Les forces pro-européennes demeurent majoritaires, les partis eurosceptiques n’ont pas réussis à renverser cet équilibre.
  • D’autre part, les deux premiers partis traditionnels, le Parti Populaire Européen et les Socialistes /Sociaux Démocrates, perdent la majorité qu’ils avaient jusque là ensemble et son en net recul. Le recul de ces deux partis annonce deux chose : une évolution des anciens équilibres et un travail législatif qui va devenir plus compliqué, avec un rôle désormais central de la force centriste des Libéraux Démocrates (ALDE) qui connaît une accélération notable et sera un acteur incontournable des compromis européens.
  • Enfin, les Verts effectuent une vraie poussée, avec notamment une forte implication de la jeunesse.

Au niveau européen, la victoire en France du Rassemblement National, fragilise le discours pro-européen de la France au sein de l’Union.

Suite aux élections nous rentrons dans une période intense de négociations entre chefs d’états européens, concernant les nominations pour les présidences des institutions européennes.

Concernant la présidence de la Commission, qui doit être validée par le Parlement européen, ce sont normalement les candidats des grands partis européens qui viennent d’être élus qui peuvent candidater. Mais un candidat de dernière minute pourrait se profiler à l’horizon, Michel Barnier.

Les 21 et 22 juin prochains se jouera la présidence du Conseil européen pour remplacer Donald Tusk.

En juillet, viendra le temps de l’élection par le Parlement, à la majorité absolue, de son président.

Sans compter la présidence de la Banque Centrale Européenne, ainsi que la nomination du Haut Représentant à la Politique Etrangère et de Sécurité Commune qui remplacera Federica Mogherini.

On assiste donc à une véritable recomposition de la cartographie européenne !